Salut Vox, ce n’est pas une question d’économie en réalité. Les riches ont toujours payé au prorata de leurs richesses en République. La question est : où met-on le curseur ?
Le fait est que, de tout temps, les riches hurlent que l’État les égorge, qu’il les spolie… Aujourd’hui pareil, ils chougnent, font du lobbying, alors que tous les indicateurs sont en leur faveur, que les inégalités se creusent et que les riches sont toujours de plus en plus riches tandis que les pauvres sont de plus en plus pauvres, que 50% du patrimoine est détenu par les 10 % les plus riches.
Aujourd’hui, il font semblant d’oublier qu’ils se sont gavés pendant 10 ans, que depuis 5 ans le bouclier fiscal et les niches ont gonflé leurs avoirs tandis que le pays s’endettait comme jamais, que la dette s’est creusée de plus de 70% en 5 ans (! !) passant de 912 milliards à 1690 milliards…
La vérité est que ce ceux qui ont de l’argent n’en ont jamais assez. Qu’ils ont de quoi, eux et leurs familles vivre mille vies dans le luxe mais que c’est encore trop peu, toujours trop peu…
La question n’est pas Depardieu, pauvre pépère, on voit bien qu’il rame comme un con pour avoir l’air d’être riche, pour exister, lui le petit voyou de Châteauroux, mais les autres, qui tirent les ficelles, le mettent en avant, quand ils ne mettent pas en avant les petites entreprises alors qu’ils s’empiffrent derrière avec les revenus colossaux des grosses du CAC, qui gavent toujours plus leurs actionnaires, et toujours cette menace : ne me taxez pas, ou je m’en vais ! car ils n’en ont jamais assez… jamais.
Et les cons de pauvres de droite qui leur servent la soupe et restent en France avec leurs 3 francs 6 sous ! qu’est-ce qu’ils se marrent les vrais gros bénéficiaires ! c’est pitoyable.
Quel ingénu, cet Éric… je repose plus clairement ses questions :
• pourquoi le gouvernement pousse-t-il les très riches à aller ne pas payer d’impôt à l’étranger alors qu’ils pourraient très bien ne pas payer d’impôts en France ?…
• comment le gouvernement peut-il à la fois « perdre des ressources fiscales » en créant l’ISF qui fait fuir les très riches et « perdre tout aussi bien les ressources fiscales » en ne créant pas l’ISF qui les ferait rester ?…
Si je comprends bien, avec les très riches, l’État perd ses ressources fiscales quoi qu’il fasse : soit ils daignent rester si on ne les taxe pas, soit ils s’en vont si on les taxe… Les très riches sont des gens sensibles, et d’une extrême susceptibilité… Les très riches ne sont pas habitués à ce qu’on leur parle comme ça. Les très riches veulent des égards, mais à choisir ils préfèrent encore l’argent à l’honneur…
Eric Dupin : « Une société de chiens - Petit voyage dans le cynisme ambiant » (Seuil, 2006).
Son introduction est sur le net, son titre : SANS FOI NI LOI.
Quelques extraits :
"Quand tout le monde triche ou presque, bien sot est celui qui demeure honnête. Gare à ce demeuré qui s’écarte du mode de vie dominant de l’époque. Il sera pris pour un lâche, un prétentieux, un archaïque, un bigot, un idéaliste, bref, un crétin.
[…] Se dire que le monde se divise entre les poires et ceux qui les mangent. Se défier comme de la peste de tous les beaux discours, mais exceller à les tenir avec un sérieux papal pour abuser les gogos. Au final, ne vénérer que la réussite, et l’argent qui en est devenu l’universelle mesure.
[…] Le cynisme est l’attitude logique de ceux qui ramènent le monde à eux-mêmes. L’individu ne se reconnaît alors pas d’autre guide que la poursuite de ses propres intérêts. Aucune espèce de conviction ne saurait entamer sa superbe liberté.
