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tiptop

Je suis enseignant et chercheur en histoire contemporaine travaillant sur les mondes africains et le fait politique.

Tableau de bord

  • Premier article le 03/04/2007
  • Modérateur depuis le 06/11/2007
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Derniers commentaires



  • tiptop 2 octobre 2012 12:29

    "Sinon il faut rappeler le génocide rwandais, où les tutsi ont été essentialisés pour être massacrés. Ici on a un racisme entre noirs, même pas besoin de couleur de peau différente pour éprouver du racisme envers son voisin.« 

    Effectivement mais comme tu es cultivée, tu connais sans doute les racines historiques de ce racisme anti-tutsi qui ne sont nullement autochtones... la division entre Hutus et Tutsi préexistait à l’arrivée des européens mais relevait davantage de »classes sociales" pour dire les choses simplement. Elle a été proprement racialisé par les belges. On en revient à ce fameux tronc commun historique.

    Lire J.P Chrétien, and G. Prunier. Les Ethnies Ont Une Histoire. Karthala, 2003. fruit d’un colloque sur la question.



  • tiptop 2 octobre 2012 11:12

    Merci de ta contribution intéressante.

    Ton allusion au texte d’Ibn khaldoun montre effectivement que les européens n’eurent pas le monopole de la pensée raciste. Vois dans ce sens la contribution de vélosolex. J’admets volontiers avoir omis ce point.

    En fait la question n’est pas tant de savoir qui a produit les premiers textes racistes , car effectivement on pourrait en retrouver des traces dans bien des civilisations de l’écrit, mais plutôt de voir en quoi elles n’ont pas fait recette (c’est le cas du monde musulman, le cas d’al-andalu est éclairant) et dans le cas contraire comment elles ont été diffusés au sein des élites et surtout comment elles ont trouvé leurs applications pratiques.

    C’est bien pour ça que je m’attache au fait colonial car ces théories ont correspondu à un besoin de justifier des situations de domination et les effets de mondialisation les ont largement diffusés y compris et m^me surtout chez les colonisés eux-m^mes qui les ont repris à leur compte (cas de la négritude entre autres)

    Pour la situation coloniale française, l’impact d’un théoricien comme Gobineau, dont on donne beaucoup d’importance, est très faible. Si le racisme fut institutionnalisé sur le terrain (et pas à paris !) ce fut pour des raisons essentiellement pratiques liés aux conditions difficiles de l’exercice du pouvoir en colonie...

    En bref, théoriser c’est une chose mais diffuser et trouver des applications pratiques en est une autre. c’est seulement pour ça que j’ai parlé du racisme comme ayant ses racines dans l’avènement de la modernité occidentale (qui a produit aussi il faut pas le nier le contre-poison !). Le problème c’est que ce racisme a bien trouvé des applications pratiques et a été très largement mondialisé.



  • tiptop 2 octobre 2012 10:38

    Vous êtes typiquement quelqu’un qui n’a pas compris l’article.
    Dire que les racismes ne sont pas tous de m^me nature, qu’ils n’ont pas les m^mes conséquences sociales, qu’ils ont une histoire repérable , ce n’est pas dire qu’il y a des bons et des mauvais racismes !!



  • tiptop 2 octobre 2012 10:29

    Onecinikiou, merci de ta contribution.

    "Dans ces conditions il devient extrêmement contestable de soutenir que ces sociétés à majorité blanche (c’est un constat, et sans doute ce qui leur est reproché en dernière instance...) entretiennent savamment un racisme institutionnel et/ou culturel aux fins de maintenir les « minorités visibles  » enfermées dans leur identités ethniques et/ou confessionnelles.« 

    je n’ai jamais dit ça. C’est beaucoup plus insidieux. Je parle d’un »impensé de la race« dont l’origine est connu (et largement étudié) qui structure nos représentations identitaires. Il n’y a pas comme le prétendent les »indigènes de la république« de politique »coloniales en France« . C’est absurde !

     »en refusant de reconnaitre qu’il existerait un racisme anti-blanc sous prétexte que le Blanc serait culturellement dominant " cela revient à entériner de fait que seul le Blanc puisse faire preuve de racisme, et donc littéralement à l’essentialiser.

    Ta conclusion est fausse puisque il y a toujours plus faible que soi. Dans les cités où je travaille le racisme s’exerce sur les Roms et les gitans. Je n’ai jamais nié la multiplicité des racismes je dis juste qu’ils ne sont pas tous de m^me nature et surtout qu’ils n’ont pas les m^mes conséquence sociales.



  • tiptop 2 octobre 2012 10:01

    Vélosolex, merci de ta contribution. Tu es de très loin celui qui m’oppose des arguments sérieux ! J’en espérais pas tant !

    j’ai étudié l’antiquité et le monde romain et je n’ai jamais entendu parle de « proto-racisme » . J’ai noté le nom de l’historien... A voir...
    En tous cas c’est très intéressant et cela infirmerait en partie ma démonstration puisque de nombreux historiens situe le développement du racisme au moment de la modernité.

    Il est vrai que je suis très influencé par des politistes comme J.F. Bayart et Achille Mbembé qui étude le passage du moment impérial (pas seulement colonial) au moment national. leur démonstration peu contestable montre que dans les grands empires (romains, ottoman, et ceux du Sahel islamisé) la question des identités étaient très souples dans la pratique du pouvoir. Qu’il y ait eu des écrits « proto-racistes » soit... Mais la question de leur diffusion et de l’impact sur les sociétés est alors posé. ..

    Pour la situation coloniale française, l’impact d’un théoricien comme Gobineau, dont on donne beaucoup d’importance est très faible. Si le racisme fut institutionnalisé sur le terrain (et pas à paris !) ce fut pour des raisons essentiellement pratiques liés aux conditions difficiles de l’exercice du pouvoir...

    A quand m^me un point de divergence important. Tu écris « les espèces spontanément ne se mélangent pas, même si elles sont semblables. » Tout d’abord évite « espèces » j’ai pas besoin de te faire un speech là dessus. Il est tout de m^me historiquement avéré que les brassages de populations (non sans tensions et conflits) ont été la norme dans les sociétés pré-contemporaines. ça n’enlève rien que spontanément on ait envie d’être entre soi mais c’est rarement le cas dans les faits. Et j’ai envie d’ajouter heureusement ! On sait ce qu’ont donné toutes les tentatives d’homogénéiser la société.

    Au plaisir de te lire

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