Sarkozy, opium du « peuple de gauche » : 3 - G8 et hallucinations de la « gauche à venir »
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Quant à l’Afrique, sur laquelle le Pape s’émeut, ce n’est pas les missionnaires qui ont manqué dans ce continent, dont la détresse est le produit de la domination qu’il subit depuis très longtemps de la part des grands holdings des pays dits « riches ». Avec, à la tête de ces derniers, des gouvernements de « droite » comme de « gauche » ou de « centre ».
Pareil pour d’autres zones de la planète. A propos du rôle du gouvernement « travailliste » britannique de Harold Wilson dans le coup d’Etat de Suharto en Indonésie, qui se solda par l’extermination d’environ un million d’indonésiens depuis 1965, un article de Nick Cohen de septembre 1999 sur le site du Guardian, intitulé : « Labour : quartermaster to tyranny in East Timor », rappelle : « In 1965 Michael Stewart, the Foreign Secretary in Harold Wilson’s Labour Government, surveyed the mass graves of Indonesia with an air of satisfaction and expectation. Britain had facilitated the murders of about one million Indonesians in the coup that brought pro-Western General Suharto to power ». Quelques années plus tard, les fascistes chiliens qui appellaient au coup d’état militaire contre Salvador Allende employaient le slogan : « Yakarta ya viene » (Djakarta arrive). Ce n’est qu’un exemple.
Au début de la « grande expansion coloniale » française, qui fut principalement l’œuvre du « centre gauche », Léon Gambetta écrivait en 1882 :
« La civilisation européenne aura à lutter un jour contre la subversion de la race chinoise... La France doit conserver son rôle de soldat de la civilisation. Dans le choc qui aura lieu, la civilisation latine, dont la France est la tête, doit préparer son terrain sous peine d’être écrasée et annihilée en Asie Centrale entre la race anglo-saxonne et la race slave. Il faudra donc que la France s’établisse au Tonkin... afin de mettre la main sur l’Annam, sur le Royaume du Siam et sur la Birmanie et d’avoir ainsi barre sur les Indes, et d’aider la civilisation européenne contre la race jaune. »
(Source : « L’expansion 1981-88 », de Pierre Guillen, Imprimerie Nationale, Paris 1985, p. 180).
Trois ans plus tard, un autre politique du « centre gauche », Jules Ferry, défendait les « droits et devoirs des races supérieures » dans son discours du 28 juillet 1885 devant la Chambre des Députés. Que signifient les notions de « droite », « gauche » et « centre » à la lecture de ce genre de textes ? Ce qui est bien réel, c’est le système économique, social et politique en place. En 1914, les dirigeants « socialistes » de plusieurs pays appelleront à la guerre au nom de l’ « union sacrée », Léon Jouhaux n’hésitera pas à ce faire aux obsèques de Jean Jaurès. Dans la foulée de cette guerre pour le contrôle des colonies, Léon Blum poursuivra sa carrière d’ « élite » de l’appareil d’Etat en tant que chef de cabinet du ministre « socialiste » et franc-maçon Marcel Sembat
En 1925, Blum emploiera encore devant la Chambre des Députés le langage de Jules Ferry sur les « races supérieures ». Etc... Aujourd’hui, c’est aux mêmes puissances, et à peu près aux mêmes courants politiques, qu’il faudrait, nous dit-on, faire confiance pour résoudre les problèmes de la planète, du continent et de la France.
Le domaine des « études ethniques » s’est prêté, au cours de l’histoire, à de nombreuses pratiques très peu scientifiques et aux plus incroyables manipulations politiques. Lire, par exemple, cet article :
Nicolas Sarkozy, l’Etat et l’identité nationale (2)
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A ce stade, la décence commande de rappeler la manière dont les populations de vastes zones de la planète, notamment en Afrique, ont été asservies par la force brute des canonnières au cours de la « grande expansion coloniale », dans des conditions incroyablement humiliantes et par des pratiques d’une violence et d’un racisme extrêmes. En témoigne le discours de Jules Ferry du 28 juillet 1885 devant la Chambre des Députés, dont voici un extrait tiré du site de l’Assemblée Nationale qui évoque un « grand moment d’éloquence parlementaire » :
[début de l’extrait du discours de Jules Ferry]
« (Jules Ferry) Messieurs, il y a un second point, un second ordre d’idées que je dois également aborder, le plus rapidement possible, croyez-le bien : c’est le côté humanitaire et civilisateur de la question.
