Cet article est provocateur et raciste, il ya des moments oú j ai failli m´étrangler en parcourant cet article.
Lorsque je relis de Discours d´Aimé Césaire sur le colonialisme, je revois exactement ce qu´il dénoncait dans son Discours que je retranscrit ici pas en entier, le reste l´auteur pourra le visonner á youtube, l´auteur se retrouvera et s´y reconnaitra dans certains passages de ce Discours.
Une civilisation qui s’avère incapable de résoudre
les problèmes que suscite son fonctionnement est une civilisation
décadente.
Une civilisation qui choisit de fermer les yeux à
ses problèmes les plus cruciaux est une civilisation atteinte.
Une civilisation qui ruse avec ses principes est
une civilisation moribonde.
Le fait est que la civilisation dite « européenne
», la civilisation « occidentale », telle que l’ont façonnée deux siècles de
régime bourgeois, est incapable de résoudre les deux problèmes majeurs auxquels
son existence a donné naissance : le problème du prolétariat et le problème
colonial ; que, déférée à la barre de la « raison » comme à la barre de la «
conscience », cette Europe-là est impuissante à se justifier ; et que, de plus
en plus, elle se réfugie dans une hypocrisie d’autant plus odieuse qu’elle a de
moins en moins chance de tromper.....
Et aujourd’hui il se trouve que ce ne sont pas
seulement les masses européennes qui incriminent, mais que l’acte d’accusation
est proféré sur le plan mondial par des dizaines et des dizaines de millions
d’hommes qui, du fond de l’esclavage, s’érigent en juges.
On peut tuer en
Indochine, torturer à Madagascar, emprisonner en Afrique Noire, sévir aux
Antilles. Les colonisés savent désormais qu’ils ont sur les colonialistes un
avantage. Ils savent que leurs « maîtres »s provisoires mentent.
Donc que
leurs maîtres sont faibles...
Colonisation et civilisation ?
La malédiction
la plus commune en cette matière est d’être la dupe de bonne foi d’une
hypocrisie collective, habile à mal poser les problèmes pour mieux légitimer les
odieuses solutions qu’on leur apporte.
Cela revient à dire que l’essentiel est ici de voir
clair, de penser clair, entendre dangereusement, de répondre clair à l’innocente
question initiale : qu’est-ce en son principe que la colonisation ? De convenir
de ce qu’elle n’est point ; ni évangélisation, ni entreprise philanthropique, ni
volonté de reculer les frontières de l’ignorance, de la maladie, de la tyrannie,
ni élargissement de Dieu, ni extension du Droit ; d’admettre une
fois pour toutes, sans volonté de broncher aux conséquences, que le geste
décisif est ici de l’aventurier et du pirate, de l’épicier en grand et de
l’armateur, du chercheur d’or et du marchand, de l’appétit et de la force, avec,
derrière, l’ombre portée, maléfique, d’une forme de civilisation qui, à un
moment de son histoire, se constate obligée, de façon interne, d’étendre à
l’échelle mondiale la concurrence de ses économies antagonistes.
Qu’ils tuent ; pillent ; qu’ils ont des casques, des lances, des cupidités ; que
les haveurs sont venus plus tard...
Cela réglé, j’admets que mettre les civilisations
différentes en contact les unes avec les autres est bien ; que marier des mondes
différents est excellent ; qu’une civilisation, quel que soit son génie intime,
à se replier sur elle-même, s’étiole ; que l’échange est ici l’oxygène, et que
la grande chance de l’Europe est d’avoir été un carrefour, et que, d’avoir été
le lieu géométrique de toutes les idées, le réceptacle de toutes les
philosophies, le lieu d’accueil de tous les sentiments en a fait le meilleur
redistributeur d’énergie...
