Oui, Attali représente un milieu restreint : celui de la « super-élite » de la pensée unique. Comme Sarkozy, le gouvernement, les prédécesseurs de Sarkozy depuis Giscard, ceux de l’actuel gouvernement depuis Barre, les parlementaires les plus influents, les dirigeants des principaux partis politiques... et, avec eux et à leur tête, les dirigeants de MULTINATIONALES et de la GRANDE FINANCE.
Malheureusement, Agoravox avait censuré en août cet article :
Sarkozy, Strauss-Kahn, Bush, transversalité et targaires de la politique
(...)
Non seulement la prétendue « opposition » n’a rien entrepris de conséquent contre cette opération de forcing législatif, en dehors de quelques gestes symboliques internes au Sénat et à l’Assemblée Nationale, mais la « majorité présidentielle » s’est à son tour empressée d’exécuter le bon vouloir du Président de la République. Elle a couru adopter les textes qui lui étaient proposés, sans se donner le temps d’un examen digne de ce nom. Le Parlement a fonctionné, pour l’essentiel, comme une chambre d’enregistrement à quelques « corrections » près. Ce qui apparaît sans ambiguïté à l’examen des calendriers des principales lois adoptées.
Ce n’est pas tout. Nicolas Sarkozy aurait-il, de fait, choisi le candidat du Parti Socialiste aux présidentielles de 2012, en aidant Dominique Strauss-Kahn (DSK) a accéder à la présidence du Fonds monétaire international (FMI) ? La question a aussitôt été tacitement posée, et l’hypothèse continue à faire le tour de Toile. Jusqu’au parallèle avec le président sortant du FMI, Rodrigo Rato, démissionnaire avant la fin de son mandat au moment où commence de fait la campagne pour les élections espagnoles de mai 2008. La « demande européenne » d’un parti français à façade « sociale-démocrate » n’est sans doute pas étrangère à l’opération de promotion de DSK. Mais, de toute façon, Sarkozy et Strauss-Kahn ont fait les deux partie, depuis le début des années 1990, des « élites » que rassemblent les cénacles de la « transversalité » française comme le Siècle. Pareil pour Bernard Kouchner et, depuis bien avant, Jack Lang ou Jacques Attali. Ou encore François Fillon, Luc Ferry, François Hollande, plus récemment Didier Migaud ou Rachida Dati, et bien d’autres. Le monde politique est un mouchoir. Mais ces cercles se caractérisent surtout par le rôle qu’y jouent les représentants des milieux financiers et industriels, véritables patrons de la politique réelle.
Dans l’ensemble, les partis politiques sont devenus des courroies de transmission de stratégies qui ne s’élaborent, ni dans leur sein, ni même à l’Elysée ou à Matignon, mais dans les coupoles du monde des affaires. Le reste relève de la mise en scène. Le rôle, de plus en plus symbolique, du Parlement consiste à rassurer l’opinion en lui fournissant une apparence de débat et en opérant quelques mises en forme. Quant aux directions syndicales, elles se sont rapprochées des mêmes cercles et réseaux que le monde politique. Pas seulement en France, où Nicole Notat fréquentait déjà le Siècle dans les années 1990, mais aussi au niveau international. Le rôle de dirigeants de la CGT et d’autres centrales au sein du « think tank » Confrontations Europe est bien connu, de même que l’appartenance du président de l’AFL-CIO américaine John Sweeney à la Commission Trilatérale.
La « nouvelle politique » est donc très ancienne, sauf que Nicolas Sarkozy la rend beaucoup plus visible et cherche ouvertement à faire du monde politique une corporation soudée aux carrières garanties, sûres et bien rémunérées...
« Des chercheurs qui ne publient jamais et qu’on ne voit jamais ni dans leur bureau ni dans les labos... »
Aucun rapport entre les deux questions. Il arrive que de très bons chercheurs ne fréquentent guère leurs labos, tout simplement parce qu’ils n’en ont rien à cirer du fait que les moyens de ces labos sont fagocités par les notables et les grandes gueules bien-pensantes. Ce n’est pas forcément au labo que l’on travaille, sauf lorsqu’on doit faire tourner une expérience.
Sinon, les cafets des sites scientifiques se portent très bien, et on appelle ça « présence sur le terrain ».
« il me semble que la recherche »universitaire« présente les mêmes tares »
Non, c’est beaucoup pire, à cause du pouvoir de fait des professeurs sur les maîtres de conférences.
Qu’on le veuille ou non, la recherche demande une certaine concurrence professionnelle pour que les meilleurs puissent émerger. La hiérarchisation croissante introduite depuis les années 1980, soutenue par le renforcement des administrations, a tué cette concurrence.
A remarquer que les prix Nobel français ont été possibles dans des domaines, et à des endroits, où la recherche individuelle ou en « petit groupe » a été préservée. Dès qu’on impose les grandes collaborations, les programmes dits « fédérateurs », les « grands meneurs d’hommes », etc... la qualité scientifique s’écroule. Même Staline n’avait pas fait cette erreur colossale que le mitterrandisme et ses sucesseurs ont commise.
