Du côté des reconstitutions en pierres sèches, celle de Vertault est pas mal. Surtout comparé à celle du Mont-Beuvray où on a l’impression que si on retire une pierre tout va s’effondrer. Mais je serais curieux de savoir jusqu’à quelle hauteur on peut aller avec ce système.
Si on veut un vrai rempart en pierre sèches, il faut que le parement extérieur soit fait avec des blocs réguliers. Comme les remparts grecs de Marseille :
Le rempart du Mont-Beuvray est une version « cheap » de celui de Vertault réalisé avec du tout-venant. Ce qui disqualifie un peu plus ce site comme potentielle Bibracte.
Les Gaulois méprisaient la représentation des divinités sous forme humaine. Ils ont ri quand ils sont entrés dans Delphes. L’absence de statuaire en pierre ne peut donc être retenu comme argument.
Les sites comme Corent ou le Mont-Beuvray présentent des vestiges en pierre. Ce qui fait tiquer, c’est qu’ils sont systématiquement datés après la conquête romaine. Je veux bien que les Gaulois n’aient pas maîtrisé l’opus caementiciumavant l’annexion à Rome mais alors qu’on nous montre à Bourges et ailleurs des vrais murailles en blocs de pierre et non pas ces espèces de gros talus en terre à parement de cailloux.
Je n’arrive pas à comprendre comment on peut situer la citadelle de Gergovie à Merdogne et la ville à Corent ; étant donné que le plateau de Merdogne est encore plus compliqué à défendre que celui de Corent.
Oui, toutes ces installations sur le Plateau de Corent sont directement liées à la proximité de la citadelle du Crest. Par capitale administrative, j’entends qu’il n’y avait plus assez de place au Crest et que Corent a pris le relais dans ce domaine même si le Crest a conservé sa fonction militaire essentielle. Ensuite, c’est Clermont puis Riom qui ont servi de capitale administrative.
Le Crest semble avoir eu un statut assez bizarre au Moyen-âge. Alors qu’aux alentours, toutes les seigneuries dépendaient de la chatellenie de Monton ou de celle de Saint-Saturnin (dite de La Cheyre) ; le Crest paraît avoir eu un destin complètement indépendant de son voisinage immédiat. Si mon hypothèse est juste et que la forteresse du Crest dépendait directement du Chapitre cathédral de Clermont, cela appuierait fortement l’idée qu’elle était bien la capitale militaire de la région et que Gergovie a toutes les chances de se trouver sur ce site.
Pour Sephoris et Tibériade, il s’agit d’un cas un peu différent puisqu’il s’agit de deux villes à vocation commerçante. Leur cas est plus comparable à celui de Clermont et Riom.
Corent, capitale administrative, oui : temple, hémicycle, atelier monétaire, stock de céréales de longue durée...
Capitale commerciale, non. Les grands centres d’échanges devaient se trouver entre l’actuelle Clermont et l’Allier à l’image des vestiges connus d’Aulnat. C’est plutôt là qu’il faut situer la « bourgeoisie marchande » arverne. Eux étaient soumis à des impératifs de rentabilité et la concurrence était sans doute féroce.
On a là un aménagement du territoire spécifiquement gaulois qui différencie nettement les deux types de sites. Plus tard, sous l’Empire, les deux fusionneront dans des agglomérations comme Clermont et Riom.