1/ Je prends avec vous le pari que le Japon ne sortira pas du nucléaire. Pour vous en convaincre, vous n’avez qu’à vous reporter aux récentes déclarations du nouveau premier ministre japonais témoignant d’un singulier rétropédalage par rapport à ce qu’a dit son prédécesseur.
2/ Même si vous le savez, ce dont je doute, vous ferez toujours semblant d’ignorer que, depuis la libération, le nucléaire a tué infiniment moins de monde que charbon, pétrole et gaz, PRIS SÉPARÉMENT, TMI, Tchernobyl, Fukushima et essais militaires atmosphériques compris ; Fukushima n’ayant fait, à ce jour, qu’une seule victime... par crise cardiaque, tandis que, bon an mal an, le gaz de ville tue chez nous plusieurs dizaines de nos concitoyens. J’ajoute que la seule extraction du charbon tue annuellement de 16 à 20000 personnes dans le monde, dont la moitié en Chine. Vous n’avez que l’embarras du choix des études statistiques confirmant ce que je dis, dont Paris Tech review, pour ne citer que celle-là, au lien
3/ Vous ne faites pas forcément partie des cons, mais des gens qui aiment à se faire des films « catastrophe » avec des concepts ésotériques comme celui du corium, pour s’épouvanter eux-mêmes et, si possible, communiquer aux autres leur épouvante. Vous faites partie de ces gens qui ne veulent pas voir que les Japonnais sont avant tout victimes d’une exceptionnelle catastrophe naturelle et, pire, que leurs 21000 victimes et la ruine partielle de leur économie constitue un épiphénomène même pas digne de compassion, comparé au drame de Fukushima ; un drame dont l’amplification continuera d’alimenter la propagande, très longtemps après que ses stigmates ait été effacés et ses enseignements techniques et humains tirés.
En définitive, vous pouvez très légitimement avoir peur du feu qui brûle, des avions qui tombent des carambolages automobiles, du cancer du poumon... du nucléaire qui irradie. Mais, dans ces cas, il vous faut tirer les enseignements idoines de vos peurs : manger cru, vous déplacer à pied, ne pas fumer et, surtout, accepter de payer hors de prix une électricité instable et polluante.
Que voulez-vous, c’est le lot de l’existence humaine que de vivre dangereusement. Comme disait le poète, naître c’est le risque de mourir. En tout cas, je peux vous rassurer sur un point : le risque « corium » qui vous fait si peur est parfaitement maîtrisé dans l’EPR.
André Pellen