Les bahá’ís ne cherchent pas à faire survivre leur communauté mais la
communauté mondiale dont ils font eux-mêmes partie.
Le pacifisme bahá’í s’abstient
de toute critique à l’encontre d’autrui et se contente de promouvoir une
relation autre que celle en place entre les peuples et cultures en vue de la
conciliation. Les enseignements spirituels de toutes les religions sont
immuables, mais les aspects sociaux des enseignements d’autrefois étaient
adaptés aux besoins de leur époques et ne sont pas appropriés à notre monde de
ce jour.
Un tel pacifisme sous-entend une confédération mondiale, un corps
d’arbitration international et un désarmement général avec une force de
maintien de la paix. Voila comment les relations interhumaines se définissent
pour les bahá’ís :
"O
vous, bienaimés du Seigneur ! En cette dispensation sacrée, les conflits et les
discordes sont rigoureusement interdits. Tout agresseur se prive de la grâce de
Dieu. Il incombe à chacun de faire preuve d’affection, de droiture, de
franchise extrêmes et de bonté sincère envers tous les peuples et tribus de la
terre, amis ou étrangers. L’esprit d’amour et de bonté doit atteindre un tel
degré que l’étranger puisse se sentir comme un ami et l’ennemi comme un
véritable frère, aucune différence ne les séparant plus. Car l’universalité
vient de Dieu et toutes les limitations appartiennent à la terre.
Aussi
l’homme doit-il lutter pour que son être réel puisse manifester des vertus et
des perfections dont la lumière pourra briller sur tous. La lumière du soleil
éclaire le monde entier et les ondées miséricordieuses de la Providence divine
tombent sur tous les peuples. La brise vivifiante ranime toutes les créatures
vivantes ; tous les êtres doués de vie ont leur place et leur part à sa table
céleste. De même, l’affection et la tendre bonté des serviteurs du seul vrai
Dieu doivent, généreusement et universellement, s’étendre à tout le genre
humain. Ni restrictions, ni limitations à cet égard ne sont autorisées.
Donc,
ô mes amis affectueux ! Fréquentez tous les peuples, les tribus et les adeptes
des religions du monde en toute franchise, droiture, fidélité, bonté, bonne
volonté et amitié, pour que le monde de l’existence soit rempli par la sainte
extase de la grâce de Bahá, que l’ignorance, l’inimitié, la haine, la rancune
disparaissent de la sur face de la terre, et que les ténèbres de l’éloignement
qui sévissent chez tous les peuples et tribus cèdent la place à la lumière de
l’unité. Si d’autres peuples et nations vous sont infidèles, montrez vous
fidèles envers eux ; s’ils sont injustes avec vous, soyez justes pour eux ; s’ils
restent distants, attirez-les ; s’ils font acte d’hostilité, agissez amicalement
envers eux ; s’ils empoisonnent votre vie, adoucissez leur âme ; s’ils vous
infligent une blessure, soyez un baume pour leurs douleurs. Tels sont les
attributs des sincères ! Tels sont les attributs des êtres de vérité."
@ Pierre Régnier, merci pour ces explications que je tacherai d’approfondir pour essayer de comprendre de quelle façon vous concluez que la foi baha’ie correspond à vos critères « criminogènes ». Toutefois, vos remarques me rappellent parfois la vision de ceux qui considèrent la religion comme une sorte de tare congénitale plus ou moins nécessaire et que faute de pouvoir en extirper les racines, il faudrait au moins l’aseptiser. Si la sucette s’avère nécessaire pour calmer les âmes faibles, qu’elle soit au moins propre.
Vous louer à juste titre les efforts de reforme alors que pour les baha’is c’est la religion qui doit reformer le caractère humain, à moins que son message ayant subi l’outrage du temps ait perdu son pouvoir régénérateur et qu’un nouveau message, un nouveau chapitre dans le livre de l’éducation spirituelle soit attendu de son auteur divin.
Pour les baha’is il ne s’agit pas de réparer des religions poussiéreuses ou de trouver une religion sur mesure pour satisfaire les besoins des promoteurs de la mondialisation, la recherche d’une « âme pour l’Europe », comme certains l’ont demandée, mais le constat d’une nouvelle force éducative qui depuis un siècle et demi a fourni les bases spirituelles de ce changement devenu inéluctable par l’évolution scientifique.
Cette foi a fait ses preuves en soudant des âmes d’horizons les plus disparates en une communauté mondiale en pleine croissance. C’est sur des telles bases spirituelles qu’une civilisation peut se construire, comme un arbre se construit à partir d’une graine, alors là où les efforts de fédéralisme sans une fondation spirituelle échoueront, tout comme se flétriront des branches rattachés à un tronc d’arbre. Les baha’is ne s’engagent pas dans le combat pour la désintégration d’un ordre mondial défaillant, mais s’applique à construire les bases spirituelles de celle qui doit venir.
Merci d’avoir donné votre avis et de détailler ce que vous entendez par « croyances criminogènes » Pourquoi pas un article à ce sujet ?
Pour ma part j’essaie de présenter les enseignements baha’is qui sont un cadeau à l’humanité le plus fidèlement possible, mais selon ma compréhension, sans rejetter ni édulcorer les différents aspects selon mon gout ; A chacun de se référer aux écrits personellement pour en puiser ses inspirations. Ceux qui se disent baha’is, adoptent ces écrits comme le fil guide pour leur vie.
@ Pierre Reignier, j’oubliais de dire que par principe, les baha’is ne cherchent pas à commenter les défaillance des autres, mais à annoncer leurs propres principes parfaire leur propre comportement, ce qui n’a pas empeché Baha’u’llah a critiquer copieusement dans ses écrits les chefs d’état de son temps, certains membres du clergé persan, ce pour quoi les baha’is d’Iran payent aujourd’hui.
@ Pierre Reignier, Les écrits que les baha’is croient inspirés d’une source surnaturelle, à l’instar de ceux que j’ai exposé ici, condamnent toute forme de violence sans appel, et à plus forte raison celle exercée au nom de la religion. Ce qui c’est passé historiquement et qui persiste encore aujourd’hui, est attribuée à l’immaturité de l’humanité qui maintenant entre dans l’age de raison et évolue vers la Plus Grande Paix et une civilisation planetaire.
La seule forme de violence acceptée serait éventuellement celle usé par les institutions, sous l’égide d’une structure d’arbitrage pour pacifier les violents.