Travailler plus pour gagner plus ? La forme même des pyramides d'Egypte, nous enseigne que les ouvriers, et ce dès la plus haute antiquité, avaient développé une tendance naturelle à en faire de moins en moins.
Je ne sais pas. Honnêtement, je serais à la place de Daniel Bouton, je préférerais mille fois avouer 7 milliards de pertes au lieu de 2 sur les subprimes (demandez à l’Union des banques Suisses et d’autres si ce n’est pas possible) et taire la "couillonade" Kerviel.
Les subprimes c’est mondial, tout le monde a trinqué. Personne ne risquait sa place. Kerviel ça fait beaucoup plus mal, pour l’actionnaire, pour le client de la banque, pour l’agence de notation... Parce que c’est carrément la confiance qui s’envole, le sérieux remis en cause...
Les volumes de ventes de la SocGen débouclant ses positions au cours des trois journées du 21,22 et 23 sont vérifiables. Les stats Eurex montrent bien l’augmentation anormale du volume de contrats traités lors de ces 3 journées.
Je pense que Daniel Bouton a dit la vérité et qu’il a fait la seule chose possible, couper ses positions. Je constate qu’il n’a pas dit "toute" la vérité, à savoir comment JK a réellement fait, avec quelles complicités, pourquoi les contrôles ont été laxistes, etc. Le savait-il seulement ?
Au fond, d’une part, ce ne sont pas des choses qui se mettent comme ça sur la place publique et enfin il y a des gens spécialisés à la brigade financière pour enquêter sur tout cela. Espérons qu’il en sortira quelque vérité, et quelques sages enseignements, au delà de l’individu Kerviel, assurément le premier coupable mais, petit pion dépassé par un système, loin d’être le seul.
Il serait dans le top des plus grosses pertes avouées de l’histoire. Mais dans ce genre de turlupinades, derrière le palmarès officiel, il y a un palmares officieux. Je connais peu de banques qui publient leurs avatars de trading quand elles peuvent l’éviter. Tout est fondu dans la masse, les plus et les moins.
Quand au montant de 480 millions c’est lourd mais pas irrémédiable. Selon leur communication financière "au deuxième trimestre 2007, la banque de financement et d’investissement de la SocGen a enregistré une hausse de 16,9% du produit net bancaire (PNB), à 2 milliards d’euros" (Les Echos du 2 août 2007).
2 milliards d’euros de PNB en 1 trimestre ! Il y a vraiment quelque chose de pourri dans le capitalisme financier, dont Kerviel n’est que le minuscule, minuscule pion. C’est le procès du système lui même qu’on devrait faire. Non ?
Merci pour l’éclairage. Effectivement, je pense que Bouton ne pouvait pas savoir mais que certains supérieurs de JK eux savaient forcément et laissaient faire. Même si un arbitragiste (jouant sur de minuscules anomalies de marché et sans risque) manipule beaucoup d’argent, je pense que 50 milliards devaient dépasser la limite allouée à Kerviel, petit trader et même pas polytechnicien...
Cela-dit avouer une position unidirectionnelle de 50 milliards même gagnante de plusieurs milliards, c’était la porte pour toute l’équipe et pour faute lourde. On a donc matelassé tout ça, avec je pense quelques sueurs froides, et l’espoir de ramener le gain à quelque chose de plus "présentable".
Après tout a défilé trop vite. Il faut dire que sur 50 milliards le point de baisse est "coquet" (500 millions). Et quand on sait que les bourses ont perdu plus de 10% en quelques jours... pas de bol. Après c’est le passage en négatif, l’engrenage des appels de marges, la reconstitution du deposit tous les soirs et les sorties de cash, avec en prime toutes les alarmes d’Eurex Clearing. Forcément, les contrôles des engagements et des couvertures sont vite redevenus pointilleux.
Notez qu’ils ne s’en tirent pas si mal. Imaginez que les bourses aient plongé de 20% entre le 1er et le 21 janvier (ça c’est déjà vu), l’addition aurait été de 10 milliards de pertes. Du siège de la SocGen à Bercy on doit encore en frissonner...
Il ne peut y avoir de positions différentes ce que vous achetez un ou des vendeurs le vendent et vice versa. La chambre de compensation garantit la bonne fin des transactions mais ne prend aucune position.
Dans votre exemple la contrepartie est un vendeur et un acheteur. Quand la perte de l’acheteur (admettons que le marché baisse) excède son deposit, la chambre de compensation fait un appel de marge pour remonter le deposit (aux environs de 10%) de la position. Comme ça le vendeur est certain d’être honoré, le jour où il rachète à cet acheteur.