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  • Wald 7 août 2020 11:01

    @L’apostilleur
    Au XIV e s. Ibn Khaldoun exprimait la conception des arabo-musulmans, les plus grands esclavagistes de tous les temps, pour qui « ...les noirs n’étaient pas vraiment des hommes »

    Si vous avez envie de vous engager dans le comparatisme historique, dans ce cas il faut des chiffres. Le grand minimum serait d’en donner qui montrent des taux d’esclaves dans une population globale supérieure à ce qu’il était en Italie romaine, en Grèce antique ou dans les îles caraïbes. Mais sauf votre respect, j’en doute franchement.

    Je connais le passage d’Ibn Khaldoun, vu que je possède le livre, je ne vois pas en quoi il parle de la légitimité de vouer spécifiquement les noirs à l’esclavage, vu que le chapitre ne parle pas justement d’esclavage, mais est une description de généralités sur tel ou tel groupe du monde connu. Et je n’ai pas trouvé de passages parlant de l’esclavage dans la Muqaddima, peut-être tout simplement parce que l’esclavage était peu répandu dans la société de Khaldûn, 

    Et il n’y a aucun passage dans son oeuvre à ma connaissance qui réserve l’esclavage à certains groupes ethniques et pas à d’autres. A commencer par le fait que l’esclavage presque totalement spécialisé dans des travaux de force, de domesticité ou de l’agriculture de plantation est une projection des sociétés caraibes esclavagistes ou du Nouveau Monde espagnol, vu que dans l’Antiquité ou au Moyen Orient, l’esclavage concernait tous les niveaux de qualifications, y compris des gens éduqués, et que donc déduire de discours dévalorisants sur un groupe et les assimilant à des inférieurs, qu’ils auraient vocation à l’esclavage me parait complètement illogique.

    De toute manière, je ne compte absolument pas poursuivre la discussion avec vous. Je ne comprends rien à un tel niveau de détestation envers un groupe ethnique. L’idée, parce qu’il existe des comportements problématiques dans un groupe et des tensions ethniques, d’aller s’embarquer dans un dénigrement systématique me parait grotesque. Quel est l’intérêt d’aller faire un hypercriticisme (avec lequel on peut soutenir que Napoléon n’a jamais existé ou que la terre est plate) du monde musulman passé ? A cause de types, en 2020 en France, qui tiennent le mur en jogging et baskets et se livrent à des trafics, qui ne vivent plus au Maghreb depuis des générations, et dont certains (une partie des noirs en France) ne sont même pas musulmans ? 

    Alors on va aller sur des idées « c’est donc la faute de leurs histoire culturelle », comme si moi j’allais dire qu’il fallait chercher la cause des guerres de narcos au Mexique dans l’anthropologie précolombienne, ou les agissements des gangs d’Amérique centrale dans leurs civilisations passées (et sous quel terme ? Le « Mexicanisme », l’Aztèquisme, le caribaïnisme ? Tout ça est grotesque).

    Je ne vois pas en quoi les civilisations liées à l’islam méritent un tel acharnement. Elles ont des traits qui paraissent éloignés de nos systèmes de valeurs ? Pas plus que le sort fait par les Romains à Carthage, pour ne citer qu’un massacre de masse parmi des dizaines d’autres et du seul empire romain (Judée, Iles britanniques, Maghreb, Germanie). Pas plus que le Christianisme, qui pendant 1500 ans en Europe a jugé qu’aucune autre religion ne devait exister, même contre impôt ou statut légal inférieur.



  • Wald 6 août 2020 20:08

    @Opposition contrôlée

    Un oxymore ? smiley

    Moi j’ai d’abord lu Rakotoarison, donc je n’ai pas été déçu du caractère insipide. J’ai eu de la chance par rapport à vous.



  • Wald 6 août 2020 15:53

    @Gollum

    Il y a rien sur l’oeuvre intellectuelle de Soustelle, rien sur ses travaux en tant qu’anthropologue. C’est quoi cet article ? Je ne m’imaginerais pas écrire sur Soustelle sans avoir au minimum lu in extenso un de ses ouvrages sur les Précolombiens, et de montrer qu’est-ce qu’il a pu apporter (ou n’a pas apporté) de neuf à l’étude de ces civilisations.



  • Wald 6 août 2020 15:35

    @Decouz
    Dans le roman historique « Le monde connu » de Edward.P Jones, il est question des noirs libérés ou ayant acheté leur liberté, possédant eux-mêmes des esclaves.

    C’était d’ailleurs le cas, historiquement attesté, de révolte/fuite d’esclaves dans le monde, notamment hellénistique. Les esclaves en fuite n’étaient pas hostiles à l’esclavage en tant que tel, ils pensaient que le leur était illégitime, donc posséder des esclaves était quelque part logique. Il est possible que la révolte de Spartacus, la dernière des grandes révoltes d’esclaves hellénistique, ait développé des idées hostiles à l’esclavage en tant que tel, mais même là on manque d’éléments décisifs.

    De mémoire, en 1789, un tiers des esclaves de la Guadeloupe appartiennent à d’autres noirs.



  • Wald 6 août 2020 15:24

    @L’apostilleur
    Aux Etats-Unis, la ségrégation institutionnalisée n’a été supprimée que dans les années 60, et sur le territoire français, le code de l’indigénat avait cours dans les départements d’Algérie. On ne parle pas de deux ou trois siècles non plus. Un Arabe, en France, en 1955, n’avait tout simplement pas le droit de vote du seul fait d’être arabe (sans parler des droits juridiques).

    Quelle légitimité à un descendant d’esclave après plusieurs générations de ressasser à l’infini ce passé ?

    Peut-être parce qu’une particularité de l’esclavage européen tardif est d’avoir désigné certaines ethnies comme étant vouées à l’esclavage et pas d’autres, ce qui est une vision de l’esclavage que n’avaient pas les civilisations antérieures, pour qui n’importe quelle ethnie pouvait faire l’affaire.

    Jefferson, dès le début du 19ème, était pessimiste sur les relations entre noirs et blancs aux USA, tout comme Tocqueville (il y a des passages brillants dans le premier tome de « De la démocratie en Amérique » sur le sujet). Leur point de vue n’était d’ailleurs pas isolé. Tocqueville écrit explicitement qu’en « limitant l’esclavage à une race, on a infligé à l’humanité une blessure moins large, mais infiniment plus difficile à guérir » (quasiment mot pour mot). Deux siècles plus tard, c’est une question qui n’est toujours pas réglée.

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