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Bovinus

Tableau de bord

  • Premier article le 04/10/2011
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Derniers commentaires



  • Bovinus Bovinus 20 mai 2011 17:18

    Je viens de parcourir l’ « Autotrophe de l’humanité » (ici en VO : http://vernadsky.lib.ru/e-texts/archive/Vernadsky_V.I.__Avtotrofnost_Chelovechestva.html ). Les derniers paragraphes sont bonnement hallucinants : il y est question de rien de moins que de synthétiser des aliments, comestibles, à partir de l’énergie solaire. C’est à dire, de la photosynthèse. Quand vous aurez réussi à muter en plante verte, appelez nous.

    Pour tous les autres thèmes abordés, à savoir, l’énergie nucléaire (qui était porteuses de très grands espoirs à l’époque, rappelons-le) et l’énergie solaire (dont on voit aujourd’hui les limites), tout a déjà été dit. Fondamentalement, ces deux sources d’énergie ne sont pas susceptibles de nous sauver de l’épuisement des ressources fossiles et de nous envoyer sur Mars. En tout cas, pas à moins de faire une découverte inattendue, dont rien ne dit qu’elle interviendra dans un futur proche. En attendant, vive Malthus et son bon sens (quelque peu pessimiste, mais au moins, fiable).

    « L’autotrophe de l’humanité » n’est en aucune façon une œuvre scientifique, mais tout simplement de la SF, au mieux, de la vulgarisation, ou peut-être de la propagande sur commande du Parti. Dans l’un et l’autre cas, je n’y vois rien de mal, et je n’ignore pas que cela fut écrit par un scientifique de renom (dans le monde communiste). Disons qu’il adopte une posture proche de Arthur C. Clarke. Ce que je vous reproche, c’est que vous nous présentez des hypothèses comme étant des certitudes.

    Et, encore une chose : cet article, d’après le site dont j’ai mis le lien plus haut, figure dans une sorte de recueil, dont le titre est : « Le cosmisme russe : anthologie de la pensée philosophique ». Il s’agit là d’une posture intellectuelle, d’une conception de la vie, à un niveau métaphysique, et, encore une fois, en aucun cas de science.

    Cela confirme ce que j’avais écrit plus haut, sur la weltanshaaung qu’adoptent en général les Russes quand il s’agit de l’avenir : enthousiasme, volontarisme, créativité, polarisation sur l’essentiel et volonté farouche d’aller toujours de l’avant. C’est en effet, radicalement opposé à ce qu’on fait chez nous : pessimisme, exagération des difficultés, comptabilité des coûts, ergotage systématique, discussions à n’en plus finir, etc.

    Michel Houellebecq exploite des thèmes similaires dans « La possibilité d’une île », mais sa vision des choses est beaucoup moins radieuse que celle de Vernadsky. Peut-être parce que comme Malthus et Vernadsky, il est porteur des valeurs et des archétypes de son temps ? Cependant, sa vision fait tout de même froid dans le dos, car, elle est, elle aussi, du domaine du possible. Vous devriez envisager cette possibilité.



  • Bovinus Bovinus 20 mai 2011 14:39

    titi :
    Donc de toute façon vous payerez : soit en ramant pour gagner votre vie de plus en plus chère pour cause d’inflation, soit en impot pour payer les « investissements » qui dépassent les recettes.

    Cela est une affirmation fallacieuse, et voici pourquoi : quand on crée de la masse monétaire, il se produit en effet un phénomène d’inflation, ce qu’apparemment, vous n’ignorez pas. Cependant, dans le cas où c’est une puissance privée qui crée cette masse monétaire, non seulement il se produit de l’inflation, mais de plus, cette masse monétaire est investie dans des projets privés, qui servent rarement l’intérêt général, et toujours en premier ceux des investisseurs. Dans ce cas précis, on paye deux fois : une fois en inflation, et une autre fois en subissant les conséquences de leurs investissements (souvent, de la spéculation ou simplement de l’accaparement).

