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Terrien français né au milieu des années quatre-vingt. Passionné par l'histoire ancienne et la géographie humaine.

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Derniers commentaires



  • Antenor Antenor 22 décembre 2023 22:07

    @ Emile

    Pendant longtemps j’ai pensé que le chapiteau de Gourdon dit « de l’avarice, du désordre et la la médisance » évoquait la mort du roi Saul, dépossédé de sa couronne par l’Amalécite. Cependant, impossible d’expliquer le personnage de droite et sa grosse pierre. Et surtout le reste des chapiteaux n’a rien à voir avec cet épisode biblique.

    Ce chapiteau évoque en réalité la « folie d’Héraklès » selon Euripide. A gauche, l’Alcide est près à mettre fin à ses jours, au centre Thésée l’en dissuade et à droite Eurysthée lui donne les travaux à effectuer symbolisés par le rocher. Gourdon est une véritable bande-dessinée dédiée au héros de Tirynthe :

    Heraklès enfant tue les serpents envoyés par Héra :
    http://www.bourgogneromane.com/edifices/gourdon/GOURDONkapt_Tentation.jpg

    La captivité chez Omphale revêtue de la peau du lion de Némée :
    http://www.bourgogneromane.com/edifices/gourdon/GOURDONkapt_Daniel.jpg

    Prométhée (allégorie de la Gaule ?) enchaîné au Caucase :
    http://www.bourgogneromane.com/edifices/gourdon/GOURDONkapc_absnord.jpg

    Ses aigles persécuteurs (allégorie de Rome ?) :
    http://www.bourgogneromane.com/edifices/gourdon/GOURDONkapc_aigles2.jpg
    Peut être également les oiseaux du lac Stymphale.

    Autre chapiteau intéressant :
    http://www.bourgogneromane.com/edifices/gourdon/GOURDONkapt_combat.jpg
    Le lion Héraklès y vainc le dragon Ladon. Difficile de représenter ses cents têtes. Le sculpteur a taillé une paire d’yeux pour symboliser son rôle de gardien des Hespérides.

    Devinez qui c’est :
    http://www.bourgogneromane.com/edifices/gourdon/GOURDONkapp_Luxure.JPG

    Le chapiteau qui m’a orienté vers la mythologie grecque :
    http://www.bourgogneromane.com/edifices/gourdon/GOURDONkapp_monstresang1.JP G
    Il s’agit de Sciapodes et de leur pied disproportionné. Vu du ciel, l’oppidum de Mont-Saint-Vincent a la forme d’un grande empreinte de pied.

    Le temple de Gourdon est une version « accessible au plus grand nombre » de celui de Bibracte. A Mont-Saint-Vincent, il y a au moins trois niveaux de lecture par chapiteau : mythologie grecque / philosophique / judaïque.

    Par exemple, le chapiteau de la chouette : la déesse Minerve / l’Ame du Monde de Plotin / la Sagesse de Ben Sira.
    http://www.bourgogneromane.com/edifices/montstvincent/MONTSTVINCENTkapchoue ttes2.jpg

    Le chapiteau des lions au V : la Victoire, la Vertu, le cinq de la Torah.
    Ces lions debout semblent poser leurs pattes avant sur des jarres...
    http://www.bourgogneromane.com/edifices/montstvincent/MONTSTVINCENTkapanima ux.jpg



  • Antenor Antenor 22 décembre 2023 21:37

    @ Emile

    Au IIème siècle avant J.C., Polybe évoque les Gaulois Ardyens au Nord de la Vallée du Rhône. Les Ardyens seraient donc devenus les Eduens vers la fin de ce siècle. Peut-être que Cabillo s’appelait auparavant Caballo. Les auteurs ultérieurs parlent parfois des Eduens pour les époques plus anciennes mais c’est un anachronisme. Un peu comme si on parlait des Français au lieu des Francs à l’époque mérovingienne.



  • Antenor Antenor 16 décembre 2023 18:32

    @Rinbeau

    Le texte de César qui nous est parvenu est une copie de copie. Le récit de La Guerre des Gaules devrait donc systématiquement se plier aux interprétations que font les archéologues des vestiges découverts qui eux sont des témoignages directs ?

    Certains détails du récit de l’Exode pointent vers -1500 mais le texte est une copie de copie. Sur la base d’éléments discutables (le nom de Pi-Ramses et l’absence des Egyptiens dans le Livre des Juges), on cherche des traces archéologiques vers -1200 et on ne trouve rien. Qu’en conclure ?

    @ Emile

    Quand Héliopolis s’est réconciliée avec les Thébains, les Hébreux sont repassés sous le parapluie égyptien.

    Les « conquêtes » de Josué ne s’expliquent que dans le cadre plus large de celles de Thoutmosis I. Je me demande même si en envoyant les rescapés des Hyksos à la conquête de Canaan, Héliopolis n’a pas été tenté de se servir des lépreux comme « arme bactériologique anti-cananéenne ».

    Au sujet des Eduens : non seulement aedui c’est iudea à l’envers mais en plus cabillo est l’anagramme phonétique de iacob. Le problème est l’absence de textes quant à l’implantation judaïque en Gaule. C’est à se demander si ce ne sont pas des mercenaires gaulois revenus d’Orient qui ont développé d’eux-mêmes en Gaule une sorte de judaïsme « païen ». Un peu comme le mithraïsme à Rome.



