Il met bien en évidence le fait que, pour la théorie économique classique (je ne dirai pas libérale, terme trop galvaudé), « construire un mur, puis le détruire 6 mois après » n’est pas une opération blanche (comme voudrait nous le faire croire le bon sens), mais deux opérations de développement. Les coûts relatifs à ces deux opérations participent tous les deux à l’accroissement du PIB.
La théorie économique n’a que faire du bon sens paysan, et encore moins de la réalité.
La lecture de la presse étrangère est tristement éloquente, la France est vue, de plus en plus comme une république bananière.
Éditorial de la Tribune de Genève :
Il y a des moyens de transport qui font vite jaser. Prenez le jet, quand il est doré ; le yacht, quand il est prêté ; et l’ascenseur, quand il est renvoyé. Histoire de rassurer la plèbe française et de démentir les mauvais esprits, le président de la République française - bientôt intronisé, il va falloir s’y faire - a assuré que sa balade maltaise n’aura pas coûté un centime d’euro aux contribuables français.
C’est donc plus grave que l’on pensait.
Vincent Bolloré... C’est à lui, le jet, le yacht. Le président du groupe éponyme n’a jamais travaillé avec l’Etat... Hier, il l’a dit et Nicolas Sarkozy aussi. Rien à voir, donc. Mais un petit surf sur le site officiel du Groupe Bolloré indique toutefois que sa filiale IER vend des bornes interactives dédiées à l’administration. Ah, bon ?
Mardi, la « Tribune de Genève », sous le titre les « Copains d’abord », relevait la brochette d’industriels qui ont fait des avances au candidat devenu président. Et ce qu’ils étaient en passe d’attendre en retour. Dominique Desseigne - merci pour la boum au Fouquet’s dimanche soir ! -, Arnaud Lagardère, Martin Bouygues et l’on en passe.
On se souvient de l’affaire (Alain) Carignon - un appartement prêté -, celui-ci prépare son retour sur le devant de la scène. On se rappelle l’affaire (Michel) Noir - des vols offerts par son gendre -, ce dernier sourit en coulisses.
Nicolas Sarkozy est attendu au pied du mur. Le public a pu le découvrir s’approchant du bouton de l’ascenseur : je vous le renvoie quand ?
Süddeutsche Zeitung (traduction) :
En Allemagne, les élus politiques doivent démissionner à la moindre prise d’avantages. En Suède, ils ne peuvent même pas accepter un bouquet de fleurs. C’est bien comme cela. Si ces informations sont vérifiées, Sarkozy ne devrait ainsi pas entrer en fonctions
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il a manqué au nouveau président la conscience de commettre une faute en acceptant un cadeau de riches amis qui disposent d’un vaste réseau de médias.
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On pourrait penser que cela allait déclencher un scandale. En France, l’opposition ne se manifeste même pas sur ce sujet Cela devrait expliquer comment Sarkozy peut se présenter comme rénovateur. En vérité tout est resté comme avant, ou même pire.
La libre belgique :
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Il n’empêche - et, selon des échos, son entourage en conviendrait -, cette controverse tombe mal peu après des accusations d’enrichissement immobilier indu et son affichage avec des exilés fiscaux, et peu avant la publication de son patrimoine. Ce n’est pas l’idéal non plus pour souligner la rupture avec l’ère Chirac, le Président sortant ayant lui aussi été jadis critiqué pour ses coûteuses villégiatures.
Jamais eu de relation commerciale ? Oh le menteur !
1) le 17 juin 2005, SDV (appartenant au groupe Bolloré) a conclu avec la direction centrale du commissariat de l’Air un marché sur « le transport du fret par voie aérienne commerciale à la demande et pour le compte du ministère de la Défense ».
2) C’est la branche gabonaise de la SDV qui effectue une sympathique mission de « Fret transit aérien » pour une somme dont la Défense donne une fourchette : entre 90000 et 149999 euros. (Voir sur le site de l’ixarm [1], il s’agit du document titré « DIRLOCAT Libreville_marchés_2006.pdf » lui même situé dans le zip « terre »)
3) Le 25 septembre 2006, le ministère des Affaires Etrangères a fait montre de sa confiance au groupe Bolloré. Ou plutôt à SDV, « qui appartient au groupe Bolloré », et a hérité d’un contrat « sensible ». Soit, selon les termes de l’objet du marché « le traitement de la valise diplomatique fret ». Valeur totale estimée : « montant minimum, 1 400 000 euros HT, montant maximum 5 600 000 euros HT ».
4) le 11 décembre 2006 pour être précis,Bolloré SA a remporté un marché du ministère de l’Intérieur (tiens donc) pour la « mise en place de locaux de sûreté modulaires à l’hôtel de police de Grenoble ». Un petit contrat, 342 329 euros hors taxes.
S’il n’avait pas été élu, il ne serait pas président et cette escapade serait d’ordre strictement privé.
La charge présidentielle devrait impliquer une certaine dignité, qui implique de ne pas accepter de cadeaux d’un patron qui attend sans doute un retour sur investissement.
Mais la dignité, on en est loin.
On n’est plus au temps du général De Gaulle, président strictement intègre. La France est tombée bien bas !
Les choses sont simples. Si ces vacances de 2 jours (moi j’apelle ca un WE) ne sont pas payees par l’etat, il n’y a rien a dire.
Vraiment folle la vache, en tout cas ne réfléchi pas beaucoup. Jusqu’à preuve du contraire, dans les relations politico-financières, on parle d’échange. Le don, c’est plutôt le rayon de Mère Teresa. Or que je sache, Vincent Bolloré est assez loin d’imiter Mère Teresa. Alors la question qui ce pose : que va recevoir Vincent Bolloré en échange.
En fait, j’estime encore plus scandaleux qu’il se fasse inviter par le patron d’une entreprise du CAC40 que si la république avait payé. Mais, dans tous les cas de figure, c’est honteux et indigne. Il est vraiment petit, mais alors petit et absolument pas dans le sens physique du terme.