La cognition humaine et son expression linguistique sont tellement insignifiantes que nous sommes dans l’absolue incapacité de s’extraire intelligemment des grands paradoxes « philosophiques ». L’archi-classique « opposition » du hasard vs finalité est exemplaire.
D’ailleurs Monod est faussement présenté ici comme le tenant du hasard « aveugle », alors que son célèbre opus y accolait la « nécessité » ce qui amoindrit considérablement le côté soit-disant aveugle de l’évolution hasardeuse… C’est bien la conjonction du hasard ET de la nécessité qui rend cette conception théorique aussi détonnante, à la limite du compréhensible pour le cerveau humain.
Bien sûr que les religieux et créationnistes mettent un coin dans tous les interstices de la confusion lexicale entre finalité, déterminisme, nécessité ou téléonomie pour y enfoncer à coups de marteau leur « créateur » divin…
Pas besoin de « lui » pour constater les propriétés auto-organisatrices de la matière, des systèmes stellaires aux attracteurs « étranges » du soi-disant « chaos »…
Je pense que cet article reprend une controverse purement sémantique pour lui donner une allure de modernité. C’est un jeu de l’esprit comme on en trouve tous les jours dans la médiasphère ou dans les sujets de bac-philo, mais l’irruption grandissante des religieux commence à devenir insupportable et ce genre d’article est, une fois de plus, un véritable appeau à l’obscurantisme et à l’irrationnel des croyants.
NICOPOL,
Je persiste (il me faut aussi me répéter) : vous extrayez des bouts de phrases qui vous arrangent et les mettez en exergue, niant les longues analyses qui vous déplaisent, les conclusions et même l’esprit général des résultats.
Vous passez sous silence les dizaines d’études qui concluent peu ou prou qu’il n’y aucune différence majeure chez les enfants de parents gays, mais n’hésitez pas à retenir une unique étude qui indiquerait des relations « moins chaleureuses » ou plus « anxieuses » (sic). Une seule… dont vous ne relevez d’ailleurs pas les biais méthodologiques qui me paraissent colossaux.
Est-ce que ces différences dans cet échantillon, ne sont-elles pas dues à bien d’autres facteurs ? dans un autre échantillon où varieraient, par exemple, l’âge, la stabilité du couple, le niveau social, l’environnement culturel et/ou homophobe, etc, n’y aurait-il pas eu d’autres résultats ? et ces « différences » (d’ailleurs à démontrer) ne seraient-elles pas accompagnées d’autres différences au niveau intellectuel ou professionnel (meilleure réussite, intégration, autonomie, etc) ?
Sourions un peu… : ne trouvez-vous pas curieux que cette étude s’appuie sur des femmes (et non des hommes) dont le père est gay et teste des qualités ô combien féminines : elles sont moins aptes à « faire confiance », à « demander de l’aide », plus « anxieuses » dans les relations « amoureuses » (!), moins « à l’aise » dans « l’intimité », des relations moins « chaleureuses »…
C’est une vraie caricature… Sincèrement, sont-ce des questions que vous auriez transposées telles quelles dans une étude sur des fils de gays ?
Ces batailles d’études sont pétries de mauvaise foi et souvent d’inculture. J’ai lu que dans l’une des études, il était pointé une différence parmi d’autres : les enfants de couples de même sexe sont moins… homophobes ! Cela ne mérite plus un sourire, mais un éclat de rire...
Sabine, « Vous savez alors que l’étude que vous mettez en lien dit elle-même ses limites, »…
Tandis que les TRÈS nombreuses études montrant les conséquences néfastes de l’homoparentalité, elles ne présentent évidemment aucune limite ni biais méthodologique…
(n’oubliez surtout pas d’en donner toutes les références… )
« Et c’’est sur l’étendue d’une vie qu’on juge des conséquences de ce qui se passe dans l’enfance »…
Le principe de précaution, si vous ne le connaissez pas : il faut suspecter un risque. Depuis trente ans, aucune étude n’a pu démontrer ce risque. Dans d’autres pays, les enfants de familles homoparentales sont déjà reconnus et étudiés et ils ne présentent pas de différence avec les enfants de familles hétéroparentales. Mais parce que vous êtes angoissés et frileux, il faut que les familles homosexuelles attendent 80 ans pour vous faire plaisir et calmer vos inquiétudes infondées ?!
