J’ai lu plusieurs commentaires et je n’aime pas trop cette façon de « catégoriser » des populations. D’un côté, les SDF laminés par la vie et forcément dignes de toute générosité, de l’autre des bien-pensants égoïstes ne pensant qu’à leur petit confort bourgeois et leur plus-values. Tous les SDF ne sont pas des anges propres, calmes et courtois. Tous les habitants du 16ème ne sont pas des monstres cupides et intolérants. Il faut comprendre l’inquiétude des habitants d’un quartier lorsqu’on leur annonce qu’un foyer dhébergement va être construit près de chez eux. C’est leur quartier, il me semble qu’ils ont leur mot à dire. Ils veulent vivre tranquille, c’est un droit légitime. Ils ne sont pas non plus personnellement responsables de la dérive des autres. La faute revient sans doute aux responsables du projet, qui devraient tout simplement communiquer et expliquer au juste qui va être hébergé. Ce sont peut-être des gens soucieux de s’insérer qui ne poseront pas de problème. C’est l’ignorance qui est à l’origine de toute peur. Pourquoi n’organisent-ils pas une réunion, histoire pour les habitants de poser des questions et s’informer ? Chacun fait son truc dans son coin, c’est de là que viennent les malentendus.
Je rêve qu’il y aurait des travailleurs heureux au boulot, des salariés épanouis, des employés peu pressés de partir en retraite. Le travail, ce devrait être ça : une valeur sûre, un facteur de lien social, un moyen de se trouver des amis voire un conjoint, un lieu de plaisir où l’on puisse montrer ses qualités, le sentiment de se sentir utile. On devrait être CONTENTS de travailler (ou alors, on est fainéant, mais ceci est un autre débat). Au lieu de ça, nous avons des travailleurs moroses, fatigués, des salariés stressés voire suicidaires, des employés qui n’ont qu’une idée : lever le camp le plus tôt possible. Le problème est là à mon avis, pas dans l’age de la retraite. Dans les conditions de travail. Il s’agit de redonner toute sa valeur au travail, payer décemment les gens, les traiter humainement et pas comme des machines, reconnaître qu’ils sont des atouts, pas des paillassons, mieux gérer les parcours. Si les gens étaient heureux au travail, ils ne penseraient pas qu’à la retraite. Pour preuve, beaucoup de retraités décèdent rapidement, victimes de l’isolement social, désoeuvrés, n’ayant plus goût à rien. Seulement, pour les politiques, au lieu de mettre en place un Grenelle des conditions de travail, il est bien plus facile d’allonger sa durée pour gagner... gagner quoi au final ? Le chômage des salariés âgés aidant, les cotisations ne devraient pas résorber grand chose en terme de déficit. Un sparadrap sur une plaie béante.
Mitterand n’était pas très clair. Il ne faut pas oublier qu’il n’a pas toujours été à gauche et qu’il a revu sa position pour des raisons d’ambition personnelle plus que par conviction. Il est par ailleurs curieux que la dégringolade de la France coïncide avec le règne de Mitterand (mauvaise adaptation à un nouvel environnement économique, perte de compétitivité, montée du chômage de masse, mises à l’écart des salariés âgés, développement de l’assistanat, hausse d’impôts en tous genres, flambée des dépenses publiques...). Non, Sarkozy n’a pas tort sur ce coup-là. Il n’empêche qu’il n’a pas été élu pour critiquer ses prédécesseurs, mais pour nettoyer après eux et que sa remarque était inélégante.