« le mélange est source de richesse, la fermeture est appauvrissement » L’antienne par excellence des hérauts du mondialisme, mais qui s’effondre d’elle-même si on la confronte aux faits. Si le Japon, le Royaume-Uni ou même la Bretagne ont une telle singularité culturelle par rapport aux régions qui les entourent, c’est parce que leur isolement géographique a longtemps permis une quasi-rupture avec le reste du monde. Le repli sur soi n’est pas la mort pour une nation, c’est juste l’assurance qu’elle cultive sa propre identité et qu’elle ne se résumera pas à un « patchwork culturel » des pays extérieurs. C’est d’autant plus vrai pour la diversité de l’espèce humaine. Jamais une telle différence physique ne serait apparue entre, disons, un suédois et un éthiopien, si ces deux peuples n’étaient pas géographiquement aussi distants et donc isolés l’un de l’autre. Les différences physiques ne se créent pas individuellement au sein d’une espèce, mais toujours par l’intermédiaire de groupes ethniques isolés qui évoluent chacun dans leur sens.
Une autre chose m’interpelle dans votre discours. Vous parlez souvent de ce qui peut émerger des mélanges culturels, ethniques, etc, mais jamais de ce qui y périt... Vous encensez la culture américaine « éclectique » qui croît de siècle en siècle, mais vous occultez l’essentiel : celle-ci n’a pu pousser que sur les décombres d’anciennes civilisations, exterminées depuis. Je ne suis pas sûr que tout ce qui vient progressivement combler ce « vide culturel » ait plus de valeur que ce qui y existait déjà...
« mais comment aurions-nous fait fonctionner notre pays sans eux ? » Le français moyen a deux bras et deux jambes. Il est aussi capable que n’importe quel nord-africain. Je ne vois pas où aurait été le problème, si ce n’est que les patrons n’auraient pas pu exploité leurs travailleurs comme ils l’ont fait, compte tenu du niveau de conscience syndical qui était déjà présent et suffisamment robuste dans l’ensemble des classes populaires françaises de cette époque.
"mais ils sont là, bon nombre sont maintenant français autant que vous
et moi (au sens de la nationalité française)" Bien sûr, et il est d’autant plus important d’affirmer le modèle français par l’assimilation (pas seulement par l’intégration !) au lieu de laisser se ghetto-iser les banlieues sous prétexte qu’elles n’appartiendraient pas à la France (cf votre titre)
@Robert Une « chance » ? Je veux bien qu’on considère l’immigration comme un défi social, ou comme une responsabilité sérieuse vis-à-vis de l’Humanité, mais ça n’a rien d’une « chance » pour le pays accueillant, notamment si on considère les sempiternels conflits sociaux et les pressions économiques exercées sur les salaires des emplois sans qualification. Encore une fois, les migrants n’ont pas pour objectif d’apporter quelque chose à leur pays d’accueil, mais simplement de survivre en fuyant le leur (ce dont on serait bien en mal de leur reprocher).
Qu’est ce qui vous laisse penser un seul instant que notre société a besoin de migrants pour se construire et perdurer ? Vous devriez songer - même si c’est un peu ringard j’en conviens - à visiter votre propre pays, au lieu de bourlinguer aux 4 coins du monde. La France et ses régions ont déjà leurs propres richesses culturelles sans qu’il ait besoin d’en importer en catastrophe, en surfant sur les tragédies humaines du monde entier.
Il faut aussi garder à l’esprit que, contrairement à ce que semble penser l’auteur, des populations entières ne s’exilent pas pour le seul plaisir de « mêler sa culture à l’Autre ». Les guerres, les famines, les massacres sont bien souvent à l’origine des flux migratoires et, donc, les principaux artisans des sociétés hétérogènes sur lesquelles semble fantasmer l’auteur...