Un quadra parisien qui se pose beaucoup de questions sur la démocratie française, un opposant farouche à la pensée unique.
Un membre de l’association CLARA
Votre article comprend une erreur : sous le vocable peu précis de mère porteuse sont désignées deux pratiques totalement différentes. La procréation pour autrui qui est basée sur l’insémination artificelle d’une femme qui va donc transmettre son patrimoine génétique. Mais aussi le procréation où seront implantés dans l’utérus de la femme qui porte pour autrui des embryons qui n’ont aucun lien génétique avec elle.
D’autre part, vous parlez de créneau porteur en Inde. On ne peut généraliser le cas de ce pays aux autres : l’Inde, contrairement à quasiment tous les pays qui ont légiféré, n’a pas mis en place un dispositif légal qui limite les échanges d’argent au remboursement des frais liés à l’état de grossesse. Regardez les législations d’autre pays comme l’Australie, le Canada, la Grèce ou les USA (Uniform Parentage Act) et vous aurez un véritable aperçu de la pratique.
Enfin, je conteste le risque d’eugénisme qui est agité par les intégristes qui refusent tout progrès scientifique. L’eugénisme médical n’est rien à côté de l’eugénisme social. Détecter quelques maladies invalidantes ne pèse pas grand chose devant les stérilisations massives de personnes jugées inaptes à la parenté (handicapés mentaux, sourds, aveugles, délinquants, pauvres, minorités ethniques...) qui ont été pratiquées jusqu’aux années 70 aux USA , au Canada, en Suède, au Pérou... On peut ajouter que prohiber l’accès à l’ensemble ou à certaines formes d’Assistance Médicale à la Procréation telles que le don de gamètes ou la gestation pour autrui (au passage au mépris des articles 16 et 27 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme) relève aussi de l’eugénisme social. En effet, empêcher l’accès aux soins, c’est de fait une stérilisation passive.
Au final, je trouve votre titre fortement stigmatisant et relevant de la conviction personnelle. Vous n’apportez aucun élément factuel qui pourrait aller dans le sens de l’argument de la souffrance des enfants nés par AMP. Et pour cause, les études montrent exactement le contraire ! Par exemple, allez lire ce qu’a écrit Susan Golombok sur la question.
Vous ne lisez pas ce qui est écrit et vous êtes hors sujet. Mon billet analyse un problème juridique aux conséquences désastreuses. Il n’est pas un débat pour ou contre la gestation pour autrui.
D’autre part, votre analyse passe à côté des enjeux de la gestation pour autrui. En aucun cas il s’agit de mettre un enfant au monde pour le donner. Il s’agit d’aider un couple infertile en aidant leur embryon à devenir un bébé parce que la mère ne peut le porter, parce qu’elle n’a pas d’utérus ou que celui-ci ne peut le faire. La femme qui porte l’enfant ne le donne pas, ce qu’elle donne, et qui est inestimable, c’est beaucoup de temps et d’affection pour une famille en devenir. C’est pour ces raisons que sauf exception, les relations continuent après l’accouchement.
Pour l’adoption, je constate que vous ne savez rien répondre à ce que j’ai évoqué.
Maintenant, qualifier cela d’un caprice de nanti montre toute l’incompréhension que vous avez du sujet. Ces couples ne sont sûrement pas des nantis, parce qu’il ne peuvent pas avoir d’enfant sans aide, ce qui est visiblement pas votre cas (d’où votre manque absolu de compassion et d’empathie). D’autre part, réfléchissez un tout petit peu : si c’était un caprice, l’homme pourrait le réaliser en se portant sur une autre femme. Si des hommes sont prêts à affronter un véritable parcours du combattant pour avoir un enfant avec une femme privée d’utérus, c’est bien un acte d’amour, et cela n’a pas grand chose à voir avec le caprice. S’il faut parler de nantis, c’est bien les couples qui peuvent pondre des enfants à volonté ou sans volonté, et non pas ceux que vous condamnez sans recul et sans connaissance de leurs motivations et de leur éthique. Facile...
