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claude

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adhérente féminine à la communauté humaine depuis plus d’un demi-siècle.
j’essaye de me rendre utile auprès des autres en étant engagée dans l’associatif . j’aime l’histoire, les sciences de la vie, la politique dans le sens de « la conduite des affaires de la cité »... et l’humour noir...
 

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Derniers commentaires



  • claude claude 2 avril 2009 15:08

    le fait que les policiers se fassent caillasser et agresser par des délinquants, ne les autorise pas à se comporter comme des tontons macoutes !

    quand un homme ou une femme s’engage dans la police, les crs ou la gendarmerie mobile, ils savent que parfois, ils auront à affronter les casseurs dans les manifs, des gangsters armés qui résisteront, des fous furieux qui tirent sur tout les monde...

    néanmoins, leur formations devrait leur permettre de se comporter correctement en cas de vérification d’identité ou de mouvement d’impatience des personnes interpellées.

    les bavures policières, si elles ne sont le fait que d’une minorité de fonctionnaires, sont scandaleux dans un pays qui se veut démocratique.

    on peut lire le rapport d’amnesty ici

    quand à ceux qui déblatèrent sur amnesty, ils oublient que cette association est née pour défendre les prisonniers politiques, à l’est comme à l’ouest.

    • La défense de la cause de jeunes étudiants victimes de l’arbitraire à l’origine de la naissance d’Amnesty International
    • C’était il y a plus de quarante ans au Portugal sous la dictature de Salazar : le simple fait de porter un toast à la liberté allait coûter à ces jeunes étudiants sept ans d’emprisonnement. L’article " Les prisonniers oubliés ", qui marque le lancement de l’Appel de 1961 pour une amnistie est l’acte fondateur d’AI. De nos jours encore, nombreux sont les jeunes, qui pour des raisons diverses, font l’objet de persécutions à travers le monde. Cette action a conduit à une prise de conscience collective et un engagement qui perdure et se perpétue de génération en génération. Il nous appartient, il t’appartient de la poursuivre aussi longtemps qu’existera l’arbitraire. Et pour cela, notre plume est notre arme de libération massive ! 

      Les jeunes en ligne de mire
      Élèves, étudiants ou simples militants, les jeunes sont très souvent la cible privilégiée de ceux qui commettent des violations de droits humains : les exemples sont légions qui montrent l’engagement des jeunes en faveur de changements sociaux, engagements au cours desquels leurs droits sont mis à rude épreuve. Il nous revient encore à l’idée : la répression des jeunes chinois sur la place Tiananmen, l’emprisonnement de jeunes militants étudiants au Myanmar (ex-Birmanie), la détention, souvent au secret, voire la disparition d’étudiants leaders syndicaux ou politiques dans plusieurs pays africains, asiatiques et latino-américains. Notre action solidaire à leur endroit et à l’endroit de toutes les autres personnes victimes est nécessaire pour faire cesser l’arbitraire.

    son champ d’action est vaste :

    l’exploitation des femmes : le conflit au proche-orient : l’arrestation du président du soudan : et ailleurs dans le monde :
    • Mao Hengfeng a de nouveau été arrêtée le 13 janvier 2009 avec sa fille.
      Amnesty International demande sa libération immédiate.
      Lire notre page spéciale


       Chine. Le site d’Amnesty International une nouvelle fois bloqué -
      12 janvier 2009
      Les autorités chinoises doivent immédiatement rétablir l’accès au site Internet d’Amnesty International, a déclaré l’organisation ce lundi 12 janvier 2009. LIRE LA SUITE

    • Déplacés et réfugiés irakiens : une situation alarmante


  • claude claude 1er avril 2009 13:58

    et le délit de "sale gueule" vous connaissez ? smiley

    vous ne vous êtes pas posé la question de savoir si cet homme était sous traitement médicamenteux, s’il souffrait de couperose, d’un dérèglement de la thyroïde, d’oedèmes...

    de plus, d’après plusieurs reportages, cet instituteur a une très bonne réputation dans son village.

    mais quand on a un grelot dans la tête, il est difficile de raisonner



  • claude claude 30 mars 2009 17:32

    bonjour tout le monde,

    au delà d’une controverse sur le rap (que personnellement je n’apprécie pas, car je le trouve laid, vulgaire et tape à l’oeuil, sauf quelques exceptions) ; j’ai trouvé que ce texte de morice était une jolie tranche de vie, souriante et sympa.

