merci d’avoir répondu à mon commentaire d’hier ; nous sommes vraiment sur la même longueur d’onde...
Et effectivement, il s’agit peut-être moins de manoeuvres des USA en tant qu’entité géographique ou politique que du travail de "l’esprit libéral" et de ceux qui l’incarnent au plus haut niveau, cad de milieux de pensées et de pressions qui mènent réellement la barque.
La question serait alors de savoir si leur projet est de faire en quelque sorte succéder l’Europe à des Etats -Unis usés et déclinants... Mais c’est peut-être plus subtil et plus compliqué que ça.
J’ai été frappé jadis, pendant la guerre froide, par l’image d’une Europe-origine du modernisme mise en quelque sorte "sous tutelle" par les deux grandes puissances d’alors qui étaient elles-mêmes un peu les deux projets concurrents, les deux avenirs possible du modernisme.
Je me suis toujours demandé si elle avait pour vocation de reprendre un jour le flambeau ; mais ce serait alors une Europe bien différente de celle que nous avons connu, peut-être plus "américaine" que les américains eux-même...
Merci aussi de vos deux excellents articles sur l’Europe que je n’avais pas lu, et que j’ai découvert à cette occasion. Ils ont fait évoluer ma vision des choses...
Cet "héritage collectif français" dont vous parlez, ce petit quelque chose qui nous caractérise dans le Monde et qui nous attirait jadis le respect des autres Nations, a été en effet le leg que Monsieur De Gaulle avait laissé à la France, non seulement par l’édifice social et juridique d’après-guerre et par la doctrine Gaulliste, mais aussi par son incessant combat pendant l’occupation, qui a été beaucoup plus orienté vers la protection de la France contre le Monde Anglo-Saxon que contre le peuple allemand, malgrès les apparences.
Maintenant, changeons de logique :
regardons la France, non plus comme entité politique indépendante et autonome, cette vision d’elle un peu fantasmatique et dépassée que nous avons pour la plupart, mais comme le département, parmis d’autres, d’une grande entreprise que l’on nommerait "le Monde Occidental Libéral", cad USA + Europe pour dire les choses clairement, et dont le siège social serait évidemment outre-Atlantique.
Tout devient beaucoup plus clair : quand le département d’un groupe fait preuve de caractéristiques et de personnalité propres non approuvées par la direction, ainsi que de prétentions à l’indépendance, le siège se dépêche d’y parachuter un directeur à poigne pour mettre le holà et rétablir assez brutalement la culture d’entreprise homogène et commune au groupe, et aussi casser tout ce qui pouvait représenter les particularismes dudit département.
C’est apparemment ce qui a été réussi. Et une certaine nomination à la fonction de "Directeur du FMI" ressemble beaucoup aux trente deniers de Judas.
Quoiqu’il en soit, la fonction de l’ équipe actuelle paraît assez clairement de casser tout ce qui reste de l’héritage Gaulliste, jusqu’au point de non-retour, pour sortir la France de son particularisme et la soumettre totalement aux principes du libéralisme américain ; et ainsi de tenter de définitivement verrouiller l’amarrage de l’Europe (et sa soumission) au Monde Anglo-Saxon.
Celà n’est ni pathétique, ni pathologique, mais celà a un nom en langue française : trahison.
Trahison du Gaullisme, trahison de la culture de ce pays et de son peuple, qui ne l’a pas élu pour ça.
"Automatisation du contrôle des étrangers aux frontières" ? Qu’est-ce donc que celà ???
Vous mettez une pièce de deux Euros dans la fente de l’appareil, et le tapis roulant se met automatiquement en route pour vous embarquer dans le charter ?
Sérieusement, toutes ces mesures ne vous rappellent rien ? Rappelez-vous l’époque des grandes OPA sur entreprise, quand certains PDG, connus pour être des spécialistes de la casse, ont préparé le démantèlement et le rachat de leur propre groupe sous forme de pièces détachées.
C’est l’impression que l’on a aujourd’hui : l’équipe actuelle est là pour casser un maximum de choses. Une fois ce travail effectué, même si les nouvelles mesures se révèlent catastrophiques, de toutes façon, on ne pourra plus revenir en arrière...
merci, tout d’abord, pour votre commentaire ; tout ce qui peut faire avancer un débat est le bienvenu.
Mais celà, à condition de garder la tête froide, d’utiliser un argumentaire rationnel, et d’éviter de prendre votre interlocuteur à partie : par exemple, quand vous me demandez "Avez-vous seulement conscience de l’archaïsme de vos propos ?" qu’entendez-vous exactement par là ? Que je serais une sorte de sous-développé du raisonnement, un irresponsable immature de la pensée, et que vous seriez l’enseignant chargé de me l’apprendre et de m’en faire prendre conscience ?
Je voudrait que vous ne le preniez pas mal, car ceci est une discussion, et celà n’a rien de personnel.