    Tandis que quand c’est l’État qui crée la monnaie, nous sommes en droit d’attendre des retombées, bénéficiant au plus grand nombre, puisque par nature, comme je le disais plus haut, l’État représente l’intérêt général. Il est indéniable que le train de vie de l’État pourrait être réduit, mais on gagnerait bien davantage à :
    - récupérer le contrôle public sur la monnaie
    - renégocier la dette, ou bien à renoncer carrément au service de celle-ci
    - cesser de gaspiller de l’argent en opérations militaires illégitimes

    Mentionnons en outre un aspect essentiel du mécanisme de création monétaire : le bénéfice direct à être celui qui l’émet, qui équivaut, lors de la mise en circulation de la monnaie créée, à prélever une quantité de richesse équivalente à la valeur monétaire mise en circulation. En finance, on appelle cela le droit de seigneuriage. Tant que cette quantité de monnaie nouvellement créée n’est pas mise en circulation, aucune inflation ne se produit. Quand elle est mise en circulation, l’émetteur prélève la quantité équivalente de richesse à la collectivité, ce qui se traduit par l’inflation (la valeur de la richesse détenue par chacun diminue du fait de la diminution de la valeur de la monnaie). Tant qu’à faire, vaut mieux que le bénéficiaire du seigneuriage soit l’État.

    Résumons : quand une banque privée émet de la monnaie, on paye en fait trois fois.
    - par l’inflation
    - par le manque à gagner du seigneuriage
    - par le manque à gagner du détournement de ces moyens au bénéfice d’intérêts privés (dont l’une des formes est notamment la corruption, qu’elle soit exercée chez nous ou à l’étranger)

    Ça représente déjà énormément de fric en soi. Lorsque la banque émet de la monnaie pour la prêter à l’État, on paye une quatrième fois, cette fois par les intérêts. Ce système de vol organisé de la collectivité est scandaleux et absurde, et par ailleurs, tout à fait indéfendable. Il n’est guère étonnant dans ces conditions qu’on soit en déficit, qui à son tour est évoqué comme prétexte au démantèlement programmé de services publics pourtant indispensables, comme la santé, l’éducation ou la police.

    Vous essayez, assez grossièrement, de faire diversion et de nous mettre sur de fausses pistes. Changez de disque.



  • Bovinus Bovinus 20 mai 2011 12:55

    @ Roosevelt_vs_Keynes

    Vous êtes clairement de mauvaise foi. Vous avez répondu aux seules parties de mon message qui étaient les plus simples à dévoyer, sans prendre la peine d’argumenter sur le reste, c’est à dire, le contenu. Probablement parce que vous n’avez rien à y répondre, ou bien, parce que vous n’avez pas lu mon message en entier. Pourquoi en ce cas répondre, en ne faisant qu’y répéter ce que vous nous avez déjà dit au moins quinze fois ? Vous avez ouvertement ignoré les points les plus pertinents des arguments écologistes, qui présentent une réelle valeur objective : pollution, mauvaise qualité des aliments, empoisonnement par engrais et pesticides, OGM (au passage, si il vous pousse un bras dans le dos, à force d’en bouffer, ne vous étonnez pas), déforestation, destruction de la diversité biologique, destruction des écosystèmes.

    Roosevelt_vs_Keynes :
    Et le fait que nos technologies et nos progrès scientifiques ne nourrissent pas à leur faim les 2/3 de l’humanité est dû à une volonté politique oligarchique de maintenir les hommes sous-développés (y compris nous-mêmes, dans nos pays industrialisés).

    Ça, je l’avais déjà dit : "Je ne cautionne pas pour autant la répartition que nous faisons des ressources dont nous disposons, qui est fort mauvaise, et qui pourrait être largement optimisée, sans avoir besoin d’augmenter la production pour autant."

    Roosevelt_vs_Keynes :
    Sur ce dernier point, je vous propose simplement de vous poser la question suivante : pourquoi est-ce l’argument qui est utilisé à la fois par les écologistes, et par les intérêts financiers ; les uns par souci environnementaliste, les autres par intérêt à la fosi d’austérité spéculative et d’empêcher le développement des pays pauvres.

    La réponse que vous réclamez est simple : cet argument est inattaquable, parce qu’il se vérifie la plupart du temps. Je pense que les écolos (les « vrais ») y croient et prêchent en conséquence. Les écolo-tartuffes (c’est à dire, les businessmen opérant sur ce secteur précis) et les spéculateurs y voient tout simplement une raison à opposer à ceux qui leur intiment de partager la richesse du Nord avec le Sud. Le raisonnement de Malthus n’y perd pas sa valeur pour autant. Ce n’est pas parce qu’on fait un mauvais usage d’une chose qu’elle devient « mauvaise » ou « fausse ».

    Il ne faut donc pas attaquer ces gens-là sur le thème de la rareté des ressources (ce qui est un fait, qu’il vous plaise ou non n’y change rien), mais sur l’usage qu’ils en font, qui est d’autant moins justifié qu’ils dilapident pour leur seul plaisir des ressources rares et pour la plupart, non renouvelables. Le point faible des exploiteurs et des accapareurs est la définition occidentale du droit de la propriété et du droit en général, ainsi que l’usage qu’ils font des ressources qu’ils volent, dont seule une infime partie est réinvestie, et très rarement dans la recherche fondamentale.

