Une intervention plus particulièrement destinée à Sysiphe :
Cher Sisyphe,
sincèrement vous êtes un de mes contributeurs préférés sur agoravox. Je partage souvent vos opinions, même si je les trouve parfois très musclées. Mais bon...
Cela a été un grande surprise de découvrir en vous un tintinophile. Tintin est belge et sent beaucoup l’eau bénite de la bourgeoisie bruxelloise, ce qui ne collait pas directement au profil de vos interventions. J’étais un grand amateur de BD dans ma jeunesse, et mes étagères IKEA ploient encore sous le fardeau de mes collections passées. N’y trône qu’un seul tintin, « Tintin au pays des Soviets ». Une réédition, hélas...
J’ai écrit ailleurs mon opinion de Tintin et d’Hergé, qui sont plus sentimentales qu’artistiques. Je ne nie pas d’ailleurs l’impact majeur de cet auteur sur le neuvième art francophone. J’aime bien Tintin, sans en être un aficionado, mais reconnaît volontiers à Hergé tout le génie créatif que vous voudrez lui attribuer.
Mais j’aime bien aussi Spielberg, qui tout comme Hergé, a imprimé un courant puissant au sein de son art, a influencé pour ne pas dire fait bifurquer une industrie entière, tout en gardant en tête une espèce de moralisme naïf qui le pousse à toujours peindre la victoire du bien contre le mal. Spielberg ne correspond pas dans ma tête au metteur en scène par excellence, loin s’en faut, mais il a su renouveler le cinéma populaire, sous une forme particulièrment efficace et toujours éthique : le bien ne triomphe pas toujours, mais vaut toujours mieux que le mal. Au fond, Spielberg et Hergé, ce sont deux boy scouts attardés.
Je n’ai pas vu le film, mais me réjouis de le voir. Non pas parce que j’y retrouverai l’émerveillement de mon enfance, mais parce que je pourrai partager ce moment avec mes enfants, nourris de mangas et de séries télévisées. Je n’estime pas leur art moindre que le mien, mais simplement, ce dessin animé fera raccord avec le passé, et les poussera peut-être à s’intéresser aux tonnes de bouquins qui prennent la poussière sur mes rayons abandonnés.
Je ne savais pas que Tournesol avait été évincé. Quel dommage. Ils ont du longuement hésiter avant de prendre cette décision...
Marvinbear, Gonzague, vous tous petit peuple des provos, vous ne cessez de m’époustoufler par votre magnifique maîtrise de la voltige dialectique. Tonneaux, chandelles, loopings, immelmans et feuilles mortes, le tout au ras du sol. Cinquante fois on les voit s’écraser, cinquante fois ils repartent en chandelle !
Un de mes grand regrets est que vous n’ayez pas encore été contacté par la bande des ZAZ (Zucker, Abrahams et Zucker) pour en faire un film. Il enfoncerait tous les autres, vous renouvelleriez le genre. Rien que la scène d’Ali et Mohammed s’engueulant dans le cockpit au dessus de la carte des Etats-Unis maculée du sang des passagers fraîchement égorgés au cutter deviendrait un grand classique. Gloire et fortune, enfin !
Qu’est-ce que vous attendez pour nous pondre le synopsis. On meurt d’impatience.
Nous les 99%... sommes mis en coupe
réglée par ce petit 1% pugnace, et tous, nous nous sentons
impuissants à modifier l’ordre des choses. Une clique de sales
gosses terrorise toute la cour de récré, non pas par la force brute
mais par le chantage et la manipulation. Ils nous ont d’abord
persuadé que posséder, consommer, c’était le bonheur. Ensuite, que
posséder plus, c’était être libre. Ils nous ont habitués à
paraître plutôt qu’à être. Ils ont mélangé les mots pour mieux
nous tromper : libre marché, libre échange, liberté,
démocratie. Mais ce qu’ils nous proposaient, c’était un retour à
la loi de la jungle, où le gros mange le petit, où le vorace mange
le frugal.
Ils disent qu’ils ont amené le
progrès, mais chaque chose qu’ils créent, ils nous la vendent. Ils
affermissent leur emprise en ôtant le sens de notre vie et en
comblant le vide par des jouets sans valeur. Ils nous ont donné du
pain et des jeux, et maintenant ils nous ôtent le pain, pour ne nous
laisser que les jeux. Qu’importe le gâchis, ils sont mal élevés,
ils se servent les premiers à table. Ils ne savent pas vivre
autrement. Ils ne comprennent pas.
Petit, au catéchisme, je ne comprenais
pas pourquoi Jésus avait chassé les marchands du temple. Maintenant
je comprends. Je comprends ce que signifie « ils ont souillé
la maison de mon père ». Bien vu, Jésus...
Et ils ont leurs kapos, leurs collabos.
Les politiques qui mangent dans leur main et trahissent le peuple
dont ils sont issu. Les journalistes qui font de même, et qui
n’osent pas dire, raconter. Qui n’osent même plus penser. Ce sont
eux les pires, car tout le pouvoir de ce petit % au sommet ne tient
qu’à la collaboration que quelques autres petits % qu’ils tiennent à
leur merci. Sans kapo, sans collabo, il n’y aurait pas eu de camps de
concentration.
Les idées circulent sur le net, mais
ce n’est pas suffisant. Qui prendra l’initiative de créer un site
citoyen où les gens exprimeront clairement leurs désirs et leurs
intentions de vote ? Qui créera un lobby du peuple ?