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Terrien français né au milieu des années quatre-vingt. Passionné par l'histoire ancienne et la géographie humaine.

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  • Antenor Antenor 10 décembre 2023 10:12

    @ Emile

    Dans le Discours d’actions de grâces à Constantin Auguste au nom des habitants de Flavie, l’auteur ne mentionne pas la nom d’Augustodunum parmi ceux qu’a portés Bibracte. J’en déduis qu’il y a d’un côté la citadelle de Bibracte à Mont-Saint-Vincent, capitale politique des Eduens avant la conquête romaine qui a été renommée successivement en fonction des dynasties impériales et de l’autre Augustodunum à Autun, colonie romaine, devenue capitale politique des Eduens après la conquête pour mieux les contrôler. Constance Chlore (et même déjà Aurélien ?) rénove évidemment Autun en priorité. L’auteur souhaite que Bibracte le soit également en rappelant que pour les Eduens, elle est la véritable Flavie (sous-entendu, ce n’est pas Augustodunum).

    La vignette à deux tours d’Augustodunum est très fréquente sur la Table de Peutinger et désigne un chef-lieu de cité. Les vignettes de temple comme celles de Reims et Chalon-sur-Saône sont extrêmement rares et doivent désigner des édifices particulièrement remarquables. Reims est utilisée comme base d’opération au milieu du IVème siècle par Julien et Valentinien. Un de leurs principaux généraux, Flavius Jovin étant rémois. Cette période paraît la plus indiquée pour y placer la construction du temple. Il faut le chercher dans la basilique Saint-Rémi. Ce qui signifie que la grande cathédrale Saint-Lazare-d’Autun n’est pas antérieure à cette époque.

    Cela remet en question mon interprétation de la ville-haute d’Autun dans le Discours pour la réparation des écoles. Si l’un des temples est bien l’ancienne cathédrale Saint-Nazaire, l’autre serait plutôt l’ancienne église Notre-Dame où je situais les écoles. Les deux édifices étant adjacents, il faudrait alors placer les écoles juste en contre-bas pour qu’elles soient contigues aux deux édifices. C’est à dire à l’emplacement actuel des bâtiments de l’évêché. On reste « sur le passage des princes » le long de la rue centrale qui monte de la porte des Bancs à la citadelle.



  • Antenor Antenor 6 décembre 2023 19:57

    @ Emile

    La cathédrale d’Autun pose problème car contrairement à Chalon et Reims, la Table de Peutinger n’y indique pas de temple particulier.

    Dans le Discours pour la réparation des écoles, il n’est question que d’Augustodunum (XIV) qui est déjà en cours de rénovation bien avancée à l’époque de Constance Chlore.

    Dans le Panégyrique à Constance, l’auteur fait référence à une anonyme ville des Eduens (XXI) qui se relève de ses ruines après avoir reçu des ouvriers bretons. Pourquoi cette ville n’est-elle pas clairement nommée ? Cet élément troublant ajouté au fait qu’Autun/Augustodunum avait déjà reçu des moyens conséquents mentionnés dans le texte précédent fait penser qu’il s’agit d’une autre ville mais laquelle ?

    La réponse se trouve peut-être dans le Panégyrique à Constantin Auguste. Le port de Cabillonum (XVIII) a fidèlement joué son rôle dans la guerre contre Maximien et on devine que s’y trouve ce que l’auteur considère comme « le plus beau temple de l’univers » (XXI). Le panégyriste veut sans doute montrer que les Eduens savent se être reconnaissants envers leurs bienfaiteurs. Chalon rénovée par Constance Chlore a été un soutien actif à Constantin. Il invite donc ce dernier à une véritable visite du territoire éduen.

    Cette visite est mentionnée dans le Discours d’actions de grâces à Constantin Auguste au nom des habitants de Flavie. Au début du texte (II), l’auteur se sert d’Autun/Augustodunum sans la nommer en rappelant sa fidélité à l’époque de Claude II. On quitte Autun à partir du paragraphe VII et nous arrivons à Bibracte/Mont-Saint-Vincent qui nous accueille les bras ouverts. Bibracte alias Julia, Pola, Florentia et Flavia. Il est plus facile de renommer fréquemment une forteresse qu’une ville. Au pied du Crest/Gergovie se trouve également un lieu-dit Julhat écrit Julia sur la carte de Cassini. Flavie désigne la cité des Eduens au sens large et leur citadelle de Bibracte au sens strict.



  • Antenor Antenor 6 décembre 2023 19:10

    L’Exode remonte sans doute à un peu plus loin en arrière que Thoumosis III. La grande bataille de Megiddo qui a eu lieu sous son règne n’apparaît dans la Bible qu’au chapitre 5 du Livre des Juges. L’explosion du Santorin et la disparition des Hyksos en Egypte coïncident à la fin du règne d’Ahmosis. La bataille de Rephidim est probablement à placer sous le règne de son successeur Amenhotep I qui ne semble pas être intervenu en Canaan. Les textes bibliques doivent être analysés avec le même recul que ceux de la « mythologie » grecque. Ils ne sont ni à prendre au pied de la lettre ni à jeter aux oubliettes. Quant à la mystérieuse manne fournie nuitamment aux Hébreux, les pharaons thébains n’avaient sans doute pas que des amis en Basse-Egypte.



