« Vous avez raison : il vaut mieux laisser les « vraies gens » se détendre dans la lecture des faits divers des chiens écrasés ou autres Paris Match plutôt que de les aider à prendre conscience des manipulations médiatiques dont elles sont victimes ! »
Vous vous trompez complètement. Je n’ai pas raison parce que je ne sais pas ce qu’il vaut mieux faire, si ce n’est qu’il vaut mieux laisser les gens faire ce qu’ils ont envie. Que ceux qui ont envie de « prendre conscience des manipulations médiatiques dont ils sont victimes » lefassent, mais qu’ils prennent garde de ne pas s’enliser dans des manipulations médiatiques inverses.
A ce propos, je viens de regarder les quarante premières minutes des « Nouveaux chiens de garde », c’est chiant comme la pluie, parce que c’est (pas très bien) fait pour provoquer l’indignation des ignorants et des naïfs. Qui ne sont peut-être pas aussi nombreux et prompts aux emballements épidermiques que les fabricants du film ne l’imaginent.
Par rapport à ces quarante minutes de superficialité - ne comportant qu’un seul et unique exemple d’occultation par TF1 -, il y a plus d’informations à propos du triangle politique-finance-médias sur une seule page de « Quand la presse est aux ordres de la finance », de Yann Moncomble (éd. Faits et documents), un bouquin vieux de 27 ans, qui ne ménage pas plus « L’Humanité » que « Le Figaro », « L’Express » que « Le Point », « Valeurs actuelles » que « Le Nouvel Observateur », « Libération » que « La Croix »...
On y voit page 143, je le signale au passage pour le fun, Edwy Plenel faire ses premiers pas de médiateux installé, ayant passé de la Ligue communiste révolutionnaire de Krivine, au cirage de pompes de Pierre Joxe, ministre de l’Intérieur, qu’il élève au grade de « premier garant de la déontologie professionnelle » policière.
« ... le « populo » est trop c... pour comprendre des choses compliquées. »
C’est possible, mais comme je peux vois les choses autour de moi, il ne l’est pas encore assez pour s’emm... avec des trucs qui l’emm... Comme par exemple les relations sexuelles avec les mouches.
« Mais en quoi ces constats remettent-ils en cause le regard porté par Bourdieu sur le fonctionnement des médias ? »
Ce n’est pas le regard porté qui est en cause, mais ce qu’il laisse entrevoir, c’est-à-dire des « médias à la Bourdieu » si par malheur, les Bourdieu arrivaient au pouvoir.
Parce que moi, à partir de Rousseau qui prétendait forcer les gens d’être libres, ouvrant une brèche dans laquelle Staline et Hitler se sont rués, j’ai la terreur de tous ceux qui prétendent les forcer d’être « mieux » que ce qu’ils sont.
Qu’est-ce qu’il comprenait Bourdieu, au consommateur d’informations lambda ?
Dans mon bled, avec son quotidien à 15’000 exemplaires, sur quoi mon père se précipitait-il ? Les nouvelles sportives ! Et ma mère ? Les avis mortuaires ! Voilà, c’étaient des gens normaux qui faisaient normalement ce que 80 % - peut-être bien 90... - des abonnés normaux faisaient, puisqu’ils s’étaient abonnés pour ces informations locales-là.
On y consacrait vingt lignes à une mémé qui s’était fracturé le poignet à cause du verglas, cinq lignes (4 x moins) à une catastrophe ferroviaire qui avait fait cent vingt morts à Petaouchnokarivo, et s’il y avait cent cinquante lignes sur le sommet de Reykjavik, c’était parce que le rédacteur en chef/éditorialiste prenait, dans l’indifférence générale, un panard en se la jouant partie prenante de la marche du monde.
Alors le fils de péquenot honteux devenu « révolutionnaire », pour effacer ses orignes - comme Jean XXIII et Vallaud-Belkacem, par le fait -, il aurait dû s’abstenir de penser à la place des braves gens qui n’en avaient pas plus à cirer de ses théories sur les médias que de ses rêves absurdes d’émancipation-sic de la classe ouvrière.
« ...Et si au lieu de faire dans les resucées de sous Hortefeux, vous vous décidiez plutôt à expliquer clairement votre point de vue/grief/doléance/gnagnaterie. »
Je n’ai pas de point de vue/grief/doléance/gnagnaterie, je me limite à observer qu’il y a des communautés qui ne sont pas faites pour vivre ensemble. D’où le rejet des harkis en France, et celui des Pieds-Rouges en Algérie, en dépit d’affinités politiques dans les deux cas.
« Je n’ai je l’avoue aucune envie de me coltiner une vidéo de propagande si c’est sur elle que vous comptiez pour me déniaiser... »
Ce n’est pas le cas. Vous convenez très bien en niais.