    pour le reste, je ne connais pas rohff, en revanche son site est suberbement réalisé.

    je ne suis pas suffisament érudite pour savoir qui, parmi les auteurs de ces dernières années, va franchir les siècles à la manière d’un molière ou d’un verlaine, mais il y a certainement parmi les auteurs de chansons, des écrivains dont les textes ont de la valeur. l’appréciation est subjective : nous abordons une oeuvre d’une manière différente, et nous n’aimons pas les mêmes choses (heureusement pour les artistes).

    donc pour une fois, je ne taquinerai pas morice smiley

    @ papy, votre post de 13H02 est très drôle, je l’ai plussé et... c’est "-3" qui est apparu ! désolée ! (encore une fantaisie d’av !!! smiley ) 				



  • claude claude 30 mars 2009 16:53

    enfin,

    il existe des scientifiques et des specialistes du batiment, qui règles à calcul à l’appui, on vérifié les évènements qui se sont produits à new-yok et expliquent pourquoi les tours se sont effondrées :

    www.bastison.net/ : Attentats du 9/11 : Mythes et Légendes  réalisé par un chercheur- enseignant en génie civil de montpellier :

    • Présentation personnelle

      Mon pseuso sur le net est Moorea34, j’ai 37 ans et je travaille dans un laboratoire qui est une unité mixte de recherche CNRS. J’y ai été recruté en 2004 en tant que Maître de Conférences.


      Côté enseignement, j’interviens en IUT Génie Civil, Licence Professionnelle, Ecole d’Ingénieur. J’enseigne notamment la CAO/DAO, la construction au sens large, la mécanique des structures et les règles de calcul qui concernent la construction métallique (Eurocode 3) et les ouvrages bois (Eurocode 5). En tant que MCF, j’encadre également des étudiants préparant leur thèse de doctorat.


      J’ai soutenu ma thèse dans la discipline Mécanique, Génie Mécanique, Génie Civil et la formation doctorale Mécanique des matériaux et des milieux complexes, des structures et des systèmes.


      J’ai également enseigné en lycée pendant quatre ans puisque j’ai été reçu au concours de l’agrégation de Génie Civil en 1995, option Structures et Ouvrages.(...)


    • Les meneurs

      Pour tout grand mouvement, il faut des leaders. Les grands manitous de la thèse conspirationniste portent les noms de Gage et Jones aux Etas-Unis, Chiesa en Italie, Fujita au Japon. 

      En France, si Bigard a exprimé son "scepticisme", d’autres sont beaucoup plus "actifs" : Petit, Meyssan, ou Henry-Couannier... 

      Il faut noter que, la plupart, ne sont pas spécialisés dans le calcul de structures. A part les saltimbanques et les artistes (Cotillard, David Lynch ou encore Darrio Fo remarquable dans son sketch du spécialiste en calcul de structures...) il se trouve bien quelques scientifiques (Jones...) mais rares sont ceux qui ont déjà utilisé un logiciel de calcul de structure.

      Quant aux architectes, il faut rappeler qu’en dehors des maisons individuelles, ils font systématiquement appel à des bureaux de calcul extérieurs pour dimensionner les éléments structuraux. 

      Nous verrons par la suite pourquoi j’ai du mal à accorder du crédit aux affirmations scientifiques de ces "leaders" de la théorie du complot.(...)

      Les cautions…

      Vous trouverez sur le site suivant les personnes soutenant le réouverture de l’enquête sur le 11 septembre : http://www.vigli.org.


      Je ne m’intéresserai bien sûr ici qu’aux cautions « scientifiques » puisque c’est sur ce plan là que je me suis placé… Je ne parlerai donc pas des Philosophes et Théologiens (Chapitre 1), Fonctionnaires et Politiciens (Chapitre 3), Pilotes (Chapitre 4), Survivants (Chapitre 5), ou Artistes (Chapitre 6). Après tout, chacun est en droit de soutenir la cause qu’il croit juste…
      Ce que je tiens à souligner par contre, c’est que tous ceux que je viens de citer reprennent systématiquement les arguments des 500 autres cautions (Chapitre 2)… Explorons donc en détail ces 500 signataires « 
      Architectes et ingénieurs ».

       

      De la page 8 à la page 26 nous avons les « Architectes et Ingénieurs civils et structurels ». Le reste ? Ingénieurs chimistes, mathématiciens, statisticiens, en environnement, électroniciens, informatique… C’est-à-dire aucune connaissance en matière de calcul de structures faut-il le rappeler.
      Si nous enlevons de la page 8 à la page 26 les architectes (vous allez croire que j’en veux aux architectes mais je vous assure que ce n’est pas le cas !) et autres contremaîtres, combien reste-t-il de signataires spécialisés dans le calcul de structures ??? Je peux me tromper (certaines dénominations sont tellement vagues !) mais personnellement, j’en ai compté… allez soyons généreux : une petite vingtaine… Même aux pages 52 à 56.
      Vous ne trouvez pas ça un tout petit peu léger ? En France, par exemple, vous trouverez plusieurs dizaines de bureaux d’étude ou de labo de structures… Des ingénieurs, vous en trouverez plusieurs centaines !! Et aux Etats-Unis ?? Et bien en multipliant par 5 environ, vous aurez quelques milliers de spécialistes… Et combien ont signé finalement cet appel ??? 20 à tout casser…

      Ce qui est assez remarquable, c’est que TOUS les autres signataires, quels qu’ils soient, reprennent les arguments de deux ou trois : Gage, Jones, Jovenko… Ils n’ont refait aucun calcul, ils n’ont rien analysé de plus : matériau ou structure… Ils le disent eux même : ils ont simplement regardé sur internet ou vu à la télé... Et pourtant ils affirment : ils affirment que les tours sont tombées à la vitesse de la chute libre (ce qui est manifestement faux : voir
      approximations), que la tour de Madrid… que le béton pulvérisé… que le métal en fusion… toutes choses qui ont été maintes fois expliquées sur les sites américains et maintenant ici. 

      La seule donnée réellement « scientifique » là-dedans, qui ne s’appuie pas sur des vidéos tronquées, des photos bidonnées, ou du bouche à oreille, c’est l’étude de Jones qui a trouvé du soufre et quelques autres éléments dans les décombres et sur de l’acier… La belle affaire !!! Le soufre est un des composants majeurs du gypse ( CaSO4,2(H2O) http://fr.wikipedia.org/wiki/Gypse ) qui est l’élément de base qui sert à la fabrication du… plâtre ! A combien évaluez-vous la quantité de plâtre dans les tours du WTC ? Ce sont plusieurs dizaines de tonnes… Trouver du soufre dans les ruines du WTC est donc plutôt rassurant… Que la poussière générée ait réagi avec de l’acier qui à certains endroits est monté à plusieurs centaines de degrés n’est donc pas une grande découverte… Le mécanisme de la réaction pourrait être étudié (certains l’ont même fait...) mais ça, je le laisse aux chimistes, pour le coup je ne suis pas compétent… Soulignons aussi que ce n’est certes pas la première fois que le Dr Steven E Jones trouve des résultats scientifiques intéressants, mais que ses conclusions sont souvent plutôt... ’controversées’ pour employer un doux euphémisme. Les plus curieux peuvent chercher sur le net. 

      Ce qui est sûr, c’est qu’à la différence d’autres personnes, je ne vous parlerai pas de choses dont je ne sais rien : on m’a demandé une fois ce que je pensais de la pelouse du pentagone ! j’ai répondu « je ne sais pas je ne suis pas jardinier »… Et c’est vrai : j’ai bien quelques notions de jardinage, mais il vaut mieux laisser cela à des spécialistes… De la même façon, mon boulanger fait de l’excellent pain et je ne me permets pas d’aller le conseiller sur les constituants de sa pâte !!

      Par contre, le calcul de structures, je peux en parler : j’ai fait huit ans d’études sur le sujet après le bac et je continue encore aujourd’hui par passion sur ce sujet, je pense donc avoir acquis un minimum d’expertise pour présenter un avis circonstancié sur la question. 

       

      Ma conclusion sera la suivante…


      Pour que je veuille bien croire à la thèse du complot interne, il faudra m’apporter d’autres arguments
      que la chute ’contrôlée’ des tours et les ’faibles’ dégâts sur le pentagone :
      scientifiquement, ça ne tient pas et vous verrez pourquoi dans les pages qui suivent…



    je vous invite à consulter ce sité et à réfuter scientifiquement les preuves fournies , une à une.
    •  



    autre site également consacré aux théories du complot : Conspiracy Watch





  • claude claude 30 mars 2009 16:10

    oups ! mille escuses, je me suis trompé d’onglets dans ma précipitation !

    j’ai copié/collé une critique du livre.
    voici l’entretien :

    Des Illuminés de Bavière au 11-Septembre

      L’increvable mythe du complot
    L’auteur du livre de référence sur les « Protocoles des sages de Sion » décrypte dans « la Foire aux illuminés » l’engouement pour les théories conspirationnistes et autres élucubrations ésotérico-politiques


    Le Nouvel Observateur. - Les « Protocoles » sont parus il y a tout juste un siècle. On sait depuis plus de quatre-vingts ans que c’est un faux. Vous-même, en 2004, avez entièrement démonté la supercherie(1).Et pourtant, beaucoup de gens, en particulier dans le monde musulman, persistent à s’y référer, à le citer, à le brandir. Comment expliquer cet aveuglement ?

    Pierre-André Taguieff.
    - Par la force du préjugé et le besoin d’explications simplistes. Ceux qui croient aux « Protocoles » croient que les juifs veulent dominer le monde. Tel est pour eux le sens caché de l’apparent chaos mondial. C’est un faux habile, qui s’inscrit dans toute une tradition conspirationniste. Il n’emprunte pas seulement au « Dialogue aux enfers entre Machiavel et Montesquieu » de Maurice Joly, texte fort consistant, mais aussi à toutes sortes d’écrits antisémites, de pamphlets antitalmudiques ou d’autres faux, comme « le Discours du rabbin » : un dirigeant secret du peuple juif s’adresse à ses pairs pour leur exposer comment ils vont conquérir le monde. Même imaginaire, même récit. Les « Protocoles » sont un faux fait avec d’autres faux, qui se valident mutuellement. Peu importe au fond, pour les croyants, qu’il s’agisse d’un plagiat : il suffit que le « document » paraisse « éclairant ». La thèse du complot, comme toute construction paranoïaque, est irréfutable : les preuves avancées qu’un complot n’existe pas se transforment en autant de preuves qu’il existe. Et, comme le suggère Hitler dans les quinze lignes consacrées aux « Protocoles » dans « Mein Kampf » :la preuve qu’ils sont authentiques, c’est que les juifs ne cessent de dire qu’il s’agit d’un faux...

      N. O. - Dans « la Foire aux illuminés », vous inscrivez les « Protocoles » dans une longue généalogie qui démarre avec la dénonciation des Illuminés de Bavière. Pourquoi accorder une telle importance à ces Illuminati que tout le monde avait oubliés jusqu’à ce que Dan Brown les exhume ?

    P.-A. Taguieff.
    - C’est le point de départ. Le mythe moderne du complot judéo-maçonnique vient de là. Dès la fin du XVIII
    e siècle, les auteurs contre-révolutionnaires dénoncent la « conjuration des Illuminés » : la Révolution française serait le fruit d’un complot visant à abattre l’Eglise et la monarchie. Et ce complot serait animé par les Illuminés, c’est-à-dire les francs-maçons qui portent la pernicieuse idéologie des Lumières. C’est la thèse que soutient l’abbé Barruel, dans ses « Mémoires pour servir à l’histoire du jacobinisme » (1797-1798). Les Illuminés de Bavière sont un ordre qui n’a existé qu’une dizaine d’années, de 1776 à 1785 (date de sa dissolution), et ne comptait guère que quelques centaines de membres. Mais, par la force de la légende, cette petite « société secrète » est devenue la mère de toutes les conspirations.

    N. O. - Que viennent faire les juifs là-dedans ?

    P.-A. Taguieff.
    - Ils n’apparaissent qu’ensuite. L’expression « complot judéo-maçonnique » surgit à la fin du
    xixe siècle. Le premier acte, dans la préhistoire des « Protocoles », c’est la fabrication d’une fausse lettre par l’abbé Barruel, en 1806. Il fait dire à un fictif capitaine Simonini : un ami juif haut placé m’a révélé que la secte qui dirige secrètement toutes les sectes, c’est la « secte juive ». C’est la tête du serpent. Thème que la droite antisémite ne cessera de développer. Le Vatican a beaucoup oeuvré dans ce sens : en témoigne la dénonciation du premier congrès sioniste de 1897 comme une réunion secrète de l’internationale juive, en pleine affaire Dreyfus. Cette propagande très efficace a inculqué le complotisme au monde chrétien.  

    N. O. - Le conspirationnisme, c’est-à-dire la croyance que des puissances occultes manipulent le monde, est de toutes les époques. Est-ce un phénomène politique ou une disposition naturelle de l’esprit humain ?