« Quant aux enfants vivant déjà au sein d’un couple homosexuel, vous posez la question »qu’est-ce qu’on fait d’eux ?".
Mais pourquoi ne pas poser aussi et même d’abord à certains parents cette question : • vous avez délibérément contourné la loi (don anonyme ou mère porteuse dans des pays étrangers), sachant que cela mettre votre enfant face à des difficultés dans son pays et qu’il ne sera pas égal aux autres vis-à-vis des lois ?"
Là, je dois dire que cette accusation est honteuse. Je vous parle des enfants nés dans un contexte d’une ancienne vie hétéro : leurs parents ont contourné la loi ? ils sont en difficulté d’être nés aussi ignominieusement de parents « bi » ou qui ont modifié leur orientation au cours de leur vie ?
Je ne vois pas où vous allez chercher vos comportements « illégaux » ! il n’y en a aucun, d’aucune façon. Même de ramener de l’étranger un embryon dans son ventre n’est aucunement illégal !!!
Franchement, vous ne vous grandissez pas avec ces allégations.
Sabine, D’abord, il y a de très nombreux contributeurs, au contraire, qui ont brillé par leur retenue… (je pourrais retrouver 10 à 20 pseudos) ce qui est loin d’être le cas (euphémisme) des opposants.
Ensuite, si j’ai parlé de « retenue », c’est par pure gentillesse alors que j’avais envie d’utiliser des qualificatifs moins sympathiques, plus proche de la posture et de la fausse humilité.
Vous parlez d’intelligence de l’auteur à douter. Moi j’évoque le manque d’information. Je lui en donne. Il aura moins de raisons de douter ensuite. Quand on ne sait pas, on se renseigne.
« Il faut distinguer des situations qui sont différentes ».
Je suis bien d’accord et je ne cesse de critiquer l’amalgame des opposants à la loi. J’ai dit ici même : il y a 200 à 400 000 enfants qui sont DÉJÀ dans la situation d’une famille homoparentale… on fait quoi de ces enfants ?
Sinon, toutes vos autres interrogations ne concernent absolument pas cette loi mais l’adoption dans son ensemble ! n’oubliez pas que l’adoption avec toutes ses conséquences, bénéfiques ou non, existe déjà, autant chez les couples mariés que les célibataires (où sont les sacro-saints « référents » ?). Je trouve curieux de devoir toujours répéter les mêmes arguments d’évidence comme si les gens ne lisaient pas ou ne réfléchissaient pas aux réponses qu’on leur fait.
NICOPOL,
En extrayant des petites séquences de mots qui vous arrangent au détriment d’un long article, vous le manipulez. Je n’ai pas lieu de m’en étonner puisque sur ces fils, ce qui compte, c’est d’avoir raison au prix de toutes les distorsions et amalgames.
Donc, pour les lecteurs trop pressés pour se plonger dans une étude argumentée, je vais alors citer le début des conclusions :
« Plusieurs dizaines d’études avec des questionnaires standardisés et des entretiens semi-structurés n’ont pas montré de différence entre les enfants de familles homoparentales et les enfants de familles hétérosexuelles en termes de développement, de capacités cognitives, d’identité ou d’orientation sexuelle. » C’est clair, non ?
Et si vous avez du mal avec cet article « professionnel », je vous conseille un article de vulgarisation (un chat) du même chercheur sur Le Monde.fr, vous le trouverez facilement, je n’ai pas noté sa référence.