je partage totalement votre vue quand vous dites "Je reste convaincu que c’est le volet criminogène de cette
conception - la
croyance dans une volonté de violence de Dieu - qui conduit au
"calvaire
des baha’is d’Iran« (entre autres) »
Toutefois, je ne pense pas qu’il appartient aux baha’is dont le but est de reconcilier les religions de donner des leçons aux autres, mais de s’efforcer de s’améliorer eux mêmes. Bien Cordialement à vous.
un ajout en
anglais aux références citées précédemment, je peux recommander ce travail de réflexion
mené par Ali Nakhjavani sur l’ordre mondial futur, tel qu’il est pressenti par
les bahá’ís : http://bahai-library.com/nakhjavani_talks_world_order
Pour les bahá’ís les dénominations utilisées pour les « manifestations
de Dieu » sont équivalentes. Un peu comme en regardant le soleil dans un
miroir on peut parler de miroir, l’image (fils) du soleil, rayon du soleil (Saint
Esprit) ou même du soleil (Dieu) sans qu’il y ait transformation. Là où le bat
blesse est que ces dénominations peuvent être utilisées pour se croire
supérieur aux autres : « mon Dieu est plus grand que le tien »,
une aberration pour les bahá’ís, car on fait de la religion, source d’unité,
une source de conflit.
Une fois de plus, l’extrême urgence de la situation mondiale fait qu’il est
indispensable de tourner la page sur les anciens conflits auxquels vous vous
référez pour réconcilier les religions et jeter les bases d’une entente
planétaire, regarder l’avenir de nos enfants et petits enfants, au lieu de se
chipoter sur les sottises qu’ont pu faire nos ancêtres mal informés, aussi
horribles et vraies qu’elles soient. Cette entreprise est vitale, établir la
vérité historique à coup de déclarations ne l’est pas.
La foi bahá’í n’est pas une entreprise de donquichotte mais un projet de
civilisation mondiale. Elle ne se contente pas d’accuser les vilains en
dénonçant leurs méfaits, mais elle proposer une voie de sortie à la crise
planétaire. Le calvaire des bahá’ís d’Iran est un calvaire consenti par ceux
qui ont le courage de se lever pour proposer autre choses que la politique en
place dont les méfaits sont évidents pour tout être conscient. Les trois jeunes
bahá’ís de Chiraz en prison y sont pour avoir organisé des cours pour étudier
des idées comme celles que j’expose ici et pas pour avoir exposé des évidences
sur le régime, comme l’ont fait avant eux les bahá’ís allemands sous le
nazisme.
Je ne peux que vous encourager à contacter les bahá’ís
de votre région afin d’échanger sur ces sujets dans les cercles d’étude ou des
séances de prières multiconfessionnelles qu’ils organisent.
Selon vous depuis 2000 ans les chrétiens ont maintenu les bases de la violence religieuse en acceptant et en transmettant l’idée que
Dieu qui la commandait dans l’Ancien Testament. Pour moi il s’agit d’une
régression commise par les chrétiens et non d’une faiblesse du message du
Christ. Errare humanum est.
La foi aveugle est incontestablement proscrite dans la foi bahá’íe, mais
les humains mettereont du temps pour y parvenir.
Vous estimez que sous prétexte de ne pas « livrer combat »,
c’est-à-dire ici de ne pas critiquer les religions précédentes, les bahaïs
laissent croire à leur tour que les violences attribuées à Dieu le sont à juste
titre. Vous confondez « critiquer » et combattre. Le Báb et
Bahá’u’lláh ont dénoncé en termes on ne peut plus véhéments les agissements des
religieux de leurs temps, ce qui leur a valu une persécution impitoyable.
Bahá’u’lláh a interdit la violence en la remplaçant par la sagesse des paroles.
