Non mais JR le mec il habite aux Indes ! Alors je veux bien croire que vu de loin, il ait l’impression qu’il y a des débats d’idées en France lors des élections, mais vu de près, les choses sont un peu différentes.
Il y a aussi des gens qui haïssent les élections de masse, car cela fout la merde lors des repas de famille, notamment. Et la famille c’est important pour beaucoup. Pourquoi devrait-on plus prendre en compte l’avis de JR qui habite aux Indes, que celui de Français qui habitent en France, qui font leur travail et qui voudraient qu’on leur foute la paix avec la politique ! Si JR veut peser dans la politique française, qu’il revienne déjà en France, après on en discutera !
Maintenant pour ce qui est du cumul des mandats, oui il faut limiter dans le temps, mais il est dommage de se priver arbitrairement de l’expérience qui s’accumule lors de mandats. Après tout, le peuple n’a-t-il pas le droit de capitaliser sur des politiciens compétents, lorsqu’ils se présentent ?
J’espère que tu te rends compte qu’il y a un problème. À partir du moment où tu restes dans l’élection de masse, tu es soumis aux médias de masse.
Mais ce n’est pas le seul problème.
Déjà il y a le problème qui en découle, qui est la corruption des élus. Les candidats qui sont élus avec l’aide des médias de masse se doivent de renvoyer des ascenseurs, c’est normal.
Il y a aussi les problèmes dont on parle moins, par ce qu’ils touchent des gens pas très recommandables, j’ai nommé les politiciens professionnels.
Pour être repérés ils doivent soit être des apparatchiks, soit se taper une vie médiatique intense, au détriment notamment de la vie de famille. Et là c’est facile pour le français moyen de dire « tous pourris », car a-t-il conscience des sacrifices à consentir pour avoir une vie publique ?
Il faut porter un masque, tous les jours, même sans COVID, le masque de l’acteur qui doit renvoyer une image, apaisante, à l’électorat moutonnant.
Car ce qu’il faut voir, c’est que le candidat est extrêmement exposé. Et là que ce soit du deux tours majoritaire ou du Condorcet ça ne change pas grand chose, d’un point de vue humain.
On pourrait aussi évoquer le problème de la responsabilité, du lien entre les représentants et les représentés, quasi-nul dans les scrutins de masses anonymes.
C’est là qu’il faut faire appel au génie démocratique, institutionnel. Lorsque que je dis génie, je ne dis pas forcément 160 de QI, je dis simplement que les choses commencent à devenir intéressantes lorsque l’on commence à assembler des concepts qui pris séparément ne cassent pas trois pattes à un canard. Mais qui, bien agencés, peuvent nous procurer quelque chose de profond.
Je m’explique.
La difficulté que vous présentez — quid des gens qui ne veulent pas, qui ne peuvent pas, ou même qui ne savent pas comment choisir un représentant politique — doit être l’occasion de croiser le tirage au sort avec un autre concept — à mon avis beaucoup plus faible, mais je sais d’expérience qu’il est beaucoup plus populaire —, celui de la reconnaissance du vote blanc.