    C’est ce que fait le marxisme, et, sous d’autres angles, Pierre-Joseph Proudhon, ainsi que Thorstein Veblen. Je vous ferai par ailleurs remarquer un détail qui a son importance : Vernadsky était communiste, et fut décoré de l’ordre de Staline. Il considérait donc probablement le problème crucial de la propriété comme étant réglé, en quoi l’avenir lui a donné tort en 1991. Rien n’indique qu’il ne s’est pas trompé sur d’autres points. Par ailleurs, il n’a jamais, jamais prétendu les choses incroyables que vous, par contre, nous laissez entendre. Il s’est simplement déclaré « confiant », ce qui a toujours été, en effet, l’attitude du parti communiste de l’URSS. L’énergie nucléaire et l’uranium - projet auquel il a travaillé entre 1940 et 1943, mis à l’abri, au Kazakhstan, par le régime - n’en étaient alors qu’à leurs balbutiements et personne n’imaginait ce que ça pourrait donner. En fait, à l’époque, tout le monde était « confiant », même Hitler (qui avait lui aussi des savants brillants).

    Aujourd’hui, cependant, on est en 2011. On a vu les bombes nucléaires au Japon en 1945, Tchernobyl et Fukushima. Le nucléaire, tout le monde semble en revenir, d’un coup d’un seul. Comme on n’investit pas en recherche, la méthode de la fusion n’en est à peine qu’au stade expérimental, et on se retrouve pour toute alternative avec des éoliennes, des panneaux solaires et des carburants soi-disant « verts » (qui sont une authentique et énorme imbécillité).

    À mon tour d’être de mauvaise foi : laissons Vernadsky de côté. Vous lui faites dire ce qu’il n’a jamais dit, et l’article que vous nous linkez est insuffisamment explicite ou fantaisiste. J’ai trouvé mieux : voici ce que dit Vernadsky lui-même sur la noosphère (désolé, c’est en russe : http://www.trypillya.kiev.ua/vernadskiy/noosf.htm ). Vous avez là l’intégralité de ses œuvres en version électronique : http://vernadsky.lib.ru/&nbsp ; Je suppose que vous ne lisez pas le russe ? Dommage ; en ce qui me concerne, je le lis et je le parle très bien. Il se trouve que j’ai pris la peine de voir un peu par moi-même de quoi parle réellement Vernadsky. Ce n’est pas exactement ce dont vous nous parlez.

    Roosevelt_vs_Keynes :
    Qui vous parle de rester à la surface de cette planète ? Lorsque Kennedy a lancé son programme lunaire, c’était pour coloniser mars et au-delà. A l’époque, ça ne choquait personne. Ca paraissait même... « logique ». Posons-nous la question : pourquoi ça paraît complètement fou, voire débile et hors propos (« trop de pbs sur Terre », etc.) dans la culture actuelle ?

    Deux mots sur la colonisation de Mars, et la conquête spatiale en général. Malthus parle du point spécifique des colonies et de la colonisation en général comme solution au problème des ressources dans son bouquin. La conclusion qu’il fait est que ce n’est jamais une solution, car le développement d’une colonie coûte toujours plus cher qu’elle ne rapporte ensuite, et s’avère extrêmement périlleux. Il s’inspirait d’exemples sur Terre. Qu’est ce que ce serait, alors, sur une autre planète ? Kim Stanley Robinson a écrit une passionnante trilogie sur le sujet (ça devrait vous plaire, c’est de la techno-SF), et ne parvient pas à une conclusion très différente sur ce point précis.

    Les seuls, encore une fois, qui y songent sérieusement et y travaillent sont les Russes. Ces gens, contrairement à nous, sont profondément enthousiastes et regardent toujours vers l’avant. Ils ne sont pas aveugles ni stupides pour autant : le recyclage, la parcimonie, la frugalité, le mépris du superflu et la pérennité des produits ont toujours été de mise en Union Soviétique, contrairement au monde occidental de la consommation. Personne de sérieux ne remet en question leur programme martien, même la NASA a reconnu que le programme russe était actuellement meilleur et plus économe et efficace que le sien. Cependant, l’épuisement des réserves pétrolières est prévu pour 2050 environ, c’est à dire, pour après-demain.