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« Il faudrait d’abord étudier comment la
colonisation travaille à déciviliser le colonisateur, à l’abrutir
au sens propre du mot, à le dégrader, à le réveiller aux instincts enfouis, à la
convoitise, à la violence, à la haine raciale, au relativisme moral, et montrer
que, chaque fois qu’il y a au VietNam une tête coupée et un oeil crevé et qu’en
France on accepte, une fillette violée et qu’en France on accepte, un Malgache
supplicié et qu’en France on accepte, il y a un acquis de la civilisation qui
pèse de son poids mort, une régression universelle qui s’opère, une gangrène qui
s’installe, un foyer d’infection qui s’étend et qu’au bout de tous ces traités
violés, de tous ces mensonges propagés, de toutes ces expéditions punitives
tolérées. de tous ces prisonniers ficelés et interrogés, de tous ces patriotes
torturés, au bout de cet orgueil racial encouragé, de cette jactance étalée, il
y a le poison instillé dans les veines de 1’Europe, et le progrès lent, mais
sûr, de l’ensauvagement du continent.
Et alors, un beau jour, la bourgeoisie est
réveillée par un formidable choc en retour : les gestapos s’affairent, les
prisons s’emplissent, les tortionnaires inventent, raffinent, discutent autour
des chevalets.
On s’étonne, on s’indigne. On dit : « Comme c’est
curieux ! Mais, bah ! C’est le nazisme, ça passera ! » Et on attend, et on
espère ; et on se tait à soi-même la vérité, que c’est une barbarie, mais la
barbarie suprême, celle qui couronne, celle qui résume la quotidienneté des
barbaries ; que c’est du nazisme, oui, mais qu’avant d’en être la victime, on en
a été le complice ; que ce nazisme-là, on l’a supporté avant de le subir, on l’a
absous, on a fermé l’œil là-dessus, on l’a légitimé, parce que, jusque-là, il ne
s’était appliqué qu’à des peuples non européens ; que ce nazisme-là, on l’a
cultivé, on en est responsable, et qu’il sourd, qu’il perce, qu’il goutte, avant
de l’engloutir dans ses eaux rougies, de toutes les fissures de la civilisation
occidentale et chrétienne.
Oui, il vaudrait la peine d’étudier, cliniquement,
dans le détail, les démarches d’Hitler et de l’hitlérisme et de révéler au très
distingué, très humaniste, très chrétien bourgeois du xxe siècle qu’il porte en
lui un Hitler qui s’ignore, qu’Hitler l’habite, qu’Hitler est son
démon, que s’il le vitupère, c’est par manque de logique, et qu’au fond,
ce qu’il ne pardonne pas à Hitler, ce n’est pas le crime en soi, le
crime contre l’homme, ce n’est pas l’humiliation de l’homme en soi,
c’est le crime contre l’homme blanc, c’est l’humiliation de l’homme blanc, et
d’avoir appliqué à l’Europe des procédés colonialistes dont ne relevaient
jusqu’ici que les Arabes d’Algérie, les coolies de l’Inde et les nègres
d’Afrique.
Et c’est là le grand reproche que j’adresse au
pseudo-humanisme : d’avoir trop longtemps rapetissé les droits de l’homme, d’en
avoir eu, d’en avoir encore une conception étroite et parcellaire, partielle et
partiale et, tout compte fait, sordidement raciste.
J’ai beaucoup parlé d’Hitler. C’est qu’il le mérite
: il permet de voir gros et de saisir que la société capitaliste, à son stade
actuel, est incapable de fonder un droit des gens, comme elle s’avère
impuissante à fonder une morale individuelle. Qu’on le veuille ou non : au bout
du cul-de-sac Europe, je veux dire l’Europe d’Adenauer, de Schuman, Bidault et
quelques autres, il y a Hitler. Au bout du capitalisme, désireux de se survivre,
il y a Hitler. Au bout de l’humanisme formel et du renoncement philosophique, il
y a Hitler.
Et, dès lors, une de ses phrases s’impose à moi
:
« Nous aspirons, non pas à l’égalité, mais à la
domination. Le pays de race étrangère devra redevenir un pays de serfs, de
journaliers agricoles ou de travailleurs industriels. Il ne s’agit pas de
supprimer les inégalités parmi les hommes, mais de les amplifier et d’en faire
une loi. »
Cela sonne net, hautain, brutal, et nous installe
en pleine sauvagerie hurlante.