[…] En ces temps d’hyper-consumérisme, l’argent est naturellement l’étalon absolu de la réussite. Le cynisme ambiant est inséparable du nouveau culte du veau d’or. Chacun est de plus en plus jugé d’après sa rémunération. La hiérarchie des professions a cessé d’être dominée par le prestige d’un métier ou son utilité sociale. Elle se décline désormais d’abord sur un mode monétaire.
[…] Tous les coups sont permis, à la seule condition de ne pas se faire prendre.
[…] On pardonne tout à celui qui réussit. Personne ne lui cherche noise. […] Gare toutefois aux revers de fortune. L’échec réveille toujours brutalement la critique sociale. L’insuccès repeint très vite en noir une destinée hier encore encensée de toute part. […] La réussite, c’est le bien. L’échec, c’est le mal. Qu’importe la méthode."
Meuh non, moi, je l’aime bien ce lien où on apprend que ces pays hautement gauchistes et à la fiscalité confiscatoire que sont les USA et la Grande Bretagne saignent leurs riches par d’indignes taxations !
• "La Grande-Bretagne a perdu les deux tiers de ses millionnaires après avoir augmenté le taux maximal d’imposition sur le revenu de 40% à 50% en 2010. Au final, cette hausse d’impôt a fait perdre au fisc britannique sept milliards £.
• Plusieurs compagnies américaines importantes se sont réincorporées ailleurs dans le monde afin de réduire leur fardeau fiscal.
• Des dizaines de grandes compagnies américaines paient actuellement des « dividendes spéciaux » à leurs actionnaires pour leur permettre d’éviter la hausse de taxe qui entrera en vigueur le 1 janvier 2013.
• Le triple champion olympique Usain Bolt a annoncé qu’il refuse de participer aux compétitions sur le territoire britannique, car il juge confiscatoire l’impôt exigé sur ses gains."
Bientôt, les milliardaires ne vont plus savoir où s’exiler pour être tranquilles, c’est un monde ça !…
Ce qui est pénible avec ces articles se positionnant sur le registre des analyses délicates et déférentes, pétries d’un apparent bon sens ou s’en revendiquant, c’est d’y trouver à chaque coin de phrases des déclarations de principe, je dirais, sans vouloir être discourtoise : du blabla creux et mal articulé qui démolit la noble intention.
En soi, je m’en fiche un peu, mais ces longues péroraisons censées apporter la lumière et la bonne parole aux manipulés et manipulateurs de l’idéologie politique, me donnent furieusement envie de percer la baudruche par qques coups d’épingles et de mettre à bas la parole doucereuse.
Que l’auteur ait son opinion spirituelle bien arrêtée sur le sujet : soit, mais qu’il veuille convaincre qu’il détient une vérité positive, au point d’envoyer une lettre au Président de la république, qui, normalement, ne devrait pas être le dernier des imbéciles, cela montre une extraordinaire suffisance. Il faut au moins être à la hauteur du défi. Pourquoi pas ? Au travail.
Mais non. Le philosophe, certainement respectable et instruit, déroule ses clichés habituels sur la question comme n’importe quel curé en chaire.
Et du « droit naturel »… ! et de la « complémentarité des sexes » comme le premier constitutionnaliste salafiste venu… ! et du « droit à l’enfant » qui n’existe que dans les fantasmes homophobes et les éléments de langage qu’on lui a distribués… ! et la rencontre d’un « homme et d’une femme » (monsieur le philosophe a oublié qu’il s’agit de la rencontre d’un ovule et d’un spermatozoïde, ce qui n’est pas la même chose)… et la filiation… ah ! la filiation de monsieur qui, marié, donnera automatiquement sa paternité à l’enfant de son épouse même si le père est le plombier… et l’enfant « connaîtrait en vérité d’où il est » ?!
J’hésite quand même entre le neu-neu ou l’hypocrisie. En tout cas, ce n’est pas un article qui devrait convaincre notre président de surseoir et de « prendre en considération la déstabilisation gravissime » de cette loi… euuuh… J’admire L’Ankoù de sa longue réponse avec laquelle je suis d’accord, mais moi, je n’ai plus la patience d’argumenter avec les dévots.