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Argoul

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  • Premier article le 07/09/2005
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Ses articles classés par : ordre chronologique













Derniers commentaires



  • Argoul Argoul 16 octobre 2006 22:01

    « Sainte-Ségolène » oui, en « mission » quasi divine, bien sûr. Je ne crois pas que cette dévotion vienne de la candidate : elle en joue mais ne l’a pas créée (la mitterrandolâtrie existait déjà avant elle).

    En revanche, cet appel au « ciel » ou à l’Idée (socialiste) me semble particulièrement régressif de la part des militants : remplacer le débat « politique » - nécessairement contradictoire et qui n’avance qu’avec des compromis (voir par ex. Mendès-France, Rocard, Delors, Pascal Lamy) par l’affirmation d’un Dogme, c’est (vous le dites) rejoindre certaines religions du moyen-orient qui mêlent Dieu et César.

    Mon avis est que le monde fait peur à ces socialistes-là. Ils ne le comprennent pas puisque le marxisme, comme système d’explication du monde actuel, a explosé en vol (la Chine reste « communiste » mais utilise en virtuose « l’outil » capitalisme). Ils cherchent donc la consolation dans la dévotion comme les mémères qui vont brûler un cierge.

    Ca passe ou ça casse. Si ça passe, attention aux déceptions, la vile réalité étant toujours autre que le rêve prié... Si ça casse, cela fera des abstentionnistes ou des désespérés des extrêmes. Pas des citoyens en tout cas. La faute au parti qui ne fait aucune pédagogie, préférant les petits jeux entre énarques.



  • Argoul argoul 13 octobre 2006 14:45

    Gem - Iconographie : pour moi les images sont destinées à apporter quelque chose de plus au texte. Elles ne sont pas choisies par hasard. Dans ce texte trop sérieux, elles visent à relativiser, à dépasser le blocage du sérieux, en bref à manifester ce que certains appellent l’humour. Je suis mauvais juge du résultat, étant partie à son élaboration. Mais je constate sur le fond que le trollisme et les habituelles « injures » des Croyants de l’antilibéralisme-antiaméricanisme-anticroissance-antitout ne sont pas au rendez-vous des commentaires. Et c’est d’autant mieux pour la qualité des débats. Alors, « femme à poil », pas vraimant, elle est surtout « repliée sur elle-même », donc seuls ses membres se voient ; en Occident on a l’habitude de les laisser nus - peut-être est-ce aussi pour cela qu’hors de l’Occident on nous accuse de pornographie ? Intéressante perspective ouverte par cette image... Juppé en SDF canadien : il s’agit de la dérision d’une dérision, chacun sait que « pour les élites, tout va bien merci » (c’est dans le texte) ; certains ont déplorés ce « pauvre » Juppé (homme que je respecte par ailleurs) exilé au fin fond du Canada (comme si c’était le désert de Gobi, pour les condescendants du bd St-Germain) ; chacun sait désormais (d’autant que c’est fini) que cet « exil » fut plus que doré et ma foi fort agréable (c’est Juppé qui le dit). D’où la dérision de l’image : l’élite chassée ne vit pas comme le lambda chassé de son boulot (avec 425 euros par mois d’ISS) ! Pour le reste, vous ne parlez ni de la citation de Ducasse (en image) ni de l’ineffable Sollers trônant Brasserie des Lilas...