    Pour conclure, je vais simplement me citer moi-même (encore un paragraphe que vous avez ignoré) :

    Il est possible, évidemment, qu’on découvre de nouvelles ressources plus tard, ou de nouvelles façons de combiner celles existant déjà pour en obtenir davantage ; cependant, tant que cela n’est pas fait, compter dessus est irresponsable. De toute façon, on risque pas de découvrir quoi que ce soit avec le peu de moyens qu’on investit dans la recherche fondamentale de nos jours.

    J’ai mis en gras souligné le mot-clef, pour vous aider à mieux comprendre. Vous nous invitez à adopter une attitude faussement optimiste et irresponsable. Très peu pour moi, mais libre à vous de faire ce que vous voulez. Malthus reste pour le moment notre meilleure référence, et Vernadsky ne le contredit pas sur le point essentiel de la rareté des ressources. Il est simplement d’une autre époque, d’une autre idéologie et d’un autre pays. Un pays qui se plaçait alors en effet, à l’avant-garde de l’humanité, mais qui n’existe plus sous la forme d’autrefois, tout comme son idéologie.

    Considérons la métaphore suivante : un paysan et son champ de blé. Une partie de la récolte est consommée pendant l’hiver, et une partie de la récolte est conservée pour semer de nouveau au printemps. Vous nous dites, en substance, qu’il ne sert à rien de conserver cette partie, car notre créativité nous permettra toujours de pallier au problème des semences. Personne de sensé n’a jamais osé affirmer une pareille chose, tout simplement parce que c’est idiot. Je ne pense pas que vous soyez idiot, je pense que vous raisonnez de travers à partir d’informations peu fiables ; vous avez aussi une forte tendance à l’amalgame.

    La démarche que vous adoptez est assez caractéristique des discours sectaires ou charlatanesques en tout genre : trouver une référence légitimante peu connue (en l’occurrence, Vernadsky) bâtir un faux discours à partir de la référence, en inventant si nécessaire, et promettre monts et merveilles, ou bien, combattre une théorie ennemie, ou présentée comme telle (dans notre cas, le malthusianisme). Que comptez-vous y gagner, sur AgoraVox ?



  • Bovinus Bovinus 19 mai 2011 15:28

    @Bovinus

    Donc pour vous, Air Sarko One, par exemple, est donc un investissement et pas une dépense ?

    Le fonctionnement des chambres de commerces et d’industries, et leurs innombrables vins d’honneur c’est donc un investissement et pas une dépense.

    Vous être très drole Bovinus.

    Non, en français on appelle cela de la mauvaise gestion ou du gaspillage. Cela dit, le train de vie de l’État n’est en rien comparable à ce que représente le service de la dette, par exemple. C’est combien, déjà ? 60% du budget, non ?

    La conclusion de tout ceci, et que vous ignorez par mauvaise foi, c’est que si on peut (doit) faire des économies quelque part, c’est pas sur « Air Sarko » ou « Air Fillon », mais plutôt sur les 1500 milliards d’euros et les intérêts qu’ils représentent. Oh, et pourquoi pas, sur le coût de la devise, vous savez, la simple capacité de la produire (qui se trouve aux mains des banques et de la BCE et qui pour cette raison nous coûte fort cher) ? Et, également, sur les frais des guerres inutiles que nous faisons pour le compte de quelques multinationales apatrides, en Lybie, en Afghanistan, en Côte d’Ivoire...

    Le train de vie de l’État que vous dénoncez si violemment n’est que le cadet de nos soucis. En réalité, nos problèmes proviennent de ce que la puissance publique a été accaparée par / mises au service de certains intérêts qui ne sont pas les nôtres, et qui ne relèvent en rien de l’intérêt général. Pointer des excès finalement assez mineurs et oublier les vrais problèmes, c’est nous jeter de la poudre aux yeux, et tenter de nous faire prendre des vessies pour des lanternes.



  • Bovinus Bovinus 19 mai 2011 15:03

    Roosevelt_vs_Keynes
    Très simple. Malthus part du principe qu’une quantité relativement fixe de denrées est disponible et qu’un accroissement de la population mène forcément à une situation où certains n’auront pas de quoi subvenir à leurs besoins. S’il y a à table de quoi nourrir cinq personnes, un nouvel arrivant va obligatoirement provoquer la famine d’une personne.

    Nan, c’est loin d’être « très simple ». Votre exemple final ne tient pas : si on est 5 à table, et qu’un 6e arrive, il ne devrait pas être trop difficile, en grattant le fond des casseroles et en prélevant une petite part à chacun, de constituer une 6e portion. Maintenant, supposez que quinze personnes arrivent. Il est évident que les 15 convives supplémentaires vont se coucher à jeun, peu importe ce qu’on aura décidé (partager entre tous, ou faire manger 5 personnes à leur faim et d’en laisser 15 ne rien manger).

