Un quadra parisien qui se pose beaucoup de questions sur la démocratie française, un opposant farouche à la pensée unique.
Un membre de l’association CLARA
"Donum Vitae" texte écrit en 1987 par le préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi (anciennement appelée Inquisition), un dénommé Ratzinger. Ce texte doit se trouver facilement sur internet. En cas de difficultés, le prosélytisme catholique de nos députés, sans doute dans une anticipation de la laïcité positive, a débouché sur son intégration comme la plus longue contribution du "rapport sur les sciences de la vie et des droits de l’homme : Bouleversement sans contrôle où législation à la française ?", rapport publié en 1992 et disponible par exemple sur le site du Sénat. Rapport au titre éloquant qui nous ramène au sujet de ce billet.
Quant à bouffer du catho, l’image est belle, mais rejeter l’intrusion dans la République d’un dogme émis par une autorité décalée de toute réalité sur le sujet, ce n’est pas attaquer obligatoirement ses affiliés. La situation serait plutôt inverse, c’est cette autorité qui bouffe mes libertés individuelles reproductives au nom de croyances qui relèvent de la sphère privée.
J’attendrai avec impatience de lire votre prochain billet sur la production des normes en matière de reproduction humaine. Je tuerai le temps en relisant l’Empire du ventre de Marcela Iacub et Interdits d’enfants de S. & D. Mennesson.
Article fort intéressant et joliment troussé. Dommage que le domaine de la reproduction n’ait pas été développé. C’est un territoire de chasse pour les liberticides, qui par ailleurs souvent mélangent liberté sexuelle et liberté reproductive. Lire "Donum Vitae" de Ratzinger pour voir jusqu’où l’ignorance peut mener.
Par ailleurs, je penche plutôt pour une opposition des croyances fortement influencées par le religieux que pour une opposition entre puissances économiques. Sarkozy et Darcos ne se sont pas inspirés d’une théorie US pour ficher les élèves dans le plan de prévoyance de la délinquance dont Base-Elèves/Sconet était l’un des instruments, mais simplement du rapport Bénisti, sinistre revival pétainiste.
@Dupual :
Les enfants ne sont pas des courgettes ou des barils de pétrole : ce n’est pas parce qu’il y a, et cela reste à vérifier, une "surproduction" d’enfants dans certains cas qu’il faut interdire à d’autres couples de devenir parents. Il n’y a pas de cours du kilo d’enfant ou d’objectifs de production. On ne peut pas mélanger une situation globale et une situation individuelle. Vos remarques sont assez terrifiantes. Elles me semblent correspondre à une forme de totalitarisme, une atteinte à la vie privée et aux libertés individuelles. On en revient encore au titre du livre : Interdits d’enfants !
Vos remarques sont également infondées sur le plan économique. Les couples infertiles font économiser de grosses sommes à la sécurité sociale : on ne leur prescrit pas de pillules contraceptives et ils n’ont jamais recours à l’IVG ! D’autre part, il va falloir réviser vos archives, la Fécondation In Vitro où l’ont transférait 5 pré-embryons pour augmenter les chances de succès et qui entrainaient des grossesses multiples avec des risques de prématurés, c’est de l’histoire ancienne en France ! Avec l’augmentation du taux et des prédictions de réussite, le maximum est maintenant 3, et la moyenne tourne à 2. Le nombre de prématurés lié à la FIV est en nette régression.
Je partage en partie votre opinion. Avoir un enfant n’est pas une obligation, et avant de se lancer dans un parcours aussi difficile que l’adoption ou la gestation pour autrui, il faut bien peser les choses. Si on sous-estime les difficultés, la situation peut virer à la catastrophe pour tout le monde, à commencer par l’enfant. Car il y a une grosse incertitude dans ces parcours : on ne sait pas si au bout de tous ces efforts, il y aura un enfant, et en plus dans le cas de l’adoption, il y a une inconnue immense sur les conséquences médicales des conditions de grossesse.
Dans le livre Interdits d’enfants, le couple infertile se pose ces questions et se renseigne autant qu’il peut. Il y a ensuite toute une réflexion sur le sujet qui se conclue par des limites que se fixent ces personnes. Je ne me sens pas capable de résumer en quelques lignes des sentiments aussi complexes écrits avec autant d’humanité.
Ce qu’il ne faut pas oublier, c’est que 10% des parcours d’Assistance Médicale à la Procréation s’arrