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Voltaire

Voltaire

Humaniste de ce siècle. La science a longtemps été ma passion, avant de devenir mon métier. Celui-ci a évolué depuis, mais je lui dois quelques enseignements fort utiles : curiosité, raison, un peu de sens commun et point trop de crédulité aveugle. A cela se rajoutent quelques passions sans doute déraisonnables, pour la justice, la bonté, les gens d’esprit, le bon vin et autres égarements, mais nul n’est parfait. Si je n’ai le talent de mon illustre pseudonyme, je tâcherai du moins de ne lui point faire honte, en demeurant aussi honnête que possible.

Tableau de bord

  • Premier article le 05/09/2006
  • Modérateur depuis le 06/10/2006
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Derniers commentaires



  • Voltaire Voltaire 18 mars 2010 17:22

    @l’auteur

    Bien sûr que nous sommes pragmatiques ! Un responsable politique a un devoir de résultats. La défense d’une certaine vision de la société, proposée et défendue par son électorat, passe avant les bisbilles de personnes.
    En l’occurence, je considère, et sans doute Sylvain aussi, que ce pays a besoin d’un parti politique qui défende une certaine vision de la société, telle que définie par le courant « centriste » ou « démocrate » ou « humaniste ». Cela n’exclue pas une certaine éthique, mais impose des obligations, de moyens et de résultats.
    Au delà des egos et ambitions personnelles, communes à tous les politiques, il est normal qu’un responsable politique agisse pour défendre ses idées.

    Prenons quelques exemples :

    - Les élus du futur Nouveau Centre ont quitté F. Bayrou pour s’aligner sur N. Sarkozy en 2007 en indiquant que sauver un groupe parlementaire et des élus était le seul moyen de défendre leurs idées. Pragmatiquement, c’était exact. Sauf qu’ensuite, une fois élus, et présents dans le gouvernement, ils n’ont a aucun moment pesé sur les choix de ce gouvernement et défendu concrètement les idées de leur famille politique. Ils ont donc failli à leur obligation de résultat (ce qui explique leur insignifiance actuelle dans l’opinion). S’ils avaient effectivement influencé la politique du gouvernement sur les sujets sensibles (dette, justice, emploi...), leur « trahison » vis à vis de Bayrou aurait été politiquement acceptable, même si éthiquement délicate.

    - François Bayrou et le MoDem ont décidé de créer une « troisième voie » indépendante en 2007, pour s’opposer à la dérive droitière de N. Sarkozy. Idéologiquement, c’était défendable. Mais conditionné à la capacité du MoDem d’incarner une alternative et de peser dans une nouvelle majorité. Faute de succès, il fallait se poser la question de l’efficacité, et donc d’alliances : avec la droite (et donc avec le Nouveau Centre et des gaullistes) ? avec les écologistes (thèse défendue par C. Lepage, que je décris dans mon analyse de juin 2009) ? avec la gauche (thèse proposée par M. de Sarnez) ? En restant finalement isolé, le MoDem a perdu à la fois sa capacité à incerner une alternative, et à peser. Là aussi, ses élus ont failli à leur électorat.

    Bien entendu, ont peut aussi considérer qu’une bonne parti des élus de l’UMP ont failli à leur électorat etc... Il est alors légitime de penser quitter un parti qui ne défend plus ou n’est plus en capacité de défendre ses idées et celles de votre électorat, même si vous avez été élu sous l’étiquette de ce parti. Car un parti a aussi des devoirs vis à vis de ses élus : celle de leur permettre de peser et d’agir en fonction de leur idéal. 

    Mme Lepage considère que le MoDem, actuellement, et par son fonctionnement, ne lui permet plus de défendre ses idées. Dont acte : elle divorce, après avoir largement prévenu son parti des conséquences de ses dysfonctionnement. Vous avez raison de souligner que ceci doit être fait d’abord en interne, mais objectivement, les prises de position externes de Mme Lepage ont été graduelles depuis 2008. Même si je ne partage pas son avis, elle est dans une logique politique normale. Dans un premeir temps, elle souhaite continuer à travailler à la création d’un gand parti démocrate et écologiste, de centre-gauche. J’ai des doutes sur cet objectif, mais il est légitime. Il va donc s’associer sans fusioner avec EE, c’est une attitude logique, vis à vis de son électorat. Plus difficile sera la suite, si ses effeorts de recentrage echouent, et qu’elle doivent s’inscrire dans une alliance de gauche, mais elle a une bonne année devant elle pour tester.

    Objectivement, son attitude n’est pas si différente de celle de l’UDF et de François Bayrou à partir de 2004-2006, qui ont été élu par l’électorat de la majorité (centre et droite) en 2002 et sont entrés, par conviction et pour défendre l’électorat centriste, en quasi-opposition vis à vis du gouvernement Villepin. 

    Encore une fois, vous oubliez l’enjeu : les poliiques ont une obligation de résultat vis à vis de leur électorat, et de la société.



  • Voltaire Voltaire 18 mars 2010 15:29

    Corinne Lepage a toujours soutenu l’idée d’un accord avec Europe Ecologie, et ce même avant les élections européennes.
    Que l’on soutienne ou pas cette position, il y avait là une logique politique indéniable, avec néanmoins des conséquences discutables.
    Voici ce que j’écrivais le 22 juin 2009, juste après les européennes (non publié finalement). Bien sûr, je n’avais pas anticipé l’effondrement du MoDem alors, et j’anticipais aussi de possibles divergences au sein d’EE. Néanmoins, le raisonnement n’en n’avait pas moins un sens, qui était aussi défendu par Mme Lepage. Bien sûr, l’opportunité d’un tel accord a disparu assez vite, dès la fin de l’été.


    Une alliance MoDem-écologistes pour les élections régionales de 2010 ?
    Une analyse stratégique
    22 juin 2010

    Le contexte politique actuel


    L’alliance Europe-écologie a réussi un résultat exceptionnel lors des élections européennes (plus de 16% au niveau national, avec des pointes dans les zones les plus urbaines), au détriment du parti socialiste et du Mouvement démocrate, mais dans un contexte d’abstention très élevé et de fort soutien médiatique. Il faut aussi mentionner le score non négligeable des écologistes indépendants (plus de 3%) lors de ce scrutin.

    Dans les perspectives des élections régionales, ce score a ouvert l’appétit des écologistes, alliés du PS au premier tour des dernières élections régionales, et qui se proposent de monter leurs propres listes cette fois, afin au moins d’obtenir un nombre supérieur de places éligibles et de têtes de listes.

    Le parti socialiste en revanche se retrouve confronté à une défaite historique, à la nécessité de recaser ses personnalités non-élues, et à conserver ses positions exceptionnelles obtenues lors du scrutin de 2004. Traditionnellement, l’essentiel des sortants est voué à être reconduit, ce qui rend les discussions très difficiles. À cela s’ajoute le score du Front de gauche assez élevé, qui revendiquera naturellement des places en nombre important.

    En parallèle avec ces problèmes internes à la gauche, l’UMP souhaite continuer à affaiblir ses deux concurrents les plus sérieux, PS et MoDem. Faire monter les écologistes, dont l’électorat ne mord pas significativement sur celui de la droite et dont aucun leader national n’est susceptible de mettre en question le succès d’une candidature de l’actuel président, permet de diviser les votes de ses opposants principaux et donc d’apparaître comme leader incontesté, même si le problème du manque de réserves de voix pour un second tour demeure.

    Le MoDem enfin souffre d’un déficit temporaire de popularité, dû à l’intensité des attaques au sein des médias en fin de campagne, les attaques étant justement largement focalisées sur une rivalité avec les écologistes.


    Le contexte politique des élections régionales


    Les élections régionales devraient voir une participation de l’électorat un peu supérieure à celle des Européennes (situation théoriquement plus favorable au MoDem), mais sans doute faiblement supérieure à 50%.

    La préoccupation environnementale devrait demeurer élevée lors de ces élections : le cadre de vie, les transports, l’aménagement du territoire sont des éléments importants de l’action régionale. Cette préoccupation devrait en outre être renforcée par la couverture médiatique du sommet de Copenhague à la fin de l’année 2009.
    À cela s’ajouteront aussi des éléments plus nationaux, en raison de la crise économique qui devrait entraîner un pic de chômage en 2010, et de la plus grande proximité des élections présidentielles. Ces élections seront aussi sans doute analysées par les médias comme un test politique déterminant pour le PS ou le MoDem à deux ans des présidentielles. Elles seront donc sans doute plus politisées pour l’électorat.


    Éléments en faveur d’un accord

    1. Un renversement d’image médiatique. La proposition d’un accord MoDem-Ecologistes au premier tour permettrait au MoDem de renverser les critiques actuelles, en démontrant son ouverture et sa défense de l’intérêt général. Cela contredirait la stratégie de l’UMP et rendrait caduque toute critique possible de la part du leader des écologistes Daniel Cohn-Bendit, tout en démontrant la magnanimité du leader du MoDem. Enfin, cela permettrait au MoDem de revenir sur la scène médiatique de façon positive.

    2. Une pierre dans le jardin écologique. Le succès des écologiques lors de l’élection européenne est largement dû à l’alliance délicate des différentes tendances de l’écologie politique formée par DCB. Rien pour le moment n’indique que cette alliance pourra se perpétuer pour les régionales, malgré les efforts en cours, tant les tendances sont variées. Une proposition d’alliance avec le MoDem diviserait les écologistes entre partisans d’un accord avec la gauche uniquement (tendance soutenue par la majorité du parti des Verts) et celle prête à un accord plus large. Accessoirement, la proposition d’un tel accord serait aussi une pierre dans le jardin du PS, même si elle peut aussi renforcer les capacités de pression et de négociations des Verts vis-à-vis de ce parti sans résultat pour le MoDem.

    3. Une stratégie gagnant-gagnant. En cas de refus d’un tel accord (hypothèse la plus probable), le MoDem apparaîtrait comme victime du sectarisme des écologistes tout en ayant démontré ses préoccupations environnementales et son ouverture politique. En cas d’acceptation, le score de telles listes pourrait sans doute rivaliser avec celui du PS dans de nombreuses régions, plaçant ces listes en position de force pour négocier.

    4. La proximité des électorats. Ces élections européennes ont démontré la grande proximité d’une partie importante de l’électorat écologiste et démocrate. Un accord de premier tour ne se traduirait donc sans doute pas par une déperdition importante de l’électorat combiné, pourvu qu’il s’agisse d’un accord avec une alliance écologiste et non avec les simples Verts.

    5. Une compatibilité idéologique. Le MoDem a renforcé son corpus idéologique en faveur du développement durable et l’arrivée de personnalités reconnues. Surtout, un tel accord pourrait se faire facilement suivant le positionnement du MoDem en faveur de la primauté donnée à la qualité de vie, par contraste à la primauté donnée à l’enrichissement financier (« toujours mieux » au lieu de « toujours plus »).

    6. Un gain politique en termes d’élus. Bien qu’un tel accord demeure très hypothétique, il pourrait se traduire, s’il était accepté, par un gain net d’élus régionaux et la possibilité de ravir quelques présidences de régions. Ceci crédibiliserait le MoDem comme mouvement politique et le renforcerait localement en prévision d’élections futures.

     

    Éléments en défaveur d’un accord

    1. Une stratégie d’alliance contradictoire. Un accord avec les écologistes ne peut s’envisager que si le MoDem souhaite s’engager de toute façon dans un accord de second tour avec la gauche, dans une stratégie d’opposition à la droite. Il est peu probable que les écologistes acceptent de faire gagner la droite en refusant une fusion avec les listes PS-PC au second tour.

    2. La perception d’un basculement du MoDem. Une telle proposition d’accord, même avec une alliance écologiste plutôt qu’avec les Verts, sera interprétée par les médias comme un basculement du MoDem sur sa gauche, et exploité comme tel par l’UMP afin d’effrayer l’électorat modéré. Il y a donc un risque pour le MoDem et son leader de perdre son image de parti et leader en position médiane et équilibrée entre droite et gauche.

    3. La « manœuvre ». Il est probable qu’une telle proposition soit partiellement perçue, et certainement relatée, comme une manœuvre politicienne de la part du MoDem. Afin de limiter cet inconvénient, une telle proposition d’accord devrait donc être soigneusement préparée dans ses termes, en insistant sur l’intérêt général et les convergences programmatiques indispensables.


    Les conditions d’un accord

    1. Une cohérence stratégique. Un tel accord ne peut se proposer que si le MoDem décide de s’allier au second tour avec la gauche aux régionales, de façon globale (pas d’accords à la carte région par région).

    2. Un accord équilibré. Un tel accord ne peut être accepté et proposé que dans une situation d’égalité entre MoDem et écologistes (égalités en nombre de têtes de listes gagnables, en positions éligibles etc…). Ceci peut être difficile à être acceptée par des écologistes « gonflés » par leurs performances aux européennes, mais il peut être mis en balance la probabilité forte d’un rééquilibrage des scores des écologistes et du MoDem dans une campagne normale (le retour du terrain indique que beaucoup d’électeurs MoDem ont voté écologistes de façon exceptionnelle aux européennes, notamment en soutient à Eva Joly).

    3. Un accord avec une alliance écologique. Un tel accord ne peut être proposé et accepté qu’avec une alliance écologiste qui dépasse les simples Verts, dont le poids électoral demeure faible et dont le positionnement très à gauche est incompatible avec celui du MoDem.


     



  • Voltaire Voltaire 18 mars 2010 15:11

    @l’auteur

    Encore une fois, je préfère ne pas commenter les éléments de fonctionnement interne à un parti, qui n’intéressent sans doute pas la majorité des lecteurs. A ma connaisance, les torts sont également partagés dans ce divorce.
    Politiquement, je trouve aussi toujours peu utile l’excès de critique vis-à-vis de personnes dont les opinions sont proches, et donc avec lesquelles vous serez probablement amené à retravailler dans l’avenir.
    Même si à titre personnel je ne partage pas certaines options politiques de Mme Lepage, je l’ai trouvé assez habile pour laisser la porte ouverte à de futures accords avec les autres mouvements centristes.
    D’un point de vue plus politicien, il est exact que la critique vis à vis de son parti se devrait d’être limitée à l’interne : on a pu voir les dégats que des divisions étalées au grand jour ont fait au PS par exemple. Néanmoins, comme on peut le voir à l’UMP actuellement, faire passer un message de dysfonctionnement au niveau externe est une pratique courante pour y apporter plus de poids, lorsque notamment le débat interne semble difficile.

    Encore une fois, je ne souhaite pas défendre à tout prix Mme Lepage qui est une politique habile, mais votre appel à sa démission me semble déraisonnable, tant qu’elle efefctue correctement son travail au parlement européen. Car nos élus sont avant tout responsables devant leurs électeurs.



  • Voltaire Voltaire 18 mars 2010 12:58

    Je ne commenterai pas l’ensemble de votre article, qui relève largement de problèmes internes d’un parti, pour ne le faire que sur votre demande de démission de Mme Lepage du parlement européen.

    Cette demande est pour le moins surprenante. On ne compte plus les politiques élus sous une étiquette et passé dans un autre camp, y compris bien sûr au MoDem.
    De plus, démissionner d’un parti avec lequel on ne partage plus certaines idées ou pratiques est-il réellement anti-démocratique ?

    Un mandat n’est jamais impératif. Et c’est aux partis politiques de choisir les personnes à qui ils donnent leur investiture. Tant que Mme Lepage effectue son travail de député européen correctement, dans son groupe politique, je vois mal ce qu’il y a à redire. Et ce d’autant que Mme Lepage soutien l’idée d’un rassemblement de plusieurs partis dont le MoDem.
    Le cas du maintient de mandat à des personnalités incapables de les assumer pleinnement, souvent (mais pas seulement..) pour cause de cumul, me semble infiniment plus grave.



  • Voltaire Voltaire 15 mars 2010 16:41

    @imothep
    Personne ne parle de Morin car il est insignifiant...
    Le NC ne pèse rien car il a jusqu’ici fidèlement collé à l’UMP, même dans les décisions les plus controversées du gouvernement.
    Avec le même nombre de parlementaires, l’UDF de 2004 à 2007 avait su faire entendre sa voix par une attitude beaucoup plus libre.
    Néanmoins, si l’ensemble de la famille centriste et écologistes indépendants voulait se réunir, son poids serait non négligeable. Mais il faudrait pour cela au moins quitter ce gouvernement, même en restant dans la majorité parlementaire... dûr apparemment pour certains

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