@Nick Corey : « Il n’y a rien qui distingue l’idéologie libérale de l’idéologie libertarienne. »
Les libéraux de l’école de Chicago, dont Friedman est la figure de proue, et les libertariens de l’école Autrichienne, dont Rothbard est la figure de proue, se détestaient et se méprisaient.
Friedman : « Rothbard was a very different character. I had some contact with Murray early on, but very little contact with him overall. That’s primarily because I deliberately kept from getting involved in the Libertarian Party affairs ; partly because I always thought Murray, like Rand, was a cult builder, and a dogmatist. Partly because whenever he’s had the chance he’s been nasty to me and my work. »
De plus, les libéraux ont peu d’idées politiques, seulement une idéologie économique – l’lutra-libéralisme – tandis que les libertariens ont aussi une vision politique, dont la non-agression est effectivement une composantes essentielle, mais aussi une vision de la société avec une grande liberté des meurs, tandis que les libéraux sont plus proches socialement des conservateurs.
@JL : je dirai que l’« ordre » libertarien est un ordre injuste
que voulez-vous dire par là ? Selon moi, l’ordre libertarien est minimaliste, et est essentiellement donnée par la maxime « la liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres ». Il faut des règles pour déterminer où se situe cette frontière. Par exemple, polluer une rivière en amont empêche les habitants en aval d’utiliser la rivière, et donc la liberté de polluer la rivière en amont empiète sur la liberté des hommes en aval : il faut un organisme qui régule cela.
@Nick Corey : « Par ailleurs j’imagine mal un libertarien demander à l’État de démanteler Google… C’est tout sauf libéral »
vous utilisez les termes libertarien et libéral comme s’ils éraient synonymes, alors que pour moi il s’agit de 2 écoles fondamentalement différentes, et souvent opposées. Il n’y a pas de politicien « libertarien » en France, et aux USA celui qui en serait le meilleur représentant est Ron Paul. Quant-aux « libéraux » ils représentent le courant majoritaire dans l’UE.
@Nick Corey : il semble y avoir 2 visions dans l’école Autrichienne : celle de von Mises et celle de Rothbard :
« Son souci de réexaminer la cohérence et l’objectivité des concepts devait permettre à Rothbard de dépasser son maître Mises dans la compréhension du monopole. Mises admettait la possibilité d’un monopole sur un marché libre ; dans le chapitre 10 de Man, Economy and State, intitulé Monopole et concurrence, Rothbard démontre que le concept est contradictoire — et il l’est depuis ses origines grecques »
« There are two views of monopoly within what might be called the broad Austrian camp. According to the Mises-Kirzner view, monopoly price can exist on the free market, and a necessary part of its definition is a purposeful withholding of resources on the part of the monopolist. Rothbard, however, defines monopoly as an exclusive government grant of trading privileges, and, as such, finds it incompatible with market freedom. »
« il n’est pas rare de voir des libéraux proposer, au nom de la défense du marché, des règles interventionnistes visant à limiter l’auto-régulation des marchés, comme les lois anti-trust américaines »
l’idée est très simple : pour les libertariens, la liberté est le concept les plus important, et un monopole empêche cette liberté puisqu’il limite la fourniture des biens correspondants ; si le marché est fermé aux nouveaux entrants pour cause monopolistique il n’y a plus d’innovation possible. C’est là, et seulement là, que l’état peut intervenir sur le marché pour – certains – libertariens. Ce en quoi l’observation de la réalité donne plutôt raison à Rothbard que von Mises.
@Cateaufoncel : "Certes, certes, mais l’article ne nous dit rien à propos de ce qui est
prévu contre les abuseurs en particulier et les délinquants en général."
c’est la faiblesse de certaines propositions anarchistes.
Ma position est que l’anarchie exacte – parfaite – n’est ni possible ni même souhaitable, mais qu’une organisation quasi-anarchique est possible. Basé sur le tirage-au-sort, la rotation des charges et le référendum d’initiative citoyenne. Ce ne serait pas une anarchie complète tel que le rêvait Bakounine, mais ce qui s’en rapproche le plus.