Mais est-ce pour autant la preuve définitive de la chose, et sur quoi un tel jugement a-t-il été prononcé ? Les éléments habituels, ragots, réputation, témoignages d’enfants, "intime conviction des jurés" ?
Ce qui me gêne dans votre article, c’est que, pour vous, la culpabilité de ce principal paraît définitivement établie, acquise, sans aucun doute possible ; c’est à mon avis faire preuve d’une foi de charbonnier en le système judiciaire de ce pays, assez étonnante au vu des précédents assez récents...
Et les enseignants seraient-ils donc à ce point écrasés et abrutis par une ambiance de terreur et de soumission à la hiérarchie qui régnerait dans ces milieux, pour que se soit monté dans ce collège une pétition mensongère pour mettre sa culpabilité en doute ? Auraient -ils été obligés de la signer par la force ? Celà me paraît un peu invraisemblable...
La vérité, c’est que ce genre d’affaire est la plus part du temps fondée sur des éléments très flous et ambigus, très discutables, qu’elles entraînent des réactions passionnelles jusqu’à l’hystérie, et qu’elles sont la terreur des responsables administratifs et politiques : chose naturelle dans un monde entièrement voué à la communication, où l’apparence est tout et la recherche d’aucune vérité fondée bien peu de chose en face de pouvoirs vivant dans la crainte, tout autant de la transparence que du qu’en dira-t-on.
Ce qui laisse toujours une impression de malaise dans ces cas-là, c’est que ces "jugements" ressemblent plus à des opérations d’exorcismes et à des sacrifices humains que l’on offrirait dans l’urgence à "l’ opinion publique", incarnée par les médias, qu’à une justice sereine rendue par des cours respectables, compétentes, et irréprochables...
Là où je vous suis, par contre, c’est quand vous remarquez que les éléments offerts par la presse sont généralement imprécis et toujours inexploitables pour se faire une opinion. Ce n’est pas original de le dire, mais la vocation de ce genre de média est plus d’offrir un spectacle à des clients que des informations réelles à des citoyens éclairés.
parmis les actions peut-être les plus efficaces, il pourrait y avoir une information systématique du public et un mise au grand jour des démarches de lobbiying et des groupes qui le pratiquent couramment.
Le lobbiying a besoin, pour se développer et être efficace, de discrétion, d’obscurité et d’invisibilité. La transparence et la lumière sont ses pires ennemis.
Ce devrait évidemment être le rôle d’une presse digne de ce nom, mais nous savons qu’elle n’existe plus. Il y a par contre encore de nombreux vrais journalistes, souvent frustrés et dégoûtés par ses compromissions, et qui pourraient profiter de tribunes comme Agoravox.
Que le net se mette sur ce cheval de bataille, et soit en mesure de révéler et expliquer le fond de certains processus et de certaines "affaires", que certains sites réussissent à inspirer le même respect et la même confiance que le "Canard Enchaîné", par exemple, et il pourrait alors se drainer vers lui beaucoup d’informations de premières mains, et peut-être dans ce cas en viendrait-il à acquérir une influence qui permettrait de parler réellement de sixième pouvoir.
Mais si vraiment une telle démarche se montait et qu’elle soit efficace, attendez-vous alors en retour à des réactions apocalyptiques de la part des pouvoirs que vous gêneriez, bien avant même de les menacer réellement.
Souvenez-vous du "cas" Denis Robert et de ce qui lui est arrivé pour avoir simplement révélé au public ce qui était évidemment déjà connu dans tous les milieux des professions financières ; car s’il y a une choses que tous les milieux maffieux et corrompus n’ont jamais pardonné, c’est que l’on enfreigne la loi du silence.
Finalement, la laïcité n’y change rien : Galilée continue encore aujourd’hui à se faire brûler sur son bûcher.
sujet intéressant que le lobbying ; en effet, à étudier un peu l’origine des réformes et du développement des lois qui nous touchent et modifient nos vies quotidiennement, on constate qu’elles sont dues, soit à des catastrophes ou accidents qui ont amené les décideurs à prendre des mesures, soit, pour la majorité d’entre elles, à l’influence de lobbies qui ont "poussé" telle ou telle idée jusqu’à son application.
Et je suis d’accord avec Zawgyi, non seulement il n’y a pas que les lobbies économiques, mais finalement les plus influents seraient plutôt idéologiques, sous la formes d’associations en tous genres, plus ou moins connues.
Les gouvernements eux-mêmes ne font qu’accompagner la vague, pour prendre l’avantage politique : les programmes et promesses électorales sont avant tout de la nature d’une démarche commerciale : il ne s’agit en somme que de "vendre" un parti ou un futur gouvernant en piochant telle ou telle idée pour présenter à leur clientèles tel ou tel "avantage" et servir d’argument, mais ils sont rarement à l’origine des idées elles-même.
