J’ai omis la dernière mention de « pro castris » à Alésia. Au moment de la reddition des assiégés, César est « pro castris » devant le camp romain. On peut cependant interpréter cette expression de deux manières. D’une manière objective, elle désignerait le camp de l’armée en action. Mais d’une manière subjective, elle désignerait systématiquement un camp romain. Or César nous a habitué à ses descriptions très subjectives. Le meilleur exemple est le fossé oriental (VII.69) creusé par les Gaulois à l’Ouest du Mont-Auxois. Il n’est du côté du soleil levant que du point de vue romain. Paradoxalement, César parle de lui à la troisième personne mais son récit donne un point de vue « en immersion ».
Vu ainsi, l’armée de secours gauloise s’est déployée « pro castris », c’est à dire sous le nez des Romains. Par contre, il y a une réflexion à mener autour de ces camps romains. Ne faut-il pas les inclure entièrement dans les les lignes de retranchements ? Ces dernières ne servant qu’à relier les différents camps entre eux ? Quand on voit César sortir des cohortes à la chaîne pendant la bataille, cela donne l’impression que les troupes étaient regroupées en gros cantonnements inclus entre les deux lignes de défense romaine.
L’expression « pro castris » est employée deux fois par César à
Alésia. La première pour le combat de cavalerie (VII.70) et la seconde pour l’assaut
décisif (VII.83). Cette expression n’est pas utilisée à Gergovie par contre
elle apparaît également à deux reprise lors de la bataille contre Arioviste.
Pour la première occurrence (I.48) comme à Alésia, on peut se demander s’il
faut traduire par « devant le camp romain » ou par « devant
le camp adverse ». Par contre, la seconde occurrence (I.51) ne laisse pas
de place au doute. Les Romains se déploient devant leur petit (minoribus) camp.
Ce qui signifie que c’est bien devant son propre camp (VII.83) que l’armée
de secours gauloise se déploie avant le grand assaut. Mais cela ne veut pas
dire qu’ils ne sont pas partis à l’attaque des fortifications romaines.
Tout le paragraphe suivant (VII-84) témoigne d’un assaut généralisé des
Gaulois que les attaques de Vercassivelaunos et de Vercingétorix ne peuvent
expliquer à elles-seules. Le premier attaquant au Nord (hauteurs de Réa ou de Bussy ?) et le
second à l’Ouest dans la plaine ; il fallait bien que l’armée gauloise attaqua
aussi dans la plaine pour que les légionnaires entendent des cris dans leurs
dos.
Dans un second temps Vercingetorix redirige son effort vers les hauteurs (VII.86) qui ne peuvent être que celles du Réa. Sûrement parce que ces hauteurs étaient déjà attaquées par le gros de l’armée de secours depuis la
plaine ou par Vercassivelaunos depuis le plateau, voir par les deux.
Autre point de réflexion. César dirige son armée depuis la montagne de
Flavigny. En VII.88 la retraite des Gaulois assiégés est ordonnée depuis l’oppidum
d’Alésia. Il y a donc de fortes chances pour que le poste de commandement de l’armée
gauloise de secours se soit trouvé dans son camp de base. Lorsque la nouvelle
du repli des assiégés atteint ce camp et déclenche son évacuation, cela ne veut
pas non plus dire que l’armée s’y trouvait.
Si cette évacuation a été rapide,
c’est précisément parce qu’il ne s’y trouvait plus grand monde. Le gros de l’armée
gauloise était alors déjà en déroute dans la plaine.
La phrase clef est la dernière du paragraphe 83. Le camp devant lequel se déploie le gros de l’armée de secours gauloise, ne serait-ce pas celui du Mont du Réa ? La cavalerie gauloise gardant son flanc droit dans la plaine des Laumes. De son côté, Vercassivelaunos se serait dans un premier temps caché à Fresnes avant d’attaquer ce même Mont du Réa par le plateau. Vercingétorix lançant à son tour l’assaut vers cette même position depuis Alésia. Triple attaque gauloise sur la hauteur. Ce qui implique que ce n’est pas seulement sur les arrières de Vercassivelaunos que tombe la cavalerie romaine mais aussi et surtout sur celles du gros de l’armée de secours gauloise déployée au pieds du Mont du Réa.
Des descriptions du culte de Mithra notamment par Tertullien où il est question d’exécutions simulées et de couronnes. A Mont-Saint-Vincent, il n’est pas à exclure que le chapiteau en V évoque l’amas des Hyades, c’est à dire la tête de la constellation du taureau. A Perrecy-les-Forges, l’élément arraché au pied de l’Héraklès / Sacrificateur peut aussi faire penser au profil d’une tête de taureau tournée vers la gauche.
A Tournus, le dieu solaire devient démon et tente d’arracher la langue du Sciapode de Gourdon dont la plante de pied géante rappelle l’aire de Mont-Saint-Vincent. On peut y voir une tentative d’imposition forcée du culte du Sol Invictus au détriment du clergé local. A gauche, le barde est tenu enchaîné par une Rome palmipède. Sur un chapiteau voisin, une cérémonie gauloise à la pleine lune avec des bardes vêtus de peaux de bêtes ?
Tout comme l’un des plus remarquables chapiteaux de Gourdon, la frise de Perrecy-les-Forges est inspirée de la Folie d’Héraklès d’Euripide. Ici tous les personnages sont représentés.
Première scène : Mégare et Amphytrion veillent sur les enfants. Heraklès leur apparaît revenu des Enfers.
Deuxième scène : en avance sur le texte, Lyssa née du sang d’Ouranos, est déjà là observant les évènements.
Troisième scène : Lycus meurt entouré du Choeur.
Quatrième scène :
— le soleil pris à temoin par Lyssa (deuxième personnage ?),
— Iris messagère des dieux, son Caducée et son vase rassemblés sur le même ustensile, atteint Héraklès qu’Amphytrion tente de retenir.
Cinquième scène :
— Héraklès tuant un de ses enfants. La sculpture est arrachée mais on devine un petit personnage à genoux. Un autre enfant attend son sort à droite.
— Amphytrion informé de la tragédie par le messager.
Sixième scène :
— Amphytrion emmène Héraklès recouvrant ses esprits.
— Héraklès, la tête couverte d’un voile rencontre Thésée accompagné d’un soldat athénien. Pour montrer que Thésée est lui aussi revenu d’entre les morts, le sculpteur l’a représenté avec une ascia à la main.
Non seulement cette frise est dédiée au culte de Mithra dans sa forme mais elle narre une tragédie grecque sur le fond. Comment peut-on la dater du Moyen-âge ?