Un citoyen, tout simplement....
" Un homme ne se mêlant pas de politique mérite de passer, non pour un citoyen paisible, mais pour un citoyen inutile." [Thucydide]
« En économie libérale »parfaite« , il n’y a pas de subvention, pas de distortion de concurrence, pas de corruption non plus »
ll n’y en a aucune. Les USA subventionnent la métallurgie, l’agriculture,les industries militaires de pointe, etc...et imposent leurs prix en jouant sur le dollar-roi...
Tu es injuste avec Patrick, car il a le mérite d’enrichir la langue française de mots et d’expressions aussi colorés qu’expressifs. C’est ce qu’avait déjà fait Céline en son temps et à sa manière, le talent en plus...
Le problème de l’agriculture en Afrique (que je connais mieux), c’est notre problème...
Extrait du Courrier :
"Les Accords de Marrakech (instituant l’OMC en 1994) n’ont d’ailleurs pas été non plus à l’avantage de l’Afrique : alors que le FMI lui déconseille les subsides, jugés dépenses déraisonnables pour l’équilibre de la balance commerciales, les pays riches du Nord subventionnent quant à eux allégrement leurs produits d’exportation (essentiellement les produits agricoles). Sous l’effet de ce dumping, les productions subventionnées du Nord envahissent les marchés africains au détriment des productions locales. Parallèlement, le Nord fait preuve de protectionnisme à l’égard des produits du Sud. Par exemple, les tarifs moyens imposées par le Nord sur les produits manufacturés importés du Sud restent quatre fois plus élevés que ceux imposés sur les produits venant d’autres pays du Nord. Par conséquent, les produits africains n’ont pas accès aux marchés protectionnistes du Nord, tandis que la mondialisation se limite en grande partie à des échanges Nord-Nord.
En clair, selon les plans du FMI, l’Afrique donne la priorité à l’exportation (...). Une telle politique a évidemment pour but de récolter les devises utiles au paiement de la dette sans les dépenser dans des politiques publiques. Mais vu que les prix des matières premières ne cessent de chuter, que les capitaux internationaux boudent l’Afrique et que les pays riches du Nord ferment leurs marchés aux produits manufacturés du Sud, une telle politique a comme conséquence de plonger le continent africain dans une pauvreté toujours plus accrue.
A cette aune, c’est le modèle de développement imposé à l’Afrique qu’il convient de remettre en question. Depuis le milieu des années 80 et les plans d’ajustement du FMI, l’économie africaine a en effet été progressivement extravertie au fur et à mesure que la pauvreté grandissait. S’il est vrai qu’une modernisation des infrastructures et une démocratisation des appareils d’État étaient nécessaires, les bouleversements imposés par le FMI ont en réalité abouti à une situation dramatiquement absurde. Alors qu’en France, par exemple, 75% de la production nationale est destinée au marché intérieur (les 25% restants étant destinés au commerce international), c’est l’inverse qui se produit en Afrique : les trois quarts de la production sont exportés et il ne reste plus que les miettes pour les populations locales. Il faut donc réfléchir aujourd’hui à un modèle de développement différent, accordant la priorité aux marchés intérieurs africains et au financement par la mobilisation de l’épargne africaine. Un modèle de développement permettant à l’Afrique, comme cela a été possible pour les pays riches du Nord, de d’abord solidement ancrer son économie sur le plan intérieur avant de s’ouvrir sur le monde."
Merci pour ce trés nécessaire rappel, qui nous oblige à ne pas nous apitoyer sur la misère de certains pays africains, par exemple, mais à comprendre la logique d’un système pervers qui les appauvrit d’année en année...
L’obligation sans discernement du libre échange fait que au Mali, par ex, le litre de lait en poudre coûte moins cher d’un euro que le lait frais produit localement, le riz importé à bas prix de Thaïlande par le Sénégal ruine les agriculteurs de Gambie, le coton du Tchad ne peut rivaliser, malgré sa qualité, avec celui, subventionné des USA,etc...et l’on s’étonne de l ’exode agricole vers des villes devenues dramatiquement ingérables et de la pression migratoire vers l’Europe.
Nous ne jouons pas dans la même cour...
J’ai retenu un passage de la revue à laquelle vous renvoyez :
« En fait, l’agriculture orientée vers l’exportation a réduit la sécurité de l’alimentation en encourageant un passage de la production locale viable à petite échelle à la production industrielle non-viable. Elle apporte aussi des changements dans la possession des ressources naturelles et des moyens de production, qui passent des petits propriétaires/producteurs autonomes à des grands intérêts commerciaux. Les paysans sont déplacés de leurs fermes, pendant que les intérêts commerciaux s’emparent de la terre pour la production de produits d’exportation. Ces entreprises ont souvent un impact environnemental négatif, créant d’autres difficultés pour les communautés locales. »