    P.-A. Taguieff.
    - Je penche pour l’historicité. Dans un monde régi par la magie ou la Providence, les forces occultes ne sont pas humaines, mais naturelles ou surnaturelles. Dès que tout est réduit à l’humain, les « sociétés secrètes » remplacent les démons et les élites invisibles sont accusées d’établir un ordre satanique. D’après Lévi-Strauss, le propre du mythe est de se re-fabriquer avec des fragments d’autres mythes. Voyez les transformations du mythe du complot mondial qui, originellement maçonnique, deviendra judéo-maçonnique, puis judéo-bolchévique, judéo-capitaliste ou ploutocratique, américano-sioniste... Depuis les années 1950, après le choc de la création d’Israël, l’antisionisme absolu a réactivé le mythe du complot juif pour la domination du monde, dont Israël ne serait que la face visible. Tout comme la fable colportée dans les milieux arabo-musulmans selon laquelle les juifs ne seraient pas allés travailler au World Trade Center le 11 septembre se nourrit de la mythologie des « Protocoles ».

    N. O. - Là, vous tombez dans le judéo-centrisme. Tous les mythes conspirationnistes ne sont quand même pas dirigés contre les juifs !

    P.-A. Taguieff.
    - Certes non. Dans mon précédent livre, « Prêcheurs de haine », j’ai privilégié la dimension antijuive du « mégacomplot ». Dans celui-ci, je me suis centré sur la mythologisation de la franc-maçonnerie, considérée comme « société secrète » subversive et criminelle, supposée incarnée par les Illuminés de Bavière. J’ai découvert que ce qu’on croyait n’être qu’une figure de l’antisémitisme moderne s’est en fait constitué comme une variante du complot maçonnique mondial.

    N. O. - Le propre des théories conspirationnistes est de créer des connexions entre des événements qui n’ont rien à voir. N’est-ce pas ce que vous êtes en train de faire ? Prenons la rumeur de Toulouse, ou les thèses de Thierry Meyssan : quel rapport avec les Illuminés ?

    P.-A. Taguieff.
    - Que les figures diabolisées soient le rouge, le juif, les « banquiers internationaux », l’administration américaine, aujourd’hui le terroriste islamiste, elles jouent le rôle d’ancrage empirique dans la réalité sociale. Il n’y a pas de mythe sans ancrage. Mais tout n’est pas dans tout. Précisons. Dans ce qu’on appelle communément la « théorie du complot », il faut distinguer quatre niveaux. 1) La simple peur du complot, un imaginaire « normal » dans les sociétés modernes désacralisées. 2) L’hypothèse que tel événement plus ou moins obscur s’expliquerait par l’action concertée d’un petit groupe d’hommes mal intentionnés. Au troisième niveau, le fonctionnement idéologique : on prétend expliquer l’évolution de la société par la causalité diabolique des « sociétés secrètes » ou des puissances occultes. Le quatrième niveau est celui du mythe : c’est la grande explication pseudo-historique que l’histoire universelle se réduit à la réalisation de programmes définis par des groupements secrets. Postulats communs : « On nous trompe » et « La vérité est ailleurs ».

    N. O. - Vous situez clairement la source de cette vision « complotiste » du côté de la droite cléricale, adversaire des Lumières. Mais vous n’hésitez pas à faire une soudure assez audacieuse avec la rhétorique d’extrême-gauche, altermondialiste en particulier, dénonçant la domination du monde par l’oligarchie financière...

    P.-A. Taguieff.
    - Avec celui de la décadence, le complot mondial est le principal mythe antimoderne de la modernité. Au
    xixe siècle, les milieux traditionalistes chrétiens dénoncent un complot contre Dieu... Puis surgit l’anticapitalisme révolutionnaire, nouveau vecteur du mythe des maîtres cachés du monde : les maîtres de la finance. Le mythe Rothschild est largement fabriqué par les premiers socialistes. Alphonse Toussenel, disciple de Fourier, publie en 1845 « les Juifs, rois de l’époque ». Marx et Proudhon réduisent le judaïsme à une sordide théologie de l’argent roi. L’espace du complot est bipolaire : à l’extrême-droite contre-révolutionnaire s’ajoute l’extrême-gauche anticapitaliste. Drumont va mixer tout ça... Les juifs se transforment en figure répulsive de synthèse.
    N. O. - Mais aujourd’hui, quel rapport entre les alters et l’extrême-droite ?

