Tout pareil pour les commentaires. Ils appellent ça journalisme
d’opinion, engagé etc... bref ils donnent leur avis, ils font donc de la
politique et plus de l’information. Ces tribunes sont très importantes
pour une démocratie, mais les faire trier par un éditocrate et les
publier dans un média faisant du journalisme, c’est un mélange des
genres qui ne ne peut qu’entrainer de la confusion. Cela dit je ne sais
pas trop ce que ça donnerait sans éditocrate et autre patron dans les
rédactions. Convaincre l’éditocrate est une chose, convaincre la
majorité de la rédaction en est une autre et bien souvent en cas
d’opinion un peu trop personnelle et non-justifiée, les autres
journalistes recadreraient l’article sur les faits. De toute façon les journalistes
doivent pouvoir donner leur avis, même si un peu de recul, de
déontologie et de culture historique et politique ne ferait probablement
pas de mal à la plupart d’entre eux... mais ça, ça ne se règlemente
pas, quoique les programmes des écoles de journalistes peuvent et
doivent être changés quasiment de fond en comble.
A part ça je ne
dis pas que tout les journalistes sont du même bord. Bien sur je
généralise, mais en gros je dis qu’ils obéissent à leurs patrons qui eux
sont tous aux ordres de l’actionnaire d’ultra-droite. Ce ne sont pas
des journalistes d’ailleurs en vérité puisque leur travail n’est pas
celui d’un journaliste. Ce sont des employés, des communicants, des
pigistes, tout ce que vous voulez mais pas des journalistes. Alors quand
en plus on y ajoute que ceux de gauche ou qui on vraiment de la
déontologie se font soit virer, soit ne se font jamais engager...
effectivement ils sont désormais vraiment très largement plus nombreux à
être de droite dans cette profession. En tout cas dans les grands
médias mainstream.
En ce qui concerne internet il y a
malheureusement bien souvent (presque toujours en réalité) une
hiérarchisation du haut vers le bas comme dans les autres médias.
Prenons l’exemple de médias plutôt réputés de qualité comme Médiapart ou
@si. Ça m’étonnerais qu’ Edwy Plenel et Daniel Schneidermann n’y
fassent pas la pluie et le beau temps et que les décisions s’y prennent à
main levée entre tout les journalistes de manière horizontale dans ce
qui reste d’ailleurs des entreprises. Ils disposent de fait d’un pouvoir que seul leur déontologie et leur étique les empêche d’utiliser pour de mauvaises raison... d’autres ne s’en privent pas. C’est cette hiérarchisation là qui pose problème. C’est la structure même des médias qui n’est pas démocratique. Elle crée
une dissymétrie entre les libertés d’expression, et un pouvoir de censure
du patron inacceptable au vu de la liberté d’expression et d’opinion.
Concrètement, un patron qui doit seul
prendre la décision de publier un article s’attaquant à Bouygues risque
beaucoup plus facilement de se faire acheter, de se faire dessus ou de
penser aux pertes publicitaires... et il va donc censurer cette
parution... Maintenant si les journalistes décident tous ensemble, ils
vont voter pour la parution de cet article parce qu’ils penseront moins aux rentrées publicitaires, qu’ils se sentiront soutenus par tous et
n’auront donc pas peur, et qu’ils savent que cette information est
importante, que c’est leur devoir de la faire paraitre et qu’il n’y
perdront pas leur emploi. Et en plus si l’information est vraiment importante et qu’un journaliste ne veut pas la faire paraitre, ils sera immédiatement suspecté de lâcheté, de corruption ou de collusion par les autres, et à juste titre puisqu’il n’y aurait pas d’autre raison possible...
Internet est intéressant mais pour
d’autres raisons. Grâce à ses multiples petites structures à taille
humaine, il est bien plus compliqué pour un patron de faire son
dictateur et son vendu. En plus avec les commentaires des internautes, raconter
n’importe quoi ou oublier l’essentiel est plus compliqué.
