Que ce soient les villes ou les forteresses, leur localisation semble régie avant tout par les possibilités de déplacement qu’elles offrent à leurs occupants.
- Possibilités de déplacement rapide sur de longues distances pour les citadins :
La localisation de Clermont ne s’explique que parce qu’elle se situe au croisement de la route la plus rapide reliant la vallée de la Durolle (Lyon) à celle de la Dordogne (Bordeaux) et de celle reliant la Loire à la Méditerranée (en concurrence avec la vallée de la Saône). Les bâtisseurs de Clermont ont cependant pris leurs précautions en construisant leur ville sur une petite hauteur légèrement décalée vers l’Ouest par rapport à l’axe commercial nord-sud.
- Possibilités de déplacement sécurisé sur tout le territoire environnant pour les citadelles.
Le Crest est le site depuis lequel on peut manœuvrer de la manière la moins risquée entre les volcans et l’Allier. Les vallées de l’Auzon et de la Veyre sont les plus larges du secteur et il est facile de contourner Monton et Corent .
Le seigneur d’Alise-Sainte-Reine était tout simplement l’Evêque d’Autun ! Preuve de l’importance du lieu. A bien y réfléchir, le contrôle de la ligne de crête entre la Plaine des Laumes et la Vallée de l’Ouche ne peut être l’élément décisif expliquant la localisation de la forteresse mandubienne. Cette ligne de crête mesure plus de trente kilomètres de long et est régulièrement couronnée de petites buttes aux qualités défensives toutes aussi respectables que celle d’Alise. Ce qui fait la spécificité d’Alise, c’est précisément de se trouver à l’extrémité du relief. Elle domine l’embranchement des vallées. Grignon également mais le site d’Alise me paraît meilleur défensivement. La situation d’Alise rappelle beaucoup celle de Montmélian, la grande forteresse savoyarde.
En Auvergne le relief est vraiment différent, la région de Clermont étant coincée entre les volcans d’un côté et l’Allier de l’autre. Il ne faut donc tenir compte que des vallées crées par les affluents occidentaux de l’Allier. A hauteur de la Limagne, ces vallées sont toutes petites et n’engendrent pas de carrefour de circulation avant d’arriver dans la plaine. Les choses changent précisément au niveau de l’Auzon et de la Veyre / Monne qui encadrent le Crest ! A cette endroit, on se retrouve dans une configuration proche de celle d’Alise-Sainte-Reine. Si commercialement les vallées de l’Auzon et de la Veyre/Monne sont d’un intérêt limité, il en va autrement sur le plan militaire au vu des possibilités de manœuvres locales qu’elles offrent aux belligérants.
Idem pour le Mont-Saint-Vincent entouré d’un réseau de vallées (Grosne, Brennon, Arconce, petits affluents de la Bourbince...) permettant de circuler rapidement dans tous les sens. Comme pour Alise, le contrôle de la seule ligne de crête ne fait pas tout.
Je ne m’étais pas rendu compte que la ligne de crête qui continue au Sud-Est du Mont-Auxois se prolonge jusqu’à Sombernon et la vallée de l’Ouche ! Vu comme cela, l’intérêt militaire d’Alise-Sainte-Reine s’explique beaucoup mieux. Celui qui contrôle cette ligne de crête menace deux des principale vallées reliant l’Ouche à la Brenne. Avec ses petits plateaux et ses vallées encaissées, le relief de la région est vraiment compliqué, un vrai labyrinthe. Quelques sites importants comme Duesme et Aignay-le-Duc sortent tout de même du lot. Ce sont à chaque fois, des éperons barrés en bordure de plateau.
Il devait y avoir une forte rivalité entre Alise-Sainte-Reine et Grignon qui se faisaient face de chaque côté de la plaine des Laumes. La première dépendant sans doute de l’Abbaye de Flavigny.
La question qui se pose est de savoir si le déluge mentionné dans les textes de Basse-Mésopotamie (sumériens, akkadiens, babyloniens) est le même que celui décrit dans la Bible. L’inspiration est semblable cependant les dates ne collent pas. Il se situe vers -2900 en Basse-Mésopotamie et vers -2450 dans la Bible. Quatre siècles d’écart, cela commence à faire beaucoup pour une simple imprécision chronologique.
D’autre part, les noms qu’on trouve dans la Bible sont plutôt à rapprocher de ceux de Haute-Mésopotamie et en particulier de ceux des archives d’Ebla. N’oublions pas que le père d’Abraham était originaire d’Harran, cité vassale d’Ebla. On trouve également un roi nommé Ebrium à Ebla. Le nom du Eber biblique qui a ensuite donné celui des Hébreux vient peut-être de là. Le déluge biblique serait donc plutôt à situer dans cette région. Il intervient avant Sargon (Nemrod ?) et pourrait être le récit allégorique d’une guerre entre Ebla et Mari ayant eu lieu exactement à cette époque et remportée par la première.
Le personnage de Noé évoquerait donc la dynastie victorieuse d’Ebla et non celle de Kish. Abraham était comme en étranger en Basse-Mésopotamie. Il arrive en Canaan à l’époque où Ebla réoriente son activité vers la Méditerranée. La destruction d’Ebla à la fin de cette période peut être mise en relation avec l’expédition des quatre grands roi dans la Genèse. Orphelin d’Ebla, Abraham s’allie aux Egyptiens ! On y trouve également l’origine de la haine des Hébreux pour les Amorrites.
Les chiffres donnés par la Bible sont relativement crédibles dans la mesure où ils font naître Adam vers -4000, c’est à dire presque au début de la période d’Uruk. Ils ne faut évidemment pas non plus en attendre une trop grande précision.
Alors que les auteurs de la Liste Royale Sumérienne ont mentionné chaque roi de chaque dynastie, les auteurs de la Genèse ont résumé chaque dynastie en un seul personnage, d’où la longueur de leur existence.
Dans la Genèse, à la place de « Noé », on pourrait lire « La Première Dynastie de Kish »