Si César avait franchi la Saône avec l’armée gauloise aux trousses, il l’aurait signalé. Et une fois la Saône franchie, il aurait encore eu à repasser le Rhône entre Genève et Lyon. En gros, il se serait mis dans la situation des Helvètes au début de la Guerre des Gaules.
La carte régionale de la répartition des céramiques (revues Archéologia HS 14 et Archéothéma juin 2012) montre un clivage net entre la zone Loire-Arroux d’un côté et la zone Arroux-Saône de l’autre. Il y a là manifestement deux peuples différents. Nous savons que Chalon et Macon étaient éduennes ; il est donc logique de placer les Eduens dans la zone Arroux-Saône.
En se basant sur le livre VIII de César, on peut placer les Ambivarètes dans la zone Loire-Arroux. D’autant plus qu’entre les noms Ambivarètes et Mont-Beuvray, il y a une forte une ressemblance.
L’unique problème étant que dans le livre VII, on retrouve les Eduens à Decize, donc largement à l’Ouest de l’Arroux. Ce problème est aisé à résoudre :
Phase 1 : les Ambivarètes occupent depuis longtemps la zone comprise entre Loire et Arroux comme l’illustre la carte. La citadelle principale de leur cité était peut-être sise sur la butte de Montenoison.
Phase 2 : les Arverno-Germains s’emparent d’un pagus (subdivision de la cité) ambivarète situé entre l’Aron et l’Arroux et renomment la capitale de ce pagus Gorgobina. Ils menacent la frontière occidentale éduenne et anéantissent même la contre-attaque éduenne à Admagetobriga (Etang-sur-Arroux / gué de la Perrière).
Phase 3 : Après la victoire de César contre les Germains, les Eduens récupèrent le pagus Aron-Arroux. Leur territoire s’étend donc désormais jusqu’à Decize où l’Aron rejoint la Loire. Ils placent les mercenaires boïens à Gorgobina pour défendre ce territoire nouvellement acquis.
Si l’ovale découvert au Mont-Beuvray par Garennes correspond à une citadelle ayant perduré au Moyen-Age, il faudrait arriver à en trouver la trace dans les textes médiévaux. Toute la question étant de savoir sous quel nom. Peut-être que la forteresse dite de Larochemillay se trouvait en réalité au Mont-Beuvray et non au Mont-Touleur ???
A l’appui de cette hypothèse, je pense enfin avoir percé le mystère du Crest au Moyen-Age. Le Crest portait sans doute aussi le nom de Château de Langeac, conservé sous la forme « Chalangeac » dans un hameau en contrebas. Le Crest appartenait aux seigneurs de Langeac qui comptaient parmi les plus puissants d’Auvergne et qui ont notamment fourni un nombre conséquents de connétables. Preuve que le Crest était bien la capitale militaire de la Limagne.