Oui, en 68 un garçon qui atteignait ses 21 ans était plus émancipé, avait plus de droits que sa mère qui l’avait mis au monde et éduqué.
Cette situation a duré des années sans que cela ne gênent les pères, les maris, les enfants ou les petits enfants mâles.
En mettant la majorité à 18 ans, cela permettait aux jeunes d’acheter à crédit, je me souviens à cette époque les commentaires des marchands de voiture et des directeurs de banque. Donner plus de liberté pour consommer mais certainement pas donner plus de liberté pour vivre dans une vrai démocratie. L’américanisation des esprits battait à plein régime. En 2008, on voit le résultat. les jeunes de 18 ans sont majeurs sur le papier mais dans la vie, la plus grande majorité dépend de maman et de papa.
De cette régression sociale, on n’en parle que trop peu. Les jeunes ont la liberté de consommer mais ils sont encore très loin d’être émancipés.
Ce qui m’étonne, c’est la découverte par certains des intervenants que nous ne sommes pas en démocratie.En France nous n’avons jamais été sous un régime démocratique réelle, la classe dominante est généreuse mais pas partageuse surtout au niveau de son pouvoir.
C’est triste de constater que l’absence de 30% de la population (les pauvres) dans les débats ne dérange pas plus que cela ceux qui prétendent parler en leur nom.
Cette classe dominante française a plus d’intérêts avec les classes dominantes du monde qu’avec les intérêts de leurs concitoyens. Je ne vois pas pourquoi ils installeraient une vrai démocratie alors qu’ils ont dans leurs mains le joujou idéal pour garder le pouvoir. Et ce n’est pas demain qu’ils vont le lacher.
L’immigration en France a toujours posé problème quelque soit la couleur de la peau. Les italiens et les polonais en Lorraine pourraient vous en parler durant des jours et des jours. Quand les magrébins sont arrivés, les immigrés précédents ont eu le même comportement vis à vis d’eux qu’ils avaient subi.
Bref, le racisme au sein du peuple, ça s’entretient car si tous les prolétaires du monde se donnent la main, les élites qui sont elles aussi de toutes les couleurs (mais elles ne se bouffent pas entre elles) auraient quelques inquiétudes à avoir.
Ce n’est pas à l’école que j’ai appris l’histoire des colonies, de l’esclavagisme,de l’immigration en France mais curieuse, j’ai cherché à savoir. Pourquoi devrai-je en vouloir à de pauvres gens qui viennent en France alors qu’ils préfèreraient sans aucun doute rester chez-eux ? Enfant d’immigré, j’ai compris que quitter son pays(l’individu laisse une part de lui même au pays) c’est très dur à vivre.
Dans les beaux quartiers de Neuilly, il y a plus d’étrangers que dans certaines cité-ghettos mais comme par hasard, de ce détail, la classe dominante n’en parle jamais. Je pense que ce non-dit relève de la complicité et permet d’entretenir cette division entre les salariés.
Je ne sais pas si on peut appeler cela une idée politique mais pour le moment, depuis 1 an que Sarko gouverne, dirige, décide, c’est la casse sociale, c’est la casse des valeurs républicaines, c’est la casse de la culture de base, c’est la casse des services publics, c’est la casse du sens des mots et peu, très peu de voix qui s’élèvent contre toute cette casse. Seraient-elles étouffées ?
L’école est le miroir de notre société. Nous sommes dans une société qui ne réfléchit plus sur les enjeux de l’éducation des jeunes au niveau national mais sur les enjeux individuels, chacun a droit à une éducation, à un savoir, etc...
Je ne sais pas par quels chemins cela doit passer mais je pense que dans un système politique démocratique, le seul objectif devrait être l’émancipation des individus. Cette émancipation va bien au-delà qu’une simple transmission des savoirs et/ou de valeurs républicaines qui ne sont aujourd’hui que des coquilles vides.
L’économie de marché a t-elle besoin d’individus bien conditionnés ou d’individus "émancipés" ?Comment maintenir un système de domination économique qui ne fonctionne que sur la pauvreté économique et intellectuelle du plus grand nombre ?
Le scandal réside beaucoup plus dans le comportement des adultes, enseignants et non enseignants qui débattent sur la couleur des murs alors que ces murs sont entrain de s’effondrer.