  • Antenor Antenor 30 novembre 2023 14:16

    @ Emile

    Dans son Discours pour la réparation des Ecoles, Eumène écrit d’abord au paragraphe IX que les deux temples d’Augustodunum entourant les écoles en ruines, respectivement dédiés à Minerve et à Apollon sont les deux plus beaux de la ville (ou de la cité ?) et il insiste ensuite au paragraphe X en affirmant qu’ils sont les deux plus remarquables du pays.

    Cela correspond mieux à la ville-haute d’Autun qu’à Mont-Saint-Vincent. A Bibracte, on ne trouve que l’actuelle « église » Saint-Vincent. Il n’y a pas de trace écrite ou archéologique d’un autre édifice du même type. Et si à l’époque d’Eumène, la cathédrale Saint-Vincent de Chalon existait déjà et était « le plus beau temple de l’univers » alors les deux temples d’Augustodunum devaient être a minima d’une catégorie équivalente.

    Je ne vois que la cathédrale Saint-Lazare et l’ancienne cathédrale Saint-Nazaire dans la ville-haute d’Autun qui puissent répondre à ces critères. Saint-Nazaire était tournée vers le Nord-Est en direction de la ville et du théâtre auquel elle a dû succéder. Voici le Capitole / Temple de Minerve. Saint-Lazare est tournée vers les hauteurs boisées de Montjeu, équivalent du Mouseion d’Athènes. Voilà le temple d’Apollon.

    Entre les deux, se dressait l’église Notre-Dame sous l’actuelle Place-Saint-Louis. C’est donc dans les vestiges de Notre-Dame qu’il faut chercher les écoles méoniennes. Des fouilles récentes y ont d’ailleurs découvert le « tombeau du Chancelier Rolin ». Peut-être connaissait-il l’histoire du lieu ?

    Voyez la figure 14 du lien ci-dessous, la ville d’Autun par Pierre Tranchant vers 1660. Ne dirait-on pas la description d’Eumène ? A droite, Saint-Lazare et sa flèche tournée vers les hauteurs. A gauche, Saint-Nazaire tournée vers la ville. Au milieu, au front de la cité, Notre-Dame encadrée par les yeux/oculus de ces deux grandes voisines. Elle se trouve devant la Porte des Bancs, sur le passage des princes montant à la citadelle.

    https://una-editions.fr/presentation-du-site-et-des-etudes-historiques-et-archeologiques/

    https://cathedrale.autun-art-et-histoire.fr/la-ville-haute/architectures/les-cathedrales.html

    https://books.openedition.org/artehis/8271?lang=fr

    Le temple de Salomon que Julien n’a pu faire édifier à Jérusalem, il l’a peut-être fait construire à Bibracte.



  • Antenor Antenor 10 novembre 2023 20:04

    @ Emile

    A la réflexion, la présence de la déesse de l’intelligence dans cette scène est étonnante. Pourquoi elle et non la déesse de la chasse ? Intelligence (Minerve / Chouette) et lion, on se croirait à Mont-Saint-Vincent. Il y a sans doute plusieurs niveaux de lecture. Replacée dans le contexte de l’époque, l’officier romain debout à gauche peut être Merobaud, l’enfant Valentinien II et Minerve l’impératrice Justine. Et c’est peut-être Gratien qu’on voit de profil derrière les rabatteurs gaulois. Ce tombeau pourrait donc être celui de Merobaud et non celui de Jovien.

    Si les deux profils qui entourent Merobaud sont Mithra et Jésus, ce lion pourrait symboliser la discorde religieuse menaçant Bibracte et l’Empire tout entier. Comme beaucoup d’édifices du premier art roman, l’église de Mont-Saint-Vincent ne semble dédiée à aucune divinité en particulier. On pourrait tout aussi bien l’attribuer à Minerve, Cybèle, Mithra ou aux divers courants du Judaïsme et du Christianisme. Et c’est peut-être voulu.

    Si, comme je le pense, ces édifices datent de la fin de l’Empire Romain, on comprend qu’il valait mieux rendre l’aspect de ces temples le plus œcuménique possible sous peine de gros problèmes interconfessionnels. A Mont-Saint-Vincent, l’étude détaillée des chapiteaux me fait de plus en plus penser aux textes de Plotin, le deuxième grand théoricien de la « divinité » après Platon. Si c’est bien le cas alors deux candidats à sa construction sortent du lot : Gallien et Julien.

    Gallien était le fervent mécène de Plotin mais s’intéressait peu à la Gaule et en a été dépossédée par Postumus. Le cas de Julien est par contre plus intéressant. Qui mieux que l’Empereur philosophe hissé sur le pavois par les Gaulois aurait pu construire un temple dédié à la pensée néo-platonicienne dans la capitale militaire éduenne ? Merobaud aurait d’ailleurs ramené d’Orient le corps de Julien.

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