@Enki,
*C’est toujours un régal de se faire faire la leçon par la réécriture de l’Histoire façon Kremlin.
Nous faire avaler l’idée que le retrait de l’armée russe du nord de Kiev en mars 2022 était un « gage de confiance » et une fleur accordée aux négociations, il fallait oser. La réalité — documentée par tous les observateurs militaires indépendants —, c’est que l’offensive sur Kiev s’était complètement effondrée, enlisée dans la logistique et pilonnée par la résistance ukrainienne. Habiller une déroute stratégique et un échec militaire cuisant en « geste de bonne volonté », c’est le BA-ba de la communication de crise de Moscou.
Quant à la chronologie de Boutcha, la contorsion intellectuelle devient grotesque. Les massacres de civils et les exécutions sommaires n’ont pas été commis pendant le retrait, mais pendant le mois entier d’occupation russe. Les images satellites publiées par le New York Times et recoupées par les enquêteurs ont prouvé que les corps gisaient dans les rues de Boutcha dès la mi-mars, alors que les troupes russes occupaient totalement la ville. Quand les troupes russes ont fui précipitamment la zone, elles ont simplement laissé derrière elles les preuves sanglantes de leurs exactions, que la découverte du site a révélées au monde entier.
Venir conclure par un renvoi dos à dos avec « balle au centre » pour relativiser des crimes de guerre documentés par la justice internationale dépasse le simple cynisme. Quand on prétend donner des leçons d’Histoire, il vaut mieux éviter d’utiliser les communiqués de presse du ministère russe de la Défense comme unique grille de lecture.