Sur ce point, l’honorable M. Camille Pelletan raille beaucoup, avec l’esprit et la finesse qui lui sont propres ; il raille, il condamne, et il dit : Qu’est ce que c’est que cette civilisation qu’on impose à coups de canon ? Qu’est-ce sinon une autre forme de la barbarie ? Est-ce que ces populations de race inférieure n’ont pas autant de droits que vous ? Est-ce qu’elles ne sont pas maîtresses chez elles ? Est-ce qu’elles vous appellent ? Vous allez chez elles contre leur gré ; vous les violentez, mais vous ne les civilisez pas.
Voilà, messieurs, la thèse ; je n’hésite pas à dire que ce n’est pas de la politique, cela, ni de l’histoire : c’est de la métaphysique politique...(Ah ! ah ! à l’extrême gauche.)
Voix à gauche. Parfaitement !
M. Jules Ferry.... et je vous défie - permettez-moi de vous porter ce défi, mon honorable collègue, monsieur Pelletan -, de soutenir jusqu’au bout votre thèse, qui repose sur l’égalité, la liberté, l’indépendance des races inférieures. Vous ne la soutiendrez pas jusqu’au bout, car vous êtes, comme votre honorable collègue et ami M. Georges Perin, le partisan de l’expansion coloniale qui se fait par voie de trafic et de commerce.
[...]
Messieurs, il faut parler plus haut et plus vrai ! il faut dire ouvertement qu’en effet les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures... (Rumeurs sur plusieurs bancs à l’extrême gauche.)
M. Jules Maigne. Oh ! vous osez dire cela dans le pays où ont été proclamés les droits de l’homme !
M. de Guilloutet. C’est la justification de l’esclavage et de la traite des nègres !
M. Jules Ferry. Si l’honorable M. Maigne a raison, si la déclaration des droits de l’homme a été écrite pour les noirs de l’Afrique équatoriale, alors de quel droit allez-vous leur imposer les échanges, les trafics ? Ils ne vous appellent pas ! (Interruptions à l’extrême gauche et à droite. - Très bien ! très bien ! sur divers bancs à gauche.)
M. Raoul Durai. Nous ne voulons pas les leur imposer ! C’est vous qui les leur imposez !
M. Jules Maigne. Proposer et imposer sont choses fort différentes !
M. Georges Perin. Vous ne pouvez pas cependant faire des échanges forcés !
M. Jules Ferry. Je répète qu’il y a pour les races supérieures un droit, parce qu’il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures... (Marques d’approbation sur les mêmes bancs à gauche - Nouvelles interruptions à l’extrême gauche et à droite.)
M. Joseph Fabre. C’est excessif ! Vous aboutissez ainsi à l’abdication des principes de 1789 et de 1848... (Bruit), à la consécration de la loi de grâce remplaçant la loi de justice.
M. Vernhes. Alors les missionnaires ont aussi leur droit ! Ne leur reprochez donc pas d’en user ! (Bruit.)
M. le président. N’interrompez pas, monsieur Vernhes !
M. Jules Ferry. Je dis que les races supérieures...
M. Vernhes. Protégez les missionnaires, alors ! (Très bien ! à droite.)
Voix à gauche. N’interrompez donc pas !
M. Jules Ferry. Je dis que les races supérieures ont des devoirs...
M. Vernhes. Allons donc !
M. Jules Ferry. Ces devoirs, messieurs, ont été souvent méconnus dans l’histoire des siècles précédents, et certainement, quand les soldats et les explorateurs espagnols introduisaient l’esclavage dans l’Amérique centrale, ils n’accomplissaient pas leur devoir d’hommes de race supérieure. (Très bien ! très bien !) Mais, de nos jours, je soutiens que les nations européennes s’acquittent avec largeur, avec grandeur et honnêteté, de ce devoir supérieur de civilisation.
M. Paul Bert. La France l’a toujours fait !
M. Jules Ferry. Est-ce que vous pouvez nier, est-ce que quelqu’un peut nier qu’il y a plus de justice, plus d’ordre matériel et moral, plus d’équité, plus de vertus sociales dans l’Afrique du Nord depuis que la France a fait sa conquête ? Quand nous sommes allés à Alger pour détruire la piraterie, et assurer la liberté du commerce dans la Méditerranée, est-ce que nous faisions œuvre de forbans, de conquérants, de dévastateurs ? Est-il possible de nier que, dans l’Inde, et malgré les épisodes douloureux qui se rencontrent dans l’histoire de cette conquête, il y a aujourd’hui infiniment plus de justice, plus de lumière, d’ordre, de vertus publiques et privées depuis la conquête anglaise qu’auparavant ?