L’inconvénient c’est le financement. Les médias qui meurent sont
nombreux, (comme récemment Hémisphère Gauche que j’appréciais
beaucoup..). Un financement par l’impôt et leur libération de la publicité changerait complètement les médias en supprimant la peur et la soumission des journalistes... Je suis sur qu’une fois libérés de leurs chaines, ils auront des tas de choses intéressantes à dire. Bien sur il ne s’agit pas de les soumettre à l’État ou au pouvoir à la place de l’actionnaire, ce qui aboutirait à la même chose qu’avant. Il faut que la répartition de cet impôt vienne directement du peuple et c’est là qu’il faut inventer un système vraiment nouveau.
En
ce qui concerne l’impôt et l’Étatisation, l’exemple de nos médias
publiques est exactement ce qu’il ne faut pas faire. Affiliés au pouvoir
et non-citoyens, et en plus hiérarchisés à mort, c’est à dire non
démocratiques... Ils sont l’exemple inverse de ce que je propose de
faire.
Personnellement je considère que l’information doit faire partie intégrante du domaine publique, au même titre que la culture.
Concrètement il faut modifier en profondeur les droits d’auteurs et autres copyrights et trouver un moyen de financer la culture et l’information par l’impôt, comme on le fait pour la justice, la police ou l’armée.
Ce qu’il faut réussir à inventer c’est la manière dont les fonds de ces impôts seraient répartis de manière démocratique directement par les citoyens à par égale pour financer le ou les journaux ou artistes de leur choix. Il faut aussi inventer le mode de fonctionnement des structures qui feront la culture et l’information. Par exemple lutter contre ce fléau qu’est la publicité. Il faut que les décisions au sein de ces structures soient prises démocratiquement entre leurs membres (artistes journalistes, cinéastes musiciens etc...)
En réalité il y a des tas de choses à discuter et à débattre mais il y a surtout un préalable, c ’est d’abord la compréhension et l’acceptation par tous que le système médiatique actuel est totalement contraire à l’idée de démocratie.
Il faut tout simplement en finir avec la privatisation de ces domaines
et leur organisation en tant qu’entreprises ou toute autre structure
hiérarchisée. En termes d’information, d’opinion et de culture, toute
hiérarchisation est une forme de censure du haut de la hiérarchie sur le
bas. C’est à dire que les patrons de presse et autres maisons de
disque, de chaine de radio, télévision ou cinéma etc décident pour des
millions de gens ce qu’ils doivent voir, entendre et par là même, ce qu’il doivent penser et dire ! Pourtant ils ne sont qu’une toute petite poignée, tous amis et tous du même
bord politique...qu’y a t-il de démocratique là-dedans ?
Oh mais c’est que ça commence à devenir un vrai mouvement politique tout ça...
Faut encore que ça murisse mais ça va peut-être finir par devenir intéressant.
La prochaine étape c’est de confronter l’idée de démocratie directe avec la réalité du monde matériel la rendant impossible à mettre en place, et nous obligeants donc à déléguer à des personnes de confiance... c’est à dire une représentation. Quoi qu’on fasse la démocratie directe est utopique, même si comme des tas d’autres utopies elle ne doit pas être jetée aux orties au niveau du principe.
La question n’est pas « quelle démocratie ? », mais « à quelle point et dans quels domaines sera t-elle participative ? ». Mais surtout, comment s’assurer que nos représentants nous représentent vraiment ? C’est au niveau de notre soi-disant représentation que notre république à échoué. Il faudrait être complètement aveugle pour voir qu’ils ne nous représentent même pas un tout petit peu et pourtant peu importe à quel niveau, nous devrons forcément passer à un moment ou un autre par des représentants, ne serait-ce que pour des raisons techniques et matérielles.
Je ne vais pas me relancer dans un long discours sur la responsabilité des médias dans la catastrophe politique actuelle, mais en ce qui me concerne c’est là que se situe le problème. En réalité que ce soit avec notre constitution ou celle de n’importe quelle autre démocratie , rien de tout cela n’aurait pu dégénérer comme ça avec une information et des journalistes libres et au service de la démocratie. Comment expliquer que nous votions systématiquement contre nos propres intérets sans une manipulation de l’opinion ? Si on le fait systématiquement, à quoi servirait une participation plus poussée sinon à multiplier les erreurs ? Il faut d’abord, comme préalable à tout changement qu’on voudrait vraiment positif, libérer nos opinions du contrôle de tout les instants exercé par les grands groupes médiatiques. Nous devons libérer l’information et la culture.