Cette élection, absolument hallucinante, m’amène à penser qu’à force de dresser les français les uns contre les autres : les étrangers, les islamistes, les fonctionnaires, les assistés, les chômeurs,les corps intermédiaires, les juges d’instruction, etc. ce parti a été lui-même contaminé par le virus...
Pour nous distraire, je vous propose un jeu : supposons que tout ce qui se passe autour de l’élection du président de l’UMP se soit passé à l’occasion des primaires socialistes. Imaginez alors ce qu’auraient été les commentaires de J-F Copé. Questions subsidiaire : imaginez également les mimiques...
La crainte que çà dérape, on ne peut interdire ou raisonner une crainte.
Que des hommes qui ont choisi de se mettre en dehors d’une vie de couple délirent quelque peu quand ils veulent se montrer experts sur le sujet, c’est logique.
Bref, que Mgr Barbarin, s’il parle à tître personnel ai le droit comme n’importe quel citoyen de donner son opinion, ne me gène pas.
Moi ce qui me choque c’est ceci :
« Pour nous, la première page de la Bible a un peu plus de force et de vérité qui traversera les cultures et les siècles que les décisions circonstancielles ou passagères d’un parlement ».
Que dans une république laïque où on sait s’indigner quand certains disent que le Coran est supérieur aux lois de la républiques, et que cette phrase de Mgr Barbarin qui dit la même chose, certes avec l’emballage doucereux dont sont coutumiers nos prélats catholiques, n’entraîne aucune réaction au plus haut sommet de l’Etat, c’est cela qui m’indigne et m’inquiète.
J’avais déjà été choqué quand Nicolas Sarkozy, président d’une république laïque (j’y tiens) déclarait avoir plus confiance dans le pasteur et le curé que dans l’instituteur pour l’éducation morale des enfants, mais ici c’est une étape de plus : c’est le président qui laisse dire que la Bible à plus de valeur que la loi et ceci dans un domaine qui n’est pas religieux. Puisqu’il s’agit uniquement d’un acte civil.
« Dieu, s’il existe, ne parle pas...C’est simplement ceux qui croient avoir entendu sa voix qui ont traduit ce qu’ils voulaient entendre. »
Des fois je me dis que sur 1000 personnes qui sont persuadées que c’est Dieu (ou Allah ou je ne sais qui) qui s’exprime par leur voix, au moins 999 se retrouvent marginalisés d’une manière ou d’une autre, en psychiatrie par exemple dans nos pays et à notre époque.
Mais il peut y en avoir un dont le discours tombe au bon moment, rencontre un terrain favorable et va être cru et/ou instrumentalisé.
Ayant été moi-même conditionné par un enseignement religieux pendant toute ma jeunesse, je suis tout à fait d’accord pour dire que toutes les religions sont nuisibles.
Elles prêchent toutes un Dieu tout puissant, infiniment bon, mais qui ne se manifeste à travers ceux qui parlent pour lui que par des mesquineries, des interdictions, des punitions, des colères, etc. Finalement ceux qui font le plus offense à leur Dieu, sont ses fervents.
De là à dire que tous ceux qui croient à un Dieu sont des cons, c’est une autre histoire. Il y a les Dieu qui ont pignon sur rue, mais il y a tous ceux qui sont vénérés sans revendiquer le tître de Dieu. Je veux parler du Profit, du Progrès, de la Science, de la Laïcité, de la Liberté d’expression, etc.
J’entendais sur RMC une « grande gueule » parlant de l’intolérance de religieux dans leur condamnation de Charlie Hebdo dire : « la liberté d’expression, c’est sacré... » On est bien , là aussi, dans le Sacré.
Les religions n’ont donc pas le monopole de la connerie. De mon point de vue, dès qu’on se croit détenteur de la vérité, qu’on part dans l’affrontement verbal ou physique avec celui qui ne pense pas comme nous, on est dans le même mécanisme.
Je ne sais pas vous, mais moi j’ai la conviction de n’avoir pas choisi le lieu ni la date de ma naissance. Et si l’autre con était né à ma place et moi à la sienne, où serait le vrai con ?
Il me semble qu’essayer de comprendre l’autre, si différent soit-il, et tenter de me faire comprendre de lui sans lui assener mes vérités çà a plus de chance de faire avancer les choses. C’est peut-être con, mais j’assume.