    Dealbata ou Petit - chute : vous attendiez un programme politique ou un nouveau Messie, désolé de vous décevoir. Si j’étais cet homme politique, je m’efforcerais de ne parler que de ce que vous aimez entendre et ne passerais pas mon temps à lire des revues qui fâchent. Si j’étais Messie, je ne ferais aucun effort d’écrire sur Agoravox mais me contenterait d’exploiter les charmantes « images » qui graviteraient autour de mon auguste personne. Non, rien de tout cela. je crois en revanche que la « politique » vaut mieux que la « croyance » pour gouverner une société. Par « politique », j’entends le débat ouvert et l’échange d’arguments sur la vie de la cité. Comme en Grèce ou aux Etats généraux de 1789, quoi, ou même au Sénat français si l’on s’y intéresse. Pas comme les médias et leurs petites phrases. « Apprivoiser le loup offre le temps de trouver des solutions adaptées qui nous conviennent, d’en débattre les compromis acceptables et leurs contreparties, et d’en faire assez tôt la pédagogie. » Voilà ce qu’est la politique : considérer le monde qui change et débattre de comment nous allons nous y adapter pour survivre en gardant ce qui fait ce que nous sommes. Contrairement au jugement péremptoire et non argumenté de Petit : « décliniste » je ne suis pas. Steve a raison : « on » (les politicards) n’expliquent RIEN parce qu’ils préfèrent vivre leurs privilèges et se goinfrer dans le fromage. Question d’institutions monarchiques, je crois, une fois assis, indéboulonnables ! Comme après avoir passé un concours ou pris brevet de « noblesse » à l’ENA. Vous êtes « arrivés » et nul ne peut plus rien contre vous. Ronny : « quel grand projet nous propose-t-on ? » - Justement aucun, c’est là le problème « politique » en France (et Kereven a raison), un immobilisme de vieillards (ce pourquoi je ne peux être d’accord avec le soutien de Steffy à JM Le Pen). Cet article est le premier d’une série de 4, dont les autres ne sont pas (encore ?) parus sur Agoravox. Comme je ne suis pas tout seul à écrire (et c’est heureux) je suis sur liste d’attente pour l’offre politique qui suit cet article général : la droite, la gauche, modifier la constitution. Les impatients iront directement sur mon blog : http://argoul.blog.lemonde.fr

    Joe, IPxxx avec photo (aucun nom !), Johan, etc. - Libéralisme. Toujours le gros mot qui fâche alors que personne ne semble savoir ce que c’est. Le libéralisme a été inventé par les Français avec Montesquieu et Voltaire, peut-être après le Hollandais Spinoza si on en croit certains ; il est passé du politique à l’économique puis au social mais, comme l’a montré Alain Touraine, économique et social ont divorcé depuis une dizaine d’années. Le « libéralisme » économique dit « pur » n’existe que dans les fantasmes des paranos. Nul pays ne pousse aux extrêmes le laisser-faire, laissez-passer, tout le monde il est beau et autres fariboles. Même - et surtout ! - aux USA. Si ce pays était « libéral » ultra, on n’entendrait JAMAIS parler du Président ni de l’Etat, chacun se débrouillerait comme il voudrait dans son petit coin. Lire par exemple ma note sur Agoravox « le capitalisme n’est pas un modèle de société ». http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=4014 ou « qu’est- devenue la jeunesse du monde ? » http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=4231

    Alors, quoi entendre par ce « libéralisme » ? Nous sommes tous d’accord sur 2 points :

    1/ l’initiative individuelle vaut bien mieux pour les libertés comme pour la prospérité que le diktat d’irresponsables d’Etat, la chute de l’URSS et la conversion de la Chine sont là pour le prouver « Chine un capitalisme communiste » http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=4222), alors que le marasme de Cuba (il suffit d’y aller) et la paranoïa aigue de la Corée du Nord montrent à l’envi qu’on a surtout pas envire d’y vivre ;

    2/ le libéralisme « sauvage » n’existe pas. Le fantasme très « guerre froide » du n"importe quoi soutenu par la loi de la jungle des pétroliers texans est pour les gogos. Même aux Etats-Unis, le droit et la loi l’emportent sur les intérêts individuels : pourquoi croyez-vous que la bourse de New-York veuille racheter Euronext ? Parce qu’après les détournements d’Enron, la loi est devenue si tatillonne et les contrôles si fréquents que les entreprises préfèrent la liberté relative européenne aux contraintes de legacy américaine. N’oubliez pas que les USA sont le paradis des lawyers ! L’Etat existe aux Etats-Unis, il suffit de regarder ce que fait George W Bush pour s’en rendre compte. Chez nous, la régulation à nos préférences. Point trop d’Etat mais là où il faut : la justice, l’école, l’armée, la sécurité des habitants. On ne peut que constater qu’avec des prélèvements obligatoires parmi les + élevés d’Europe (et une TVA proche du top), nous avons des prestations d’Etat à peine dans la moyenne européenne. Il y a donc problème ! Les pays scandinaves ont eu les mêmes problèmes, tout comme les Anglais, les Allemands et les Italiens. Tous ont réussi à changer (avec chacun leur style) quelque peu la dérive : sauf nous. Par immobilisme politique, par tabou idéologique, par lassitude de vieillards. Car nous avons AUSSI la classe politique parmi la plus géronte d’Europe ! Ce n’est pas chez nous qu’un chef d’Etat quitte le pouvoir, après 10 ans de règne, et à 54 ans seulement (mais en Angleterre).