Pour avoir lu le livre de ce couple (Interdits d’enfants), aucun signe n’indiquait cette incroyable bataille judiciaire. Depuis l’interdit français de 1994, les couples infertiles français étaient nombreux à aller à l’étranger et personne n’y trouvait à redire : les transcriptions d’état civil dans les registres français se faisaient sans aucun problème. De plus les textes internationaux qu’a signé la France sont très clairs : chaque pays doit reconnaître l’état civil des personnes. C’est ce que disent en substance les juges en déclarant ne pas contester l’état des personnes ni l’opposabilité de l’état civil américain. Personne ne pouvait donc imaginer que le parquet français se lancerait en 2000 dans des années de procédures (plus de huit ans aujourd’hui et ce n’est pas terminé) pour un résultat improbable qui ne satisfait personne. Le reste n’est que de l’argutie juridique faite sur le dos du contribuable qui préfèrerait voir cet argent dépensé dans la réinsertion des prisonniers dont on nous rabat les oreilles au sujet des récidives.
Quant à vos propos insultants sur la gestation pour autrui, il ne vous honorent pas et ne font que montrer votre intolérance et votre méconnaissance du sujet. Renvoyer à l’adoption est un faux débat, ce n’est pas la même chose que de participer à un processus procréatif dans lequel on peut transmettre son patrimoine génétique. De plus, c’est vraiment considérer l’enfant comme un objet en le transformant en solution obligatoire à l’infertilité. L’adoption sert à donner une famille à un enfant, pas le contraire. Et en France, il y a 20 000 naissances par an par assistance médicale à la procréation contre 800 adoptions. Si on suivait vos propos, on priverait chaque année 19200 couples du droit inaliénable de fonder une famille, droit qui figure dans l’article 16 de la Déclaration Universelle des droits de l’homme. Et que ignorez bien égoïstement.
Analyser un peu ce que j’écrit avant de faire des commentaires binaires. Taxer de libéralisme ou de droitisme toute volonté de réformer, de refonder ou de rénover est un argument usé qui ne sert qu’à renvoyer à une pseudo orientation qui se veut plus à gauche et qui ne l’est pas du tout.
D’autre part, mon analyse porte sur les motions, pas sur l’activité du PS de 2002 à maintenant, qui elle se caractérise par l’immobilisme et le commentaire de la politique de droite et qui se résume au mot de synthèse molle.
Ne caricaturer pas ce que je dis de l’Europe : la croissance économique de l’Europe est la double de la France sur ces cinq dernières années. A notre époque de pouvoir d’achat dramatiquement bas, beaucoup de nos concitoyens auraient aimé bénéficier de ces ressources, comme d’une application des directives communautaires sur l’eau ou sur la justice (où la France se fait aligner régulièrment) ou encore sur une mise en place d’une économie du savoir. Ceci n’est pas contradictoire avec le travail pour la mise en place d’une politique sociale (SMIC, taux mini d’imposition des sociétés, revalorisation des services publiques) et d’un développement d’une économie durable (qui a démarré avec le programme Reach ou les directives sur le C02). Le fait que l’Europe résiste mieux que les USA ou l’Asie dans la crise actuelle vous a sûrement échappé.
Quant au fait que nous ne remarquiez même pas depuis 6 ans la politique de destruction de l’école publique laïque et gratuite, ou du système de santé solidaire, le tout au profit du privé (malgré les échecs d’un tel système aux USA où les dépenses par habitant sont plus élevées pour un service moindre et inégalitaire), les lecteurs jugeront par eux-mêmes.
Enfin, la critique du PS sur sa politique de Justice n’a pas de sens : qu’est-ce que vous préferrez : de nouvelles lois plus répressives chaque années avec une absence de résultats ou des pratiques plus équitables et plus efficaces introduites par les ministres Guigou et Lebranchu ?
Débinner ses petits copains du PS et ensuite faire des mamours aux démocrates de Lou Bayrou, c’est une chanson déja entendue, et pas vraiment un succès (un des plus mauvais score de l’histoire de la gauche).
On sent beaucoup de passion dans ce billet, mais un vide sidéral sur les argumentaires.
Pourtant, il y a beaucoup à dire sur les motions. La plupart montrent un infléchissement assez net vers une orientation réformiste, avec beaucoup de points communs. Ce qui fait la différence, selon moi, c’est la gouvernance, aussi bien sur la façon de faire de la politique en France que sur la façon de travailler avec nos partenaires européens. La crise actuelle nous rappelle à la fois l’importance d’une monnaie unique, mais aussi ce qui reste à faire en matière de politique sociale et de dynamisme dans l’économie durable.
Ce n’est pas la rengaine de la démocratie participative (assez illusoire quand on connaît la difficulté à mobiliser nos concitoyens sur des sujets pourtants aussi importants que l’éducation ou la santé) qui doit nous faire oublier le contenu d’une motion ou d’un programme, surtout quand derrière le show les dossiers sont vides et les équipes bancales.