Pour en revenir au propos d’Henri Guaino, on en arrive très vite à conclure qu’il n’est manifestement pas fait pour la politique
Où a-t-il vu des responsables de parti faire étalage de leurs états d’âme, de
leurs doutes, de leurs interrogations, de leurs inquiétudes ? On ne convainc
personne en se montrant hésitant, indécis, irrésolu, flou, timoré et, au final,
velléitaire.
Par ailleurs, M, Guaino révèle une sensibilité dévoyée qui n’a pas sa place
dans le champ de la politique, mais dans celui de l’action humanitaire, là où
théoriquement, il n’y a pas de catégories d’êtres humains. Théoriquement, parce
qu’il reste toujours à distinguer quand même, entre ceux qui ont la chance
d’être atteints par les secours et ceux qui ne l’ont pas.
Et quand on n’a pas les moyens de sauver tout le monde, on sauve d’abord les
siens - "Je préfère mes filles à mes nièces, mes nièces à mes
cousines...", observait déjà JMLP -. Si on ne le fait pas, on est un saint. Pour
les uns. Mais un c... pour les autres.
« S’il s’agit seulement de choisir entre un nombre x de victimes et un autre nombre x + y de victimes... »
Il s’agit simplement ici de l’aspect le plus « spectaculaire » du dilemme, car si le conducteur du tramway doit choisir entre écraser cinq inconnus ou son propre fils, la donne passe du quantitatif à l’affectif.
Nous sommes donc, et à quelque niveau que ce soit, particulier ou chef d’Etat, dans une problématique de cas par cas, réfractaire aux généralisations. Mais le thème n’en est pas moins intéressant.
« ...nt où cela allait en faveur des intérêts économiques des multinationales. »
Du moment que les intérêts économiques des multinationales allaient dans le même sens que l’intérêt des populations qui rejetaient le délire marxiste, je n’y vois pas de contre-indications.
+ 1 vérité sur la situation politique du monde à partir de 1945 :
C’était la Guerre froide et la route maritime des Indes passait soit par le canal de Suez, à la merci du gouvernement égyptien, nationalisé par Nasser en 1956, et déjà fermé de 1967 à 1975, soit par le Cap.
La stabilité politique de l’Union Sud-africaine était donc vitale pour l’Occident en général et pour l’Europe occidentale en particulier, et il ne pouvait être question d’appuyer un mouvement, l’ANC, très proche de Moscou.
On notera, en passant, que la libération de Mandela est intervenue trois mois et deux jours après la chute du Mur de Berlin.