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Voltaire

Voltaire

Humaniste de ce siècle. La science a longtemps été ma passion, avant de devenir mon métier. Celui-ci a évolué depuis, mais je lui dois quelques enseignements fort utiles : curiosité, raison, un peu de sens commun et point trop de crédulité aveugle. A cela se rajoutent quelques passions sans doute déraisonnables, pour la justice, la bonté, les gens d’esprit, le bon vin et autres égarements, mais nul n’est parfait. Si je n’ai le talent de mon illustre pseudonyme, je tâcherai du moins de ne lui point faire honte, en demeurant aussi honnête que possible.

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  • Premier article le 05/09/2006
  • Modérateur depuis le 06/10/2006
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Derniers commentaires



  • Voltaire Voltaire 20 décembre 2011 13:15

    @JL1

    Je ne partage absolument pas votre opinion sur « le centre ». Celui-ci, bien qu’actuellement divisé en plusieurs chapelles (ce qui effectivement ne les ert pas), n’est absolument pas réduit idéologiquement au « ni-ni ». Le centre a une vision originale de la société, bien distincte de celle de la droite conservatrice ou du socialisme (et encore plus du nationalisme-souverainisme ou du révolutionnaire prolétarien). Mais ce courant de pensée, issu de la démocratie chrétienne d’après-guerre, ne pèse pas suffisamment en France (10-20%) pour pouvoir l’emporter dans un scrutin majoritaire. Il est donc contraint, comme d’autres, à rechercher des alliances pour influer, mais cela ne signifie en rien qu’il soit dépourvu de sa propre idéologie et de son propre projet de société.



  • Voltaire Voltaire 20 décembre 2011 10:26

    L’analyse est intéressante, mais je ne partage pas votre avis.

    Certes, il est effectivement exact qu’une bonne moitié de l’électorat français ne se retrouve pas dans les deux partis favoris, qui se partagent artificiellement le pouvoir grace au scrutin majoritaire. De la même façon, j’approuve votre classification à propos des partis que je qualifierai « d’influence » comme EEV ou le FG, qui cherchent à peser sur le projet de leur allié. Mais le FN me semble un peu en dehors de cette catégorie, et surtout il ne me parait pas réaliste de regrouper idéologiquement dans un même paquet des partis et personnalités qui ont des visions très divergentes de la société.

    De la même façon, je ne partage pas votre opinion en ce qui concerne l’idée que ces candidats indépendants défendent d’abord leur vision sans incarner une famille de pensée.

    Si l’on observe un peu plus en détail le paysage politique actuel du côté des « indépendants », on constate en réalité deux familles de pensées : les « nationalistes » (ou « souverainistes » ) et les successeurs de la démocratie chrétienne (« sociaux-libéraux »). Les premiers défendent un état fort, centralisateur et décisionnaire, l’absence de délégation de souveraineté. Les seconds placent l’humain au centre de leur projet (que celui-ci soit d’inspiration chrétienne ou laïque), prônent un pragmatisme économique tempéré par de fortes considérations sociales, et sont plus délégataires (au profit des collectivités locales comme de l’Europe). Imaginer des primaires au sein de ces deux courants de pensée me semble plus réaliste qu’une seule qui n’aurait guère de sens car leurs électorat sont en réalité largement exclusifs.
    La réalité de ces familles de pensée, d’un point de vue idéologique, indique de la même façon que ces projets ne sont pas uniquement, ni même majoritairement ceux de leur leaders. Simplement, afin d’exister dans le système bipolaire français, une certaine personnalisation est nécessaire. Mais Bayrou n’est rien sans l’existence d’un courant de pensée profond qui lui permet de réémerger à chaque élection importante, et Le Pen, au delà du courant extrémiste très minoritaire, représente aussi un courant nationaliste qui a existé tout au long de l’histoire. ler succès relatif de ces courants de pensée dépend effectivement, plus que pour le PS ou l’UMP, de la qualité politique de leurs leaders, mais avoir cru, comme les leaders du RPR, que la France politique pourrait se réduire à deux partis était simplement chimérique. Il existe en France 5 ou 6 grandes familles de pensée politiques, qui sont toutes légitimes à défendre leur projet, qui méritent des élus, et qui devraient pouvoir, en fonction des voeux des électeurs, former des coalitions de gouvernement sur la base de projets majoritaires.



  • Voltaire Voltaire 12 décembre 2011 17:04

    Je ne suis pas persuadé que Bayrou puisse se limiter à faire de l’anti-système sans en proposer un autre... Sa proposition sur la production en France est venue à contre-courant de la pensée dominante, mais a une réelle cohérence par rapport à sa volonté de limiter les déficits.
    Quitter l’ADLE ne me semble pas une bonne idée, car pour peser au parlement européen, il faut appartenir à un groupe politique ; son rôle est plutôt de faire évoluer le groupe vers les démocrates plutôt que vers les libéraux, mais cela dépendra de la prochaine élection européenne... En revanche, je partage votre avis sur la nécessité de proposer une autre Europe. A ma connaissance, c’est un sujet complexe mais essentiel sur lequel il travaille ; il est évident qu’il y a un déficit démocratique actuel important, et que l’UE ne peut pas se conetnter de fonctionner en intergouvernemental comme actuellement. Il sera intéerssant de suivre ses propositions à ce sujet, j’ai le présentiment qu’elle seront assez radicales.



  • Voltaire Voltaire 12 décembre 2011 16:39

    @non666

    Je ne crois pas que Bayrou ait eu besoin qu’on se souvienne de lui pour être candidat...

    Plus sérieusement , et sur le fond, c’est à dire sur la doctrine de Bayrou. Sans doute faudrait-il plutôt parler de vision plutôt que de doctrine d’ailleurs, car le projet de société de Bayrou n’est pas doctrinaire au sens construction, mais procède d’une analyse très largement reconnue comme exacte des problèmes de notre société (il y a donc un élément de réponse à sa vision, même si bien sûr l’élément idéologique est présent et procède de son humanisme chrétien).
    Si on peut bien sûr l’analyser comme reprenant des élements de libéralisme économique de la droite comme de justice sociale de la gauche, il me semble que sur ce début de campagne, Bayrou a su dépasser le strict cadre de rétablissemente des équilibre financiers, nécessaire mais bien sûr insuffisant, en proposant une refonte du système économique actuel vers un retour à la production en France. Même si cette vision a ensuite été reprise par les autres partis, il n’empêche qu’il est le premier à avoir proposé cette transformation des fondements économiques actuels du pays pour des raisons non pas « idéologique » dans le sens nationaliste mais pour des raisons d’efficacité.

    il me semble que l’un des moteurs de l’action de Bayrou est qu’il ne se satisfait pas de la situation, qu’il a une réelle ambition pour la France, et qu’il veut la remettre sur pieds pour qu’elle puisse assumer un rôle dans le monde. On peut discutter des solutions qu’il propose, mais il a l’avantage d’une éthique, d’une indépendance des lobbys, et d’une volonté de fer...



  • Voltaire Voltaire 12 décembre 2011 13:20

    N’ayant pas (encore...) lu ce livre, je me contenterai d’en commenter le thème et l’introduction de François Bayrou.

    Il est un point que Bayrou défend avec force, et qui certainement caractérise notre nation, c’est cette idée que la valeur, des hommes, de la société, ne se mesure pas à l’aune de leur richesse matérielle. Que le critère principal de succès, de réussite, pour les hommes comme pour un pays, n’est pas uniquement d’ordre financier. Il y a là un élément fondamental, au sens premier du terme, qui caractérise aussi bien sa pensée que notre pays.

    Même lorsque la France était la première puissance européenne, et donc du monde, jamais l’économie n’a été critère d’admiration. La France est avant tout ce pays des idées, de la culture et, depuis un demi-siècle, d’une certaine quaité de vie. C’est bien sûr en raison de cette divergence violente, entre la reconnaissance de l’argent comme élément de réussite par Nicoals Sarkozy notamment, qu’il faut resituer ce conflit qui a caractérisé l’affrontement idéologique entre Bayrou et Sarkozy. 
    Non pas que l’argent soit intrisèquement considéré comme négligeable, même si les pays à tradition catholique sont infiniment moins à l’aise à ce sujet que ceux de tradition protestante par exemple, mais jusqu’il y a peu, la valeur intellectuelle, les capacités culturelles, et même parfois simplement un titre historique avait autant sinon plus de valeurs aux yeux de la société qu’une simple fortune. Et qui ne peut ignorer le gouffre qui sépare l’aspiration au succès d’un français d’un anglo-saxon ou d’un chinois ? L’équilibre d’une vie familiale, le temps libre, l’intérêt du travail constituent des ingrédients considérés comme indispensables pour une vie réussie en France.

    Qu’est-ce qui a alors changé ? Les éléments très anglo-saxons du discours sarkozyste se sont évaporés en moins de trois ans, confrontés bien sûr à la rudesse de la crise (travailler plus pour gagner plus...), mais aussi simplement à un écart culturel évident. Autant le discours sur la valeur travail était approprié, et demeure d’actualité, autant celui sur les signes extérieurs de richesse était simplement incongrus. Avec la crise actuelle, la princpale préoccupation des citoyens ne s’est pas transformée en celle de ne pouvoir être riche, mais simplement en celle de ne pouvoir assurer, pour sa famille et pour ses enfants, cette qualité de vie à laquelle les français sont si attachés. Où se trouve donc l’humanisme dans cetet préoccupation ? dans le message, dans la vision. A juste titre, l’auteur cite la fin du discours de candidature de François Bayrou : si nous souhaitons un redressement écnomique du pays, ce n’est pas pour assouvir de quelconques désirs de richesse financière, c’est pour pouvoir vivre notre vie, donner un sens plus philosophique à notre existence, sans avoir à toujours penser au lendemain. L’humanisme, c’est retrouver la primauter de l’humain sur le matériel, et peu importe que l’on soit croyant ou non pour cela. Liberté, égalité, fraternité, l’intagibilité de cette devise est remarquable : elle résume cette aspiration sociale, sociétale, qui fait de nous plus qu’un simple consommateur.

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