    Il y a donc beaucoup à faire et cela démontre que notre classe politique se moque éperdûment des citoyens qu’elle se contente de manipuler par des slogans grossiers.

    Lartiste, Céline - la France pays moyen, les étincelles de l’intelligence française, l’outil de production : eh oui, nous ne sommes plus le nombril du monde comme aux temps de la Révolution (1ère puissance démographique d’Europe !), même si nous gardons un brio intellectuel qui vient de notre passion pour la chose politique et pour l’écrit. Bien que conservant le 2ème réseau diplomatique au monde, juste derrière les USA, nous n’avons même pas le quart de leur puissance, il y a donc divorce entre ce que nous croyons être et ce que nous sommes vraiment. Et là les politicards ont fauté, tout comme l’école qui n’apprend pas grand chose de ce qui importe (les manuels raisonnent toujours en comparaison de tonnes d’acier, comme au temps de l’URSS !). La production crée des outils nouveaux là où des besoins nouveaux apparaissent : pas en France ni dans une Europe repue, au chômage ou vieillsante (on a plus besoin de services maternants que de nouveautés quand on est vieux, on a besoin du minimum quand on chôme, et surtout pas de bagnole, de livres chers ou de disques). Tangoypiano a bien complété la note par son commentaire sur la démographie.

    En revanche, JP, tu te trompes : si la productivité française est en effet l’une des meilleures du monde, la lecture des statistiques est trompeuse. Il s’agit de la productivité PAR TRAVAILLEUR, pas par membre de la population active. Ce qui fait « l’excellence » française dans ces classements ? Mais le CHOMAGGE MASSIF bien entendu ! Plus la faiblesse chronique de l’investissement. Faire le même travail, avec moins de gens et de capitaux investis, c’est ça la productivité. Mais tout économiste ne considère pas cette mesure comme le nec plus ultra d’une économie... C’est plutôt le niveau de vie par tête qui importe. Et la France a choisi de garder à peu près le niveau de vie au prix de la dette. Décourager la création d’emplois par des règlementations plus rigides qu’ailleurs, mettant ainsi les moins de 30 ans, les + de 45 ans et les non-qualifiés au chômage massif, tout en redistribuant des subsides. Comme ça : pas de fâcherie avec la CGT (qui ne défend que les gens à statut public ou les inclus à contrats des grosses boites), pas de grogne des fonctionnaires (voyez, le chômage vous guette si vous quittez le statut, on vous paye peu mais vous êtes protégés, donc fermez-là), pas de muleta agitée devant les extrémistes de gauche qui ont les « manifs de Damoclès » éternellement suspendues au-dessus des têtes socialistes (les chômeurs ne sont pas gauchistes, ils veulent seulement du boulot). Seulement la dette, hein, elle ne peut avoir qu’un temps ! Et il semble que nous y sommes...

    Réponse très longue mais commentaires de qualité. Merci à tous ! C’est assez rare pour le noter.



  • Argoul Argoul 12 octobre 2006 04:51

    Je ne suis pas linguiste et n’ergoterai donc pas sur la « nouveauté » (d’il y a un siècle) de l’écriture melvillienne. Dans Moby Dick, je ne suis pas certain qu’elle soit « automatique », sauf si l’on considère la traduction de tout ce qui advient en symboles bibliques, mais là c’est plutôt la pensée qui est « automatique ».

    On écrit ici ou là que les « commentaires » ne sont pas seule critique pour dire ce qui ne va pas mais apportent leur contribution au débat. Je ne doute pas un instant que les spécialistes tels DW auront à coeur de nous éclairer sur cette écriture melvillienne.