Mais n’existerait-il pas d’autres raisons pour mater les meilleurs scientifiques ? Par exemple, protéger une gestion opaque.
Cet extrait est d’un article de De ço qui calt ? du 18 août, mais en septembre - octobre on a eu exactement le même cirque. La « gauche » et les syndicats ont tout laissé faire et, très tardivement, appellent à quelques pseudo-actions bidon. Au bon moment, on nous sert à nouveau du Sarkozilia...
Grand tapage et peu d’informations lorsque Nicolas Sarkozy et George Bush se sont rencontrés le 11 août. Surtout, les médias français nous parlent peu : des transactions entre compagnies pétrolières qui se trouvaient en toile de fond de cet entretien « informel » ; de la politique de militarisation de l’Europe ; de l’alliance Europe - USA en vue de la domination de la planète ; des conséquences des délocalisations... Il y a, en revanche, une vaste publicité sur le nouveau « couple de l’Elysée » et sur la « dissidence » supposée de Cécilia Sarkozy, ainsi qu’une avalanche d’articles du genre « ça va très mal ». Il y aurait, semble-t-il, une « crise financière » et une « faible croissance » en France et en Europe. Une « hausse des prix » serait inévitable suite à la « flambée des cours des matières premières », etc... Sous-entendu, pour la France : « il faut que Sarkozy fasse quelque chose » très prochainement. Apparemment, le forcing législatif du mois de juillet n’a pas suffi. Quant à la « gauche » et aux directions syndicales, elles ne s’opposent guère à la politique du nouveau Président de la République. A la rentrée, qu’on nous prépare déjà, il faudra s’attendre au pire.
La campagne de presse autour du couple Sarkozy tourne au roman-feuilleton, mais dans quel but ? On peut penser, d’une part, qu’elle cherche à rendre Nicolas et Cécilia Sarkozy sympathiques en tant que « couple original » ; de l’autre, il semble bien s’agir d’une manière de détourner notre attention de la gravité des transactions en cours dans les milieux financiers, industriels et politiques.
Les enjeux de la période actuelle ne sont pas des moindres, mais « il faut » que les médias contribuent à « apaiser » ceux qui feront les frais de ce qui se prépare. D’où un certain nombre d’opérations de diversion mais aussi de conditionnement.
(...)
Nicolas Sarkozy, François Fillon, Xavier Betrand, Rachida Dati, Valérie Pécresse... ont réussi, au cours du mois de juillet, à faire adopter presque quarante textes sans se heurter à aucune réelle mobilisation. Est-ce le résultat d’une réelle indifférence de la part des citoyens, comme on cherche à nous le faire croire ? De nombreux indices concordants tendent à indiquer que tel n’est pas le cas, et que les dirigeants de la « gauche » et des grandes centrales syndicales ont sciemment organisé cette démobilisation. A présent, Le Figaro nous en fournit un élément de preuve additionnel. Voir l’article d’aujourd’hui de Claire Bommelaer intitulé : « Xavier Bertrand, le travail récompensé » , où on peut lire notamment :
« Satisfaites de son passage avenue de Ségur, les organisations syndicales auraient même exercé de discrètes pressions pour qu’il [Xavier Bertrand] soit nommé aux Affaires sociales. Mais elles ne comptent pas lui faire de cadeau. « Il est habile et relativement sympathique. Mais on a vite senti qu’il voulait mettre en place un service minimum dans les transports pour empêcher les mouvements de grève lorsqu’il s’attaquerait aux régimes spéciaux de retraite », analyse un leader syndical. (...) De ces premiers pas dans la peau d’un ministre du Travail, Bertrand tire déjà la conclusion que « les réformes sociales sont désormais possibles. Ne serait-ce que parce que les syndicats ont compris que les choses bougeraient de toute façon »... »
(fin de citation)
Xavier Bertrand a été nommé ministre le 18 mai, douze jours seulement après l’élection de Nicolas Sarkozy. Les « petites phrases » du Figaro reviennent à peu de chose près à estimer que, dès l’élection du nouveau président, la composition du gouvernement a été négociée avec la « gauche » et les directions syndicales. Même si le journal ne dévoile pas quel(s) syndicat(s) a (ont) été sa source d’information, force est de constater que Nicolas Sarkozy a reçu les dirigeants des principales centrales syndicales dès les 14 et 15 mai, avant même la nomination de François Fillon comme premier ministre. La version du Figaro expliquerait également, par exemple :
- Le silence général à propos des liens des proches de Valérie Pécresse avec deux importants groupes industriels qui ne pouvaient pas être neutres par rapport à la « réforme » des universités. Voir également mes articles des du 2 juillet et du 8 juillet.
- L’absence totale de mobilisations, depuis mai dernier, contre les projets de loi de Nicolas Sarkozy, en dehors de la manifestation de façade du 31 juillet.