  • Antenor Antenor 16 décembre 2023 13:56

    @ Emile

    Si on reste focalisé sur Autun, on peut effectivement penser que le texte s’adresse à Constance Chlore. Cependant le nom de Constantin apparaît bien (VIII.) et le fait que Bibracte soit mentionnée et non Augustodunum indique que le texte concerne toute la cité éduenne et pas seulement Autun. Bibracte prend le nom de Flavie parce que Constantin a élargi son soutien financier à l’ensemble de la cité éduenne et non uniquement à la colonie d’Autun.

    Cette monnaie de Postumus et son temple d’Hercules m’intriguent beaucoup. Le triple cercle sur le fronton rappelle les blasons de Chalon-sur-Saône et de Mâcon. Peut-être était-ce l’emblème des Eduens ? Le thème principal des chapiteaux de Mont-Saint-Vincent est l’homme-lion, c’est à dire Hercules. On peut donc se demander si le temple de Bibracte n’a pas été construit par Postumus.

    https://www.cgb.fr/postume-antoninien-ttb-,brm_332750,a.html

    Une autre monnaie de Postumus représente un temple plus élaboré dédié à la Fortune qu’il faudrait sans doute identifier à la plus ancienne partie de la cathédrale de Trèves.

    https://www.cgb.fr/postume-antoninien-sup,v38_0996,a.html

    Arrive ensuite le temple sur la monnaie de Constantin. Je vous rejoins pour l’identifier à la cathédrale de Chalon sur Saône. La version de l’atelier monétaire d’Aquilée est particulièrement intéressante. Le personnage ressemble à un berger et le symbole lunaire rappelle un chapiteau de Chalon.

    https://odysseus-numismatique.com/en/article/constantin-ier-follis-12/

    A ces trois temples, il faut ajouter celui de Tournus bâti par Constantin ou son successeur en souvenir de la vision du Labarum que la tradition locale situe à La Barre (Sainte-Croix-en-Bresse). Tournus est un mélange entre l’architecture de Mont-Saint-Vincent et celle de la basilique de Maxence et Constantin. Signe de l’alliance entre Rome et les Eduens.



  • Antenor Antenor 10 décembre 2023 11:11

    @ Rinbeau et Emile

    Le travail de Shlomo Sand n’est pas dénué d’intérêt mais évoque surtout l’Antiquité tardive et le Moyen-âge. Je serais d’ailleurs curieux de savoir ce qu’il pense du cas des Aedui de Cabillo. La plus ancienne version connue de la Bible est la Septante grecque initiée au 3ème siècle avant J-C. Elle ne présente pas tellement de différences avec les version hébraïques ultérieures. Ce sont plutôt les conditions de transmission durant les périodes antérieures qui posent question.

    En cherchant à la bonne période, les archéologues ont trouvé des traces de l’Iliade et pourtant le texte homérique a été transmis à l’oral pendant des siècles. Ce qui signifie que même si une bonne partie du récit biblique a également été conservé à l’oral durant une longue période, cela n’empêche pas que les évènements qu’il narre soient relativement exacts. Le texte de l’Exode fait écho à deux évènements historiques majeurs : la fin des Hyksos et l’explosion du Santorin.

    Tentons une synthèse en croisant les sources :

    La dix-septième dynastie égyptienne, originaire de Thèbes, entre en conflit avec les Hyksos venus du Levant et qui dominent une bonne partie de la Basse-Egypte. Il s’agit du premier pharaon de l’Exode qui n’a pas connu Joseph. Moïse nait à cette période. D’après Manéthon (Contre-Apion), il était prêtre à Héliopolis et s’appelait Osarseph. Les causes diffèrent selon Manéthon et l’Exode mais Moïse est exilé.

    Durant cette longue période, un nouveau pharaon apparaît. La vie devient de plus en plus dure pour les Hébreux. Il s’agit d’Ahmosis, premier roi de la dix-huitième dynastie. Chute d’Avaris, siège de Sharuen. C’en est fini de la puissance hyksos. Mais « Dieu » entend la souffrance d’Israel. Il fait monter Moïse à l’Horeb et lui montre un buisson ardent. Beaucoup pensent que ce buisson ardent est le panache du Santorin entré en éruption.

    Or, un texte appelé « Stèle de la Tempête » et daté précisément du règne d’Ahmosis évoque un phénomène météorologique hors du commun. Les fameuses plaies d’Egypte trouveraient également leur explication dans cette éruption d’une intensité exceptionnelle. Moïse retourne en Egypte et menace le Pharaon.

    Un autre témoignage majeur de l’époque est le tombeau du soldat Ahmes, fils d’Abana à El Kab où est résumé l’essentiel de sa carrière. Le dernier évènement militaire du règne d’Ahmosis est la révolte d’un certain Tetian. Chez Chaeramon (Contre-Apion) Moïse s’appelle Tisithen. Evidemment à El Kab Pharaon est vainqueur, sauf qu’il n’apparait plus dès le paragraphe suivant.

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