    Pour ma part, je le dit tout uniment, la « nouvelle traduction » est l’occasion de parler à nouveau de Moby Dick, pas une fin en soi. Après la traduction de Giono d’il y a un demi-siècle, revoir le texte dans une collection de qualité est l’occasion de relire un classique, ce que l’on fait trop peu une fois adulte. Le titre de cette note est donc partiellement « trompeur », j’en conviens : il lie cette note sur Moby Dick à l’actualité (dont Agoravox est friand) mais ne glose pas sur la spécialité linguistique.

    Je ne suis pas non plus psychanalyste, je ne m’étendrais donc pas sur l’homosexualité de Melville. Elle irrigue son oeuvre et s’explique aisément par sa vie, que je rappelle dans la note : orphelin de père, mère abusive, tenté dès 19 ans par la vie uniquement mâle de marin, explorant les petits garçons anglais (je ne sais jusqu’où...), avant de revenir à la marine. Quiqueg est sans conteste « le » compagnon chéri du bateau mais, sauf le cadeau symbolique du cercueil qui le sauvera, rien de plus à voir avec l’histoire. Moby Dick est la Trique mâle dont la queue redoutable flagelle les hommes qui l’excitent. On peut aligner ainsi des symboles sexuels à l’infini. Ils sont sous-jacents, certes, mais n’emportent pas le livre.

    Tenu par le format d’une page à ne pas dépasser, l’auteur de l’article ne saurait tout dire. Seulement son plaisir d’avoir été replongé dans cette oeuvre ; traduite en français de façon lisible et cohérente, sans anachronismes (donc on parle bien de « cannibales » et de « sauvages ») ; imprégnée du messianisme Ancien Testament dont les Américains régurgitent les remugles aujourd’hui encore (à nos yeux plus laïcs ébahis).

    La lutte prométhéenne du Blanc, raisonneur, volontaire et encyclopédique, incarnée avec excellence par l’Amérique depuis le 19ème, trouve ses limites symboliques dans les « commandements de Dieu » d’un vieux livre. Il est intéressant de le comprendre. Donc de relire Moby Dick.

    Après, comme dans tout chef-d’oeuvre, chacun y trouve sa provende : de beaux jeunes marins, la vie entre hommes, l’écriture alternant entre récit haletant, digressions encyclopédiques datées, scènes de dialogues cinématographiques, délires mystiques, enfin la mer immense et tout ce qu’elle contient, son horizon infini et la solitude de l’humain face à la nature.

    Avec tout ça, si je vous ai incité à lire et relire, bonne lecture !

    PS pour Baudelaire-bis : les membres des Ambassades reçoivent une formation aux usages locaux, afin de ne pas choquer les hôtes ou leurs invités. Nulle crainte à avoir (mais vous ne pouvez tout savoir).