M. Clemenceau. C’est très douteux ! »
[fin de l’extrait du « grand moment d’éloquence parlementaire »]
La première constatation qui s’impose, à la lecture de ce débat hallucinant, est que les « théoriciens » de l’impérialisme protectionniste comme Jules Ferry ne brandissaient pas la théorie des « races supérieures » sur la base d’une quelconque conviction. Ils le faisaient sans trop d’égards et de la manière la plus cynique, parce qu’elle convenait aux intérêts des groupes financiers et des grands spéculateurs. Ferry avoue ouvertement que la raison d’être de son discours est, entre autres, de pouvoir « imposer les échanges, les trafics » aux « noirs de l’Afrique équatoriale ». Le reste relève de la pure mise en scène. L’ancien président du Conseil était sans doute bien conscient du caractère parfaitement antiscientifique de sa « théorie », mais il s’en fichait éperdument. C’est cela, la politique politicienne.
D’après le livre de Ratier « Au coeur du pouvoir », Jacques Attali fréquentait le Siècle déjà en 1978. Comme, par exemple, Jacques Delors, Jack Lang, Jean-Luc Lagardère, des financiers comme Gérard Worms, Jean Frydman, Gérard Eskenazi, Pierre Moussa ou Bernard Esambert, des dirigeants de sociétés comme Jacques Rigaud, Pierre Weill, Jean Dromer, Henri Pigeat, Jean Chapon ou Jacques Lallement, l’avocat Arnaud Lyon-Caen, Charles Hernu, Jacques Toubon, Claude Imbert, Jacques Barrot, Jean-Claude Casanova, Jean-Pierre Cot, Roger-Gérard Schwartzenberg, Jean-Pierre Soisson, Jean-Pierre Chevènement, de nombreux hauts fonctionnaires et conseillers du gouvernement de l’époque qui, à terme, passeront dans le privé, etc...
Ultrasélectif, le Siècle rassemble la quintessence du pouvoir politique, économique et médiatique. La discrétion de ses membres est à la hauteur de son influence.
Un mercredi par mois, place de la Concorde à Paris, la fine fleur de la communication et des médias pénètre discrètement dans les salons de l’Automobile club de France. Ce n’est pas l’amour des voitures qui rassemble Maurice Lévy (Publicis), Alain de Pouzilhac (Havas), Serge July (Libération) ou Patrick Poivre d’Arvor (TF1), mais un dîner en compagnie de Nicolas Sarkozy, Dominique Strauss-Kahn, Thierry Breton, Claude Bébéar ou Nicole Notat. Tous sont membres du Siècle, le plus prestigieux des cercles de décideurs hexagonaux.
Créé en 1944 par Georges Bérard-Quélin, ancien dirigeant du Parti radical et fondateur de la Société générale de presse, décédé en 1990, le cénacle rassemble la quintessence du pouvoir politique, économique, médiatique, voire intellectuel ou syndical...
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Les ministres membres se comptent sur les deux mains, de Jean-Pierre Raffarin à François Fillon. Les barons du Parti socialiste aussi, comme Lionel Jospin ou Laurent Fabius. Le milieu des affaires n’est pas en reste, avec la quasi-totalité des grands patrons, de Louis Schweitzer (Renault) à Michel Pébereau (BNP Paribas). Sans oublier la plupart des dirigeants de la presse et de l’édition, d’Odile Jacob à Jean-Marie Colombani, en passant par Claude Imbert et Laurent Joffrin.
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Mais n’entre pas qui veut. La sélection est rude. « On ne choisit pas le Siècle, c’est lui qui vous choisit ! », souligne Étienne Lacour. Présidé en 2005 par Renaud Denoix de Saint-Marc, vice-président du Conseil d’État, le conseil d’administration compte une quinzaine de personnalités comme Denis Jeambar (L’Express), Anne-Marie Couderc (Hachette Filipacchi Médias), Marc Tessier (France Télévisions) et même Nicole Notat (Vigeo). Triées sur le volet, les recrues gardent le statut d’invités pendant au moins un an avant de devenir membres. David Pujadas (France 2), Emmanuel Chain, Édouard de Rothschild ou Jean-François Copé ont, depuis peu, décroché le sésame.