Comment compatir aux épreuves de ce peuple qui, pendant trente ans, s’est goinfré d’aides européennes, et qui ne se révolte pas, dans l’espoir que cela recommencera bientôt ?
« ...Rappelons qu’un analphabète est quelqu’un qui n’a jamais appris à lire ; or s’il existe quelques retraités en milieu rural qui entrent... »
C’est juste une définition et n’importe qui peut proposer la sienne. C’est sans doute pourquoi l’UNESCO a jugé utile d’en établir une, de l’alphabétisme, qui soit universelle. La voici telle qu’elle figure à la page 161 du Rapport mondial de suivi sur l’éducation pour tous 2006 (p. 161) :
« Une personne est alphabète si elle peut à la fois lire et écrire, en le comprenant, un énoncé simple et bref se rapportant à sa vie quotidienne »
Si l’affirmation de Jean-Paul Brighelli repose sur cette définition de l’alphabétisme - ce qui est probable -, elle est beaucoup moins « incroyable » que vous ne le pensez. Beaucoup moins...
« Pendant des années, notamment lorsque tu étais incarcéré dans l’île prison de Robben Island, personne ne soutenait ton combat, hormis, m’a-t-on dit quelques fidèles à travers le monde. »
Il faut savoir que c’était la Guerre froide et que la route maritime des Indes passait soit par le canal de Suez, à la merci du gouvernement égyptien, nationalisé par Nasser en 1956, et déjà fermé de 1967 à 1975, soit par le Cap.
La stabilité politique de l’Union Sud-africaine était donc vitale pour l’Europe occidentale, et il ne pouvait être question d’appuyer un mouvement, l’ANC, très proche de Moscou. Qui soutenait le combat de Mandela, contrairement à ce que vous affirmez.
On notera, en passant, que sa libération est intervenue trois mois et deux jours après la chute du Mur de Berlin.