Votre intervention ne pouvait mieux tomber car elle illustre au mieux, à mon sens, certains aspects inquiétants présents dans ce genre d’affaire.
D’abord, l’aspect passionnel dont je parlais plus haut, qui est très sensible dans le ton que vous utilisez ; vous vous situez vous-même clairement du côté des victimes. C’est une position assurément fort respectable, mais partiale, qui vous interdit de juger à propos d’éventuelle culpabilité : on ne saurait être légitimement juge et partie.
Quand, au delà des délinquants et des criminels vous introduisez les "pédodélinquants" et les "pédocriminels", qu’est-ce à dire ? Il y aurait donc une hiérarchie, des "délinquants plus délinquants que les délinquants", et des "criminels plus criminels que les criminels", au nom de considérations morales et sentimentales ? Celà mènerait à introduire le moralisme dans la justice et à punir le crime selon la gravité qu’il aurait dans l’imaginaire des gens ?
La pédophilie existe, bien sûr, et est assurément une chose horrible ; mais écraser, par exemple, des enfants sous son véhicule par alcoolisme ou imprudence, ou les abattre froidement dans une prise d’otage, est-ce moins grave ? Ou encore entraîner la mort de dizaines de milliers d’entre eux par famine et pauvreté en faisant du "business" ?
Et quand vous dites, par exemple, "c’est un trait commun à tous les pédodélinquants et pédocriminels", ou que vous qualifiez ces gens "d’as de la manipulation", vous donnez l’impression de parler, non plus de français ou d’êtres humains, mais d’un peuple diffus, d’espèces de créatures particulièrement maudites qui non seulement devraient être brûlées vives, mais qui sont partout, et peut-être chacun de nous...Voilà qui rappelle fâcheusement certains délires d’hystéries populaires et les anciennes chasses aux sorcières...
Quand aux documents dont vous me parlez, je voudrais être sûr de comprendre : il s’agit d’une dépêche AFP avec des détails sordides, de l’opinion d’un procureur, et d’expertises psychologiques ?
Je n’affirme pas qu’elles soient fausses ou infondées, bien sûr, mais enfin, tout celà n’est pas suffisant pour définir la culpabilité ou non de quelqu’un...Quand aux témoignages d’enfants, qu’ils puissent provoquer des enquêtes, c’est évident, mais assoir des condamnations là-dessus, c’est pour le moins dangereux !
Et enfin, l’élément le plus intéressant à mon avis, c’est le nom même de votre site : enfancedanger.com...
Là-dessus, je voudrais me faire bien comprendre : il ne s’agit pas de vous critiquer ; c’est une démarche méritoire et louable que de vouloir défendre et protéger l’enfance dans une société aussi malsaine que la nôtre, de dangers réels et nombreux , et dont le moindre n’est pas ce que l’on trouve parfois sur le net où sur certaines chaînes cablées.
Mais que l’Etat offre aujourd’hui une telle image de défaillance, au point que des gens se sentent ainsi obligés de prendre le relais de ses services, c’est un symptôme très significatif, à mon avis, de l’état de dissolution actuelle de notre société et de sa progressive clochardisation.
Il pourrait, par exemple, se créer aussi un jour, après quelques affaires d’Outreau, un "collectif de protection des innocents injustements accusés de pédophilie". Et aussi des associations pour la "promotion de la sécurité dans les quartiers et le développement des vigiles", par exemple. Et ensuite un collectif de la jeunesse injustement harcelée par la suspission et les contrôles, avec des avocats pour systématiquement porter plainte contre ces mêmes vigiles et leurs abus.
On verra peut-être un jour les associations de "pères célibataires et divorcés en colère" se crêper le chignon, par tribunaux interposés, avec des associations de défense des femmes
Et ainsi de suite, progressivement, pourrait bien se développer un climat de guerre civile "soft" entre les intérêts divergents des différentes populations, par l’intermédiaire des groupes de pressions et autres lobbies, tels des clochards se battants sur le trottoir pour un os !
Il est souvent arrivé dans l’histoire que des populaces hurlent "à mort" ; mais aujourd’hui on les voit s’organiser officiellement et se développer en institutions et en lobbies puissants comme aux USA, par exemple.
Nous ne pouvons nous empêcher d’y voir un des signes parmis beaucoup d’autres annonçant la mort prochaine de l’Etat de Droit...
entièrement d’accord avec vous ; quand la logique commerciale et l’institution sont déifiés, celà génère des réactions religieuses, dans le mauvais sens du terme : tous soupçon sur quelqu’un, coupable ou non, entraîne avant tout la notion de "souillure" de la communauté, devient "raison d’Etat", et justifie toutes les mesures possible ; il ne s’agit plus de juger, mais d’étouffer le scandale.
A quand le retour de l’ inquisition, psychologique et citoyenne bien sûr, pour traquer préventivement tout élément suspect ?