    P.-A. Taguieff.
    - La rhétorique est la même : hantise des maîtres cachés, cyniques et prédateurs, dénonciation des manipulateurs, lamentations sur le sort du peuple crucifié sur l’autel de la finance... L’antimondialisme d’extrême-droite reste vivace, notamment aux Etats-Unis, et nourrit une littérature répétitive du complot. Mais les sites antimondialistes de gauche, dits altermondialistes depuis 2000, regorgent aussi de complots. Les « véritables maîtres du monde » sont débusqués derrière le « nouvel ordre mondial » qu’ils sont accusés de mettre en place. Ils manipulent et contrôlent tout. Lisez un des maîtres à penser du néo-conspirationnisme d’extrême-gauche, Noam Chomsky !

    N. O. - Comment expliquer que dans notre monde surinformé, où l’accès au savoir n’a jamais été plus aisé, les théories conspirationnistes continuent de proliférer ?

    P.-A. Taguieff.
    - C’est un effet paradoxal de la transparence démocratique : plus elle met en lumière les actions des services secrets, des pouvoirs politico-financiers, des groupes mafieux, plus elle nourrit l’imaginaire conspirationniste. Vous y contribuez à votre façon. Le scoop est un peu le Graal de votre métier. Il faut « dévoiler », « révéler », dire « la vérité sur... » Ce faisant, vous alimentez l’idée typiquement conspirationniste que les apparences sont trompeuses, que « la vérité est ailleurs ». Le soupçon devient le mode ordinaire de perception des événements. Et se retourne contre ceux qui font l’information. Un des postulats du conspirationisme est justement que la presse ne dit pas la vérité.

    N. O. -D’où la passion des conspirationnistes pour internet...

    P.-A. Taguieff.
    - C’est le vecteur parfait pour la prolifération des rumeurs hostiles et des croyances magiques. Les théoriciens du complot l’ont bien compris - je pense aux amis de Dieudonné ou de Thierry Meyssan. Il permet de diffuser, sans aucun contrôle, des thèses délirantes qui ne pourraient pas être publiées. Et qui dans le monde du soupçon acquièrent de ce fait une valeur inestimable : avoir reçu l’information en confidence, de bouche à oreille, d’ordinateur à ordinateur, fait de vous un initié. Ici, pas de contre-pouvoir, pas d’appareil critique. Internet, c’est l’anti-Lumières.

    N. O. - Et aussi, expliquez-vous, le canal privilégié d’une littérature ésotérique d’extrême-droite en plein essor...

    P.-A. Taguieff.
    - Les connexions entre ésotérisme et complotisme se sont récemment multipliées : sous le couvert d’un ésotérisme de bazar se propage une thématique extrémiste qui bénéficie ainsi d’une audience considérable. Certains livres sont passés des librairies d’extrême-droite aux rayons « ésotérisme » des librairies généralistes. Ces accointances entre négationnisme habile, ufologie délirante et complot judéo-maçonnique mondial ont une bonne vingtaine d’années. Le texte fondateur de cette nouvelle vague est le livre des pseudo-historiens Michael Baigent, Henry Lincoln et Richard Leigh, « l’Enigme sacrée », publié en 1982 en Angleterre, et aussitôt best-seller. « L’Enigme sacrée » a deux postérités. L’une est fictionnelle : Dan Brown y a largement puisé pour son « Da Vinci Code ». L’autre, politico-complotiste : celle qui court dans la littérature ésotériconéonazie. Le lien n’est pas fortuit. Au
    xixe siècle, l’occultisme, dans la foulée du romantisme, se banalise au moment où se constituent les théories du complot mondial. Dans les deux cas, rien n’arrive par hasard. Tout se tient, tout est lié. Et rien n’est tel qu’il paraît être. La folie de décodage à la Dan Brown vient de là. Il faut décrypter, démasquer. On n’en a jamais fini...

    (1) « Les Protocoles des sages de Sion. Faux et usages d’un faux », nouvelle édition, Fayard-Berg International.

    Pierre-André Taguieff, 59 ans, philosophe, sociologue et historien des idées, est directeur de recherche au CNRS. « La Foire aux illuminés. Esotérisme, théorie du complot, extrémisme » paraîtra le 9 novembre aux Editions des Mille et Une Nuits (616 p., 23 euros).

     

    Laure Garcia, Claude Weill
    Le Nouvel Observateur




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