D’où sont parties, par exemple, les lois anti-tabac, ainsi que les nouvelles mesures de sécurité routière de plus en plus draconiennes, et aussi l’idée de développer encore les contrôles automobiles ? Vous souvenez-vous d’avoir été consultés pour celà, y a-t-il eu référendum pour dégager une majorité là-dessus ? Celà ne vous a jamais étonné ? C’est peut-être là le résultat d’un travail souterrain d’associations que nous connaissons peu, et qui a pu durer des années, et de l’affinité qu’ont eu avec elles certains membres du Gouvernement.
D’où part chaque année, autre exemple, l’idée de cette véritable chasse et au contrôle sur la route des magrébhins à l’occasion de leur fête du mouton, pour voir s’ils n’en ont pas tué un sans passer par un abattoir officiel ? Rendez-vous compte : on mobilise en grand nombre des forces policières et de gendarmeries pour ça ! Et celà a bien sûr un coût... Il se pourrait que celà soit la marque de l’influence caractéristique de certains milieux de défense des animaux, entre autres.
Il ne s’agit là que de petits exemples qui me viennent à l’esprit car je les ai trouvé frappants et concrets, mais qui sont bien sûr sans réelle gravité en eux-même ; on peut même trouver ces mesures utiles, il ne s’agit pas de juger les causes et opinions de telle ou telle association. Il serait évidemment plus intéressant de rechercher les raisons réelles qui font pencher les budjets publics vers tel ou tel projet...
C’est le principe qui est grave, car d’une part il n’est autre finalement que la reconnaissance du fait qu’il ne s’obtient rien chez nous autrement que par la manipulation, et d’autre part qu’il consacre le pouvoir que peuvent obtenir, dans ce genre de système, des gens en minorités parfois infimes mais décidés, organisés, tenaces et agressifs, militants en un mot, sur une majorité inconsciente et paisible.
C’est le pire argument de réfutation qui puisse exister contre le principe de démocratie de nos pays : un système où les gouvernements ne gouvernent pas, ne sont pas au service de la majorité, mais ondulent en ménageant à droite et à gauche les groupes de pressions les plus actifs, parce qu’il dépendent d’eux. Et où les sources et les origines réelles des idées et des tendances responsables des évolutions et des influences que nous subissons nous sont inconnues, car issues des milieux les plus souterrains et les plus interlopes qui soient. Les USA en sont un cas d’école, bien sûr, mais celà se passe aussi chez nous.
Et celà tendrait malheureusement à prouver que vos votes, Mesdames et Messieurs, ne servent rigoureusement à rien : car vous n’élisez pas ceux qui ont réellement le pouvoir, et qui sont à l’origine des changements et des orientations de notre société, ceux qui maîtrisent réellement les choses, mais seulement leurs portes-paroles, ceux qui sont chargés de mettre ces orientations en oeuvres.
merci de votre saine et très raffraichissante intervention.
On peut penser ce que l’on veut de ce qui se passe au Thibet, mais, comme vous le faîtes très justement remarquer, les éléments fournis par les médias sont souvent pipés et loin d’être au dessus de tout soupçon et il est difficile de se faire une opinion sur des éléments aussi incertains.
Quoiqu’il en soit et de toutes façons, même si vous avez eu la politesse de ne pas le souligner, il est absolument ahurissant de voir des occidentaux ou assimilés se mêler de faire la leçon aux autres, en particulier à un pays comme la Chine, en oubliant que leurs propres pays européens aient envahi le Monde, se le soient partagé et l’aient colonisé pendant deux siècles ou plus jusqu’à il y a à peine cinquante ans, ou qu’il continuent de le faire sous de faux prétextes ou par dictateur interposé, comme les USA aujourd’hui, par exemple.
C’est pousser vraiment loin les limites de l’hypocrisie et de l’inconscience !
L’auto-détermination des peuples n’était pas vraiment d’actualité il y a un siècle, que je sache, ni en Algérie française, ni aux Indes ou en Irak britanniques, ou même en Indonésie hollandaise, par exemple ? Et les moyens utilisés à l’époque pour mater les rebellions étaient des expéditions punitives et des massacres d’une toute autre échelle que ce à quoi l’on assiste aujourd’hui au Thibet...
Je voudrais me faire bien comprendre : je ne soutient évidemment pas une occupation chinoise du Thibet.
Mais j’aimerais simplement que les peuples occidentaux dont je fait partie comprennent qu’ils ont fait beaucoup de bruit au cours des siècles précédent, et qu’il serait peut-être temps de se montrer plus discrets, plus modestes, et peut-être même, si celà ne leur parait pas un rabaissement trop monstrueux, d’aller jusqu’à écouter un peu les autres...
Et pour en revenir à votre article, cher Gumma, votre dernier paragraphe est une véritable flèche du Parthe ! Quelle question ! Allons, si vous, Chinois, vous vous mettez à gagner au jeu dont nous, nous avons défini les règles pour être les seuls à le faire, alors on arrête tout, évidemment, et on change les règles. Et celà avec des visages pénétré de vertus et de dignité...