    Si cela était vrai pour l’espèce humaine - c’est à dire que n’existe que ce qu’offre la biosphère - alors nous ne serions pas plus de quelques millions sur Terre. Le fait que nous soyons 6 milliards prouve que la découverte de Vladimir Vernadsky rend caduc la théorie de Malthus.

    Dans son essai, Malthus considère que la ressource la plus importante sont les terres cultivables, ce qui, eu égard à l’époque où l’ "Essai sur le principe de population« a été écrit, est logique. Nous avons en effet dépassé ce stade-là, en mécanisant davantage, en inventant les conservateurs, l’élevage et la culture industriels et les engrais chimiques. Tout ceci est bien joli, mais ne constitue en rien une révolution, ce n’est qu’un perfectionnement de l’existant. On commence d’ailleurs à en atteindre les limites. D’autre part, ces améliorations sont accompagnées d’effets indésirables et même carrément néfastes, dans beaucoup plus de domaines qu’on ne l’aurait imaginé à priori : le goût et la qualité des aliments, la présence d’éléments pétrochimiques dedans, la déforestation, la destruction des équilibres écosystémiques (quand ce n’est pas d’écosystèmes entiers), et, enfin, la pollution. Contrairement à ce que vous semblez prétendre, il n’est pas possible de multiplier à l’infini le nombre d’humains à la surface de cette planète, ne serait-ce que parce qu’il faut bien les faire bouffer. Il faut aussi les loger, et les vêtir, et prévoir de quoi se chauffer l’hiver.

    À partir de là, il n’y a même pas besoin de parler du domaine plus spécifique à l’énergie, qu’elle soit fossile, renouvelable, nucléaire ou autre. Je ne cautionne pas pour autant la répartition que nous faisons des ressources dont nous disposons, qui est fort mauvaise, et qui pourrait être largement optimisée, sans avoir besoin d’augmenter la production pour autant. Mais cela ne nous donnerait qu’un sursis, et, quand il sera écoulé, le problème se posera de nouveau, avec plus d’urgence que jamais.

    Aussi, en attendant que vous nous trouviez je ne sais quel grand mystère universel qui permette ne serait-ce que de satisfaire nos besoins élémentaires, je préfère m’en tenir à Malthus (sans pour autant tomber non plus dans l’obscurantisme écologique). Ça me paraît plus raisonnable.

    Si on ne faisait que des choses raisonnables, on vivrait bien mieux. Est-il raisonnable d’aller vivre dans une grande ville toute moche, toute polluée, pour passer sa vie dans les transports en commun et ses soirées devant la TV ? Est-il raisonnable de confier les clés du Trésor Public aux banquiers ? Est-il raisonnable de nous obliger à acheter des ampoules soi-disant »écologiques« qui en réalité, coûtent dix fois plus cher, se cassent deux fois plus vite et émettent des rayonnements dangereux ? Des exemples comme ça, il y en a à l’infini. Tout simplement parce qu’on vit sur des bases philosophiques déraisonnables : l’accumulation et le profit comme valeurs suprêmes. Cependant, cela ne remet en rien en cause la thèse de Malthus : les ressources ont un caractère limité et se renouvellent très lentement ; il convient donc de les gérer avec responsabilité et prévoyance.

    Il est possible, évidemment, qu’on découvre de nouvelles ressources plus tard, ou de nouvelles façons de combiner celles existant déjà pour en obtenir davantage ; cependant, tant que cela n’est pas fait, compter dessus est irresponsable. De toute façon, on risque pas de découvrir quoi que ce soit avec le peu de moyens qu’on investit dans la recherche fondamentale de nos jours.

    Quant à ce que vous appelez »optimisme", ne serait-ce pas un genre de déni, une sorte de méthode Coué consistant à se dire que tout va aller pour le mieux ? Encore un truc pour imbéciles, en somme.

    J’ai lu votre l’article sur Vernadsky que vous ne cessez de nous mettre sous le nez. Il est assez mauvais et fleure bon le grand charlatanisme : rien de concret, aucun exemple, aucune démonstration ni preuve tangible... Il n’est cependant pas dénué d’intérêt, mais concrètement, se borne à constater que Vernadsky a découvert quelque chose qui aurait peut-être mérité qu’on s’y intéresse de près. Toujours est-il que ça n’a pas été fait ; rien ne nous prouve que ce sera fait un jour. C’est tout. Pas de quoi en faire un fromage.

    Un conseil, mon vieux : cessez de croire au Père Noël, ça finira par vous tuer si vous persistez.

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