Cerains pays ne sont pas finis en Occident, les forces vives sont renouvelées, d’une certaine manière dirons nous. Les descendants blancs des boomers peuvent après tout se comporter pendant leurs études comme les jeunes dans les sitcoms US, d’autres groupes sont là pour prendre la place (quand on voit les images, on dirait une caricature, en sachant que c’est pareil en physique, informatique et biologie).
En France, on avait une des plus belles écoles de mathématiques du monde, voire de l’Histoire (cette discipline ayant historiquement été à un niveau très bas).
Actuellement, en France, nos chers boomers sont obsédés par les Maghrébins et aussi de figer le pays entier (ils ont voté Sarkozy, Fillon et soutiennent Macron désormais). Comme ils ont tout compris, comme d’hab, ils croient encore qu’ils vont se faire envahir par les Arabes, pour reprendre leur terminologie.
rien à dire quoi... En effet, je ne vois aucun rapport entre le fait de discuter sur les chiffres de l’esclavage en Attique (et d’éventuellement faire des comparaisons avec d’autres époques, parce que trouver des ratios esclaves/hommes libres aussi élevés qu’à Athènes n’est pas simple) et les attentats en France en 2015 ou 2016.
J’ai aussi du mal à comprendre ce que fait le nom de Taubira, elle n’est pas impliquée dans l’évolution démographique de la France il me semble. Vous auriez cité Pompidou ou Fillon, à tout hasard, là j’aurais compris, c’étaient des immigrationnistes ayant ouvert les vannes et ayant agi directement sur les délivrances de visas, les accords pour l’importation de travailleurs avec d’autres pays, les titres de séjour et naturalisations.
Mais Taubira ? A part quelques discours d’un bon niveau rhétorique et nuls et contestables sur le contenu, il n’y a rien à dire.
Il y avait un consensus global, qui est d’ailleurs toujours celui chez les historiens (je parle de la production universitaire, celle qui passe par les filtres de la validation intellectuelle, comme dans tout autre domaine), que l’islam était à ranger dans ce qu’on appelle les « civilisations ». Par là on désigne un type de culture qui a eu lieu de -3000 à 1850 approximativement, donc entre l’époque qui voit l’apparition de l’écriture et de la métallurgie du bronze et va jusqu’à la révolution industrielle, avec certaines caractéristiques (culture écrite, une élite culturelle réduite, des avancées techniques très lentes, une systématisation de l’agriculture, avec faibles rendements et une grande majorité de paysans, une production culturelle et artistique brillante).
Je ne comprends absolument rien au discours qui voudrait retirer le monde musulman passé de cette liste, discours que je trouve intellectuellement très faible. Déjà je n’aime l’outillage historique qu’il utilise, à base de sources de deuxième main et de généralisations non fondées. On dirait de l’histoire à la Gibbon ou à la Michelet, avec toutes les limites qu’on connait aujourd’hui, faire des grandes généralités à base d’extraits de sources ultra fragmentaire. Que ça plaise ou non, l’Histoire moderne s’est faite en élargissant les sources avant tout, et en cherchant à les trier, hiérarchiser, pour en tirer une vision intelligible du passé, à partir de documents nombreux, avec des aspects apparemment contradictoires. Ces grands discours sur un millénaire de monde musulman du Maroc à l’Indonésie résumés en trois phrases ne me convainquent pas, ils n’ont d’ailleurs aucune existence académique.
Oui c’est plus compliqué que trois copiés-collés bidons recyclés à l’infini sur des sites obscurs du web et fournissant un prêt à penser facile. En même temps, c’est plus riche et plus intéressant. Il y a deux alternatives, soit on dit ouvertement qu’à cause de l’islam, qu’il faut dévaloriser à tout prix,
Dans le détail, je fais semblant de ne rien comprendre non plus aux types de reproches que l’on fait aux Musulmans. Exemple en mathématiques. Il y a un accord global des historiens des sciences pour créditer l’islam médiéval de certaines avancées limitées. Limitées dans le sens où un simple Math Spé de province (rien de péjoratif) en connait plus long en mathématiques que Pascal, Descartes, Fermat (de manière sûre), voire Newton ou Euler à leur époque, et que donc on parle d’un niveau de connaissances qui en valeur absolue reste faible (jusqu’en Europe au 19ème). Dans ce cadre là, il y avait un consensus global pour accepter un discours, qui était produit par l’histoire des sciences, qu’un certain nombre de découvertes mathématiques étaient dues aux Musulmans. Notamment en Trigonométrie et Algorithmie. Quels travaux scientifiques remettent des idées antérieures en cause ? Des thèses et axes de recherche précis à citer, de nouveaux courants historiographiques ?
Pour prendre des exemples particuliers et mesurables, il était établi qu’Al Biruni avait la mesure du rayon terrestre la plus précise avant la fin du 16eme en Europe, ou qu’Al Kashi, début 15ème, avait trouvé la mesure de Pi la plus précise (et plus précise que les mathématiciens chinois ou indiens contemporains), mesure qui fut dépassée en Europe fin 16ème. Je vais jouer au con, parce que je fais semblant de ne pas comprendre qu’on remette en cause ces faits, sans le moindre fondement intellectuel valable (je dis fais semblant, parce je suis pas dupe des motivations). Il n’a jamais été dit que les Arabes médiévaux avaient démontré la conjecture de Poincaré il me semble.
Je ne comprends pas cet hypercriticisme sur leurs travaux, alors que par exemple, les Romains, qui en sciences fondamentales n’ont qu’une poignée de noms à donner en 5 siècles en mathématiques sont donnés comme l’alpha et l’oméga de toute civilisation, ou les Grecs, qui ne connaissaient ni le zéro ni le concept même d’algèbre (contrairement aux arabes, que ça plaise ou nom), sont eux exempts de tout reproche alors que si l’on voyait l’histoire sous le filtre utilisé pour les musulmans, il y aurait beaucoup à dire. La stagnation technologique totale sous l’empire romain (et son conservatisme intellectuel), le manque de pensée économique (il n’y a qu’à lire les Politiques d’Aristote, l’économie entière s’y réduit à deux concepts pauvrets : le domaine autarcique et la prédation armée, ni le commerce ni la compétence ou l’innovation techniques n’y ont de place).
J’ai travaillé en collaboration avec des informaticiens maghrébins, qui dépendaient de la DSI d’une banque importante, à l’époque où j’ai fait une mission dans cette boite. Même le grand chef du service était maghrébin.
Il y a des DRH, commercial, informaticiens Afro magrhébins ? non.
Oui, mais quand vous parlez à des boomers, en règle générale ils en sont restés à momo qui charge les poubelles dans le camion et Fatima qui fait le ménage après la sortie des bureaux.
Après, on pourrait compter sur un schéma de réflexion commun à presque toute l’humanité, qui est de faire attention à l’adéquation entre des schémas mentaux, forgés durant une partie de sa vie où on était en construction intellectuelle, avec la réalité du temps présent, et éventuellement à adapter les dits schémas.
Mais en règle générale, c’est plutôt valable pour l’humanité ordinaire, pas pour les boomers. Je ne suis même pas sûr que dans l’Histoire de l’humanité il a existé un groupe autant coincé dans une bulle temporelle que les occidentaux nés entre 1945 et 1965.