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Antenor

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Terrien français né au milieu des années quatre-vingt. Passionné par l'histoire ancienne et la géographie humaine.

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Derniers commentaires



  • Antenor Antenor 27 novembre 2022 17:22

    @ Emile

    Est-ce qu’il ne faudrait pas étirer la ligne de bataille beaucoup plus en amont le long de l’Auzon, au moins jusqu’à Chanonat en face de laquelle se trouve le seul vallonnement vraiment conséquent sur le flanc nord de la Serre ? La divergence entre Polyen et César au sujet de la légion détachée avant la bataille doit nous interroger. César la présente comme une diversion mais n’était-ce pas plutôt l’avant-garde d’une manoeuvre un peu trop optimiste ?

    Je me demande si le but initial de César n’était pas d’étirer au maximum les lignes gauloises vers l’Ouest afin de les faire rompre si l’occasion se présentait. La prise de Gergovie n’était pas la priorité. Il faudrait ainsi placer cette légion détachée au moins à hauteur du Château de la Batisse, des guetteurs romains sur le Puy de Giroux et déployer les légions le long de l’Auzon.

    Les Gaulois n’ont pas mordu à l’hameçon et ne se sont pas assez éloignés du Crest mettant en grande difficulté les unités qui y montaient à l’assaut. L’erreur de César aura été de ne pas laisser les troupes les plus à l’Ouest monter jusqu’au sommet de la Serre et prendre les Gaulois à revers. Aussitôt que César a « prudemment » battu en retraite à l’Ouest, les Gaulois ont pu foncer vers les « imprudents » à l’Est.



  • Antenor Antenor 26 novembre 2022 20:51

    @ Emile

    Placer le petit camp sur le plateau de Merdogne et ne considérer la colline de la Roche-Blanche que comme un avant-poste ne me pose aucun problème. Cela paraît tout à fait logique. Les traits de scorpion retrouvés à Merdogne témoigneraient ainsi de l’assaut romain sur la position. La Roche-Blanche serait donc le point haut occupé par la XIIIème légion de Sextius prête à intervenir.



  • Antenor Antenor 26 novembre 2022 13:57

    @ Emile

    C’est à double tranchant. Les pagus dotés d’un relief très accidenté sont plus faciles à défendre mais ont généralement moins de ressources agricoles et les grandes voies commerciales les contournent. La Limagne est par exemple plus difficile à défendre que le Cantal ; en particulier au Nord où la Sioule et les crêtes de Montpensier ne constituent pas un obstacle gigantesque mais elle est plus riche et peuplée et au final plus puissante. Idem chez les Eduens, le « pagus » de Mont-Saint-Vincent est un peu moins facile à défendre que le Morvan mais bien mieux situé du point de vue des échanges.

    Les frontières que je donne sont évidemment une vision idéalisée. Dans la réalité, il devaient y avoir des enclaves un peu partout. Mais ne pas tenir compte des réalité topographiques pour comprendre le rôle d’un site est un non-sens. Le terme « exceptionnel » ou « unique » fréquemment employé pour qualifier les sites fouillés n’est d’ailleurs pas anodin. Il sous-entend qu’il ne faut pas tenter d’établir de règle générale afin de saisir leur logique d’implantation. On additionne des vestiges au lieu d’essayer de comprendre l’effet multiplicateur de puissance de leurs interactions.



  • Antenor Antenor 24 novembre 2022 21:46

    Pour ceux qui ne jurent que par les preuves archéologiques, les découvertes de ces dernières années rendent de plus en plus difficile la localisation de la bataille hors du secteur de l’Auzon. Les fouilles à Orcet ont donné de nouveaux indices très probants. Par contre, les résultats au sommet de Merdogne restent toujours aussi décevants. Comment expliquer que le rempart de la supposée citadelle soit moins élaboré que celui de Corent ?

    Pour comprendre la localisation de Gergovie au Crest et des capitales militaires en général, il faut prendre de la hauteur. L’organisation défensive du territoire était elle-même structurée comme celle d’une citadelle naturelle avec des murs (montagnes) et des fossés (vallées). Le Crest est entouré d’une première enceinte rapprochée avec la Couze Chambon au Sud, l’Allier à l’Est, les hauteurs de Merdogne au Nord et les volcans à l’Ouest.

    Une seconde enceinte beaucoup plus vaste enserre l’ensemble du « pagus » avec la Couze d’Ardes au Sud prolongée par les hauteurs du Sancy et la vallée de la Sioule à l’Ouest et au Nord ; enfin à l’Est c’est la « douve » de l’Allier puis de la Dore en amont surpombée du rempart du Livradois qui assure la protection éloignée. Des sites comme Montpensier, Murat-le-Quaire ou Nonette sont de véritables tours de garde de cette gigantesque fortification naturelle.

    Chez les Eduens, le « Donjon » de Mont-Saint-Vincent est directement bordé des douves de la Bourbince-Dheune et de la Guye-Grosne. A plus grande échelle, le territoire est protégé par les monts du Maconais et la Saône au Sud et à l’Est, par les collines du Charolais et la Loire à l’Ouest et par l’Arroux et les hauteurs d’Autun au Nord. Le fait que Mont-Saint-Vincent soit le site le plus élevé du secteur peut induire en erreur car ce n’est pas la raison pour laquelle Bibracte y est implantée mais bien parce qu’il est le plus compliqué d’accès depuis l’extérieur du « pagus ».



  • Antenor Antenor 2 novembre 2022 19:50

    Sur une carte en relief, on peut clairement distinguer dans le pays éduen une montagne en forme de lion couché. Elle s’étend de Brancion à Berzé -le-Châtel, le long de la Grosne en face de Cluny. Sa tête est constituée du Mont-Saint-Romain (Blanot) qui semble avoir abrité un ancien oppidum-sanctuaire de très grande dimension du même type que ceux de Corent et du Mont-Beuvray. Les pattes avant s’étendent de part et d’autre du cou et de la tête.

    La forme de l’animal rappelle très clairement celle du « lion-monde » de la table de Peutinger. Hasard ou pas, Saint-Romain était évêque de Rouen, ville à proximité de laquelle se trouve l’oeil du lion sur la table de Peutinger. On remarquera dans la région de Rouen des toponymes tel que Lyons-la-Forêt ou Vascoeuil.

    Le lion est également présent à Autun avec le chapiteau de Samson. Il s’agit sans doute d’un hommage à l’empereur Postumus qui aussi incroyable que cela puisse paraître, a fait représenter le héros biblique sur une monnaie où il apparaît le crâne rasé dans un temple qui porte les armes de Chalon-sur-Saône sur son fronton.

    Une autre monnaie pose également question. Sur l’avers, deux personnages dont l’un est Postumus et la mention POSTVMVS PIVS FELIX AVG. Sur le revers, un héros terrasse un taureau : HERCULI CRETENSI. Qui est le second personnage de l’avers : Hercules ? Non, je pense qu’il s’agit du futur pape Felix 1er qui enverra notamment Saint-Reverien évangéliser les Eduens et que sous l’Hercules Crétois du revers, il faut en réalité deviner un Hercules Chrétien. Moïse et le Veau d’Or sont là eux-aussi à Autun...

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