Les études sur la vision de Shoghi Effendi (notamment détaillée dans son
œuvre « l’Ordre Mondial de Bahá’u’lláh ») sont très nombreuses et
disponibles en ligne. Il y a en particulier celui par Ali Nakhjavani, ancien
membre de la MUJ. La Maison Universelle de Justice ne peut altérer les interprétations
de Shoghi Effendi. Il n’a jamais été question d’autre chose que de relations
entre la MUJ et les états du monde, états qui à terme évolueraient en
confédération mondiale.
Dieu n’a ni commandé ni « prescrit » la violence, mais dans ses
messages a cherché à canaliser et apaiser la violence inhérente à la nature
bassement animal qui sommeille en nous. Bahá’u’lláh a même interdit la guerre
défensive autorisée par le Báb. Que les religions vous entendent et assument
leur devoir de se prononcer explicitement et fermement ce rejet, comme l’a fait
la foi bahá’íe depuis 167 ans et comme les nombreuses déclarations en lignes de
la Communauté Internationale bahá’íe, ONG auprès de l’ONU, en témoignent.
Le pacifisme n’est pas synonyme de passivité complaisante et coupable et le
calvaire des bahá’ís d’Iran en témoigne amplement.
Merci de vos remarques. En effet les
bahá’ís croient à la complémentarité de la raison et de la religion et non à la
suprématie de l’une sur l’autre. L’histoire montrera si cet enseignement bahá’í
aura été bénéfique ou non. Shoghi Effendi n’a pas transformé le contenu
spirituel de la foi, mais simplement mise en place une structure administrative
pour canaliser et organiser les activités d’une communauté qui a pris de la
taille et qui continue à grandir et dont la taille ne permet pas de l’organiser
et administrer comme au temps de Bahá’u’lláh et d’Abdu’l-Baha ; une telle
structure qui en aucun cas ne doit remplacer le contenu qui reste l’essentiel.
La Maison Universelle de Justice est un corps d’arbitrage sur les questions
religieuses, qui est destiné à travailler en harmonie avec les gouvernements du
monde qu’elle cherche à inspirer avec les enseignements bahá’ís, mais en aucun
cas une forme quelconque de gouvernement.
Quant au droit de “mettre en avant son
opinion personnelle ou d’exprimer ses convictions particulières" il s’agit
de faire valoir son avis comme autoritaire. Tous sont invités et encourages à
s’exprimer librement au sein d’une “consultation”,mais l’avis d’aucun erudit ne peut faire valoir son avis
comme faisant force de loi, puisqu’en dernier recours il appartient à la Maison
Universelle de justice d’étudier et de se prononcer sur les cas litigieux.
Quant à vos 9 points :
1/ plutôt que de dire que Dieu « commande »
on devrait dire que Dieu prescrit et à chacun appartient de choisir librement
de suivre ou de ne pas suivre ses commandements et accepter les conséquence de
ses actes. Le jour ou un état
accueillera les principes bahá’ís comme inspiration à ses lois, il appartiendra
à cet état de veiller à leur exécution.
2/, 3/, 4/, 5/, 6/, ce que les autres institutions
religieuses maintiennent dans leurs enseignements n’est pas du ressort des
bahá’ís. Le conflit et la violence sont explicitement et on ne peut plus
clairement condamnés par les bahá’ís. Les bahá’ís ne peuvent qu’être d’accord
avec votre condamnation de la violence sous toutes ses formes, alors combien
plus quand elle est « sacralisée »
7/ Les bahá’ís ne livrent pas combat mais
appliquent et présentent comme exemple leurs enseignements, confiants que les
idées désuètes se déshonoreront et subiront un abandon automatique.
8/ quant aux chocs des conceptions et des
civilisations, je pense que le monde a besoin d’exemples et des résultats et
malheureusement l’histoire montre que c’est devant l’écroulement des civilisations
que les nouvelles prennent racine. Hélas, mille fois hélas, l’homme n’accepte
pas de changer facilement sans y être contrainte par la force des évènements…
9/ Connaissant la foi bahá’íe, vous pouvez
peut être indiquer si vous y trouvez une sacralisation de la violence.