  • Argoul Argoul 29 juillet 2006 12:24

    Pour Cambronne 28 juillet - Les litanies des « croyants » qui se répondent à coup de battes lestées et pas avec des arguments fait de l’ombre à votre commentaire et c’est dommage. C’est l’un des symptômes de « ramollissement » de ce qui faisait l’esprit français dans les siècles où la France avait quelque chose à dire au monde. Aujourd’hui, où est le « débat » ? Entre universitaires enfermés dans leurs tours d’ivoire à statut ? Entre rares intellectuels sur certaines radios à des heures impossibles aux salariés ordinaires ? Même les journaux dit « sérieux » ont beaucoup de mal avec l’irrationnel, les théories du complot, l’anti-américanisme « de rigueur » et l’économie version 19ème repensée écolo... Je rends compte d’un livre qui vient de paraître en édition de poche. Voilà « pourquoi aujourd’hui » je parle de Némirovsky (dont je n’avais pas aimé « David Golder »). J’ai failli écrire une note sur « L’étrange défaite » de Marc Bloch, que vous citez, au moment de notre défaite-mais-de-n’est-pas-de-notre faute et du Zidane a fauté-mais c’est l’Italien-qui-a-commencé. J’ai trouvé que cela serait peut-être trop provocateur. Mais, puisque vous le citez, c’est bien Marc Bloch qui parle en 1939 de « gouvernement de vieillards » (quel âge, déjà MM. Chirac, Jospin ou Fabius ?) et qui écrit « La cité étant au service des personnes, le pouvoir doit reposer sur leur confiance et s’efforcer de la maintenir par un contact permanent avec l’opinion. (...Qui) ne doit être ni violentée ni dupée, et c’est en faisant appel à la raison que le chef doit déterminer en elle la conviction. » La cause directe de la défaite de 40 ? « L’incapacité de commandement » p.55 des chefs « alourdis par des années de bureau et de pédagogie » p.60 « Nos chefs n’ont pas su PENSER cette guerre... le triomphe des Allemands fut, essentiellement, une victoire intellectuelle » p.66 « Les Allemands ont fait une guerre d’aujourd’hui, sous le signe de la vitesse... nous n’avons pas su ou voulu en comprendre le rythme... (préférant) renouveler les combats familiers à notre histoire coloniale » p.67 « Nos soldats ont été vaincus... avant tout parce que nous pensions en retard. » p.78 « Nous avions donné notre foi à l’immobilité et au déjà fait » p.79 « L’ordre statique du bureau est, à bien des égards, l’antithèse de l’ordre actif et perpétuellement inventif qu’exige le mouvement » p.90 « La manie paperassière » p.126 « la peur de mécontenter un puissant d’aujourd’hui ou de demain » p.127 Les « schémas verbaux » p.147 et « parti-pris » p.148 « Notre commandement était un commandement de vieillards »p.155 « Jusqu’au bout notre guerre aura été une guerre de vieilles gens ou de forts en thèmes, engoncés dans les erreurs d’une histoire comprise à rebours... » p.158 Je m’arrête là : vous aurez vu sans peine les analogies entre la France « fatiguée » de 39 et la France « vieillissante », hédoniste et passablement « moisie » (Ph. Sollers) d’aujourd’hui. La bureaucratie, la révérence envers l’Etat et les vieillards, la croyance aux « bonnes vieilles » recettes des années 60, au « yaka » volontariste en économie, l’ignorance crasse des autres pays (du Japon à l’Amérique en passant par l’Inde, la Chine, le Brésil...), l’arrogance scolaire des élites « arrivées », la ligne Maginot universitaire de la bien-pensance, arrêtée fin 19ème en économie et à Victor Hugo en politique, l’histrionisme diplomatique de qui croit encore commander les hussards de Napoléon... Oui, Irène Nemirovsky décrit des portraits sociaux éternels, comme Balzac, mais surtout (et c’est ce que j’ai voulu dire) sa description vue de l’extérieur (elle n’était pas « française ») donne du pays en période de stress une image qui pourrait fort bien se reproduire demain ! Car les acteurs sont bien les mêmes, les méthodes n’ont guère évolué, les gens restent égoïstes et rassis, prêt à tout croire en cas de panique. Il suffit de lire les commentaires lamentables de certains sur ce blog, comme si être français constituait une « race » pourvue de « qualités » essentielles (dont N. Sarkozy serait « naturellement » exclu - tout comme D. Strauss-Kahn L. Fabius et J. Lang je suppose, pour constater que la « fraternité nationale » et les « valeurs de la France » (que Jean Guéhénno dans « Journal des années noires » dit très bien) ne sont que des mots pour les tribunes. Dans la réalité, hein, c’est du vent ! Il y a eu bien peu de Jean Moulin...



  • Argoul Argoul 13 juin 2006 12:42

    Pour Marsupilami

    Oui, très pertinent, ce commentaire sur temps court et temps long. Très véridique aussi. La « génération 68 » cétait pour faire court, je m’y mets aussi alors que j’étais un peu jeune pour les barricades... Cependant, cette génération 68 réagissait justement (et à juste titre) contre une société figée, avec pour thème « le mouvement », la décoince, le direct, voire le spontané. Où sont ces belles valeurs aujourd’hui ? Elles se sont figées, sclérosées chez la plupart des 68tards.

    Je n’en vois qu’un qui reste vert, tel qu’en lui-même Mai 68 l’a révélé : Dany Cohn-Bendit. Lui garde ses convictions de jeunesses, mais il les agrde vivantes, adaptées au monde tel qu’il est et non tel qu’il « devrait » être selon les canons de la pensée 19ème, toujours en cours chez nos « socialistes » ou « écologistes », ex-gauchistes trop lourds pour courir devant les CRS et rangés moralement des voitures.

    Qu’attend donc cette génération « mouvement » pour s’y remettre, dans le temps court du mouvement ? C’était pourtant sa raison d’être !

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