Dommage que la campagne de fouilles préventives menée au Crest en 2004 sur une petite superficie soit restée sans suite car les résultats étaient plutôt prometteurs et confirmaient la thèse d’Emile sur la continuité d’occupation des sites importants.
1350, le futur roi Jean II épouse Jeanne, comtesse d’Auvergne et comme par hasard le Crest passe de la famille des Dauphins d’Auvergne à celle des Comtes alors que les deux lignées sont rivales depuis plus d’un siècle.
Quand quelques décennies plus tard, l’héritage des Comtes d’Auvergne sera dilapidé, c’est Oudart (parfois appelé Edouard) de Chazeron, chambellan de Charles VI qui récupèrera le Crest avant que celui-ci ne passe à la puissante famille de Vienne.
Une autre partie du Crest était la propriété des seigneurs de la Roche-Aymon, lieutenants des Ducs de Bourbon pendant plusieurs générations avant de passer aux Langeac qui ont fourni des sénéchaux à l’Auvergne jusqu’à la Révolution.
Qu’on ne vienne pas nous dire que le Crest était un site de second rang. Et n’oublions pas qu’à l’époque carolingienne, le chef-lieu du Comté se trouvait à Tallende, c’est à dire au pied du Crest. Et le chapitre cathédral de Clermont rendait justice en ce même lieu !
Tout comme Tallende au Moyen-âge, les agglomérations de Merdogne et de Corent était des extensions du Crest durant l’Antiquité. L’un était sans doute chef-lieu de cité et l’autre de pagus mais leur localisation ne s’explique que par la proximité de la citadelle du Crest.
Je schématise. Par contre, pas sûr que Beaune et la Côte d’Or en général aient été éduennes. Autun est effectivement à la périphérie du territoire éduen mais c’est souvent le cas des grandes villes.
Du Mont-Saint-Vincent, on a accès à la fois à la Loire et à la Saône, ce qui n’est pas le cas du Mont-Beuvray dont l’accès à la Saône est justement bloqué par les hauteurs environnant le Mont-Saint-Vincent.
Nevers non plus n’était pas forcément éduenne. Emile y voit la Noviodunum des Bituriges et pour ma part je pense que le Nivernais était aux Ambivarètes et que le nom du Mont-Beuvray vient d’eux.
Vous êtes le commandant en chef des forces éduennes, le cœur de votre territoire s’étend entre Mâcon, Chalon et Decize. Pour le défendre, vous placez votre quartier général au Mont-Beuvray ou au Mont-Saint-Vincent ?
« C’est ainsi qu’à Corent, l’archéologue Matthieu Poux n’a toujours pas rectifié les siennes malgré les découvertes récentes de son équipe de fouilles. »
Avec le cas de Gergovie on atteint la quintessence de ce système. Matthieu Poux n’étudie pas les Arvernes, il étudie avant tout le Plateau de Corent. Il ne va pas donner des arguments à ceux qui relativisent l’importance du site !
Idem pour Merdogne, c’est Gergovie parce que c’est pratique à fouiller. Vous imaginez le chantier pour fouiller au Crest à grande échelle ?
Idem en Bourgogne, Vincent Guichard n’étudie pas les Eduens, il étudie le Mont-Breuvay dont le Mont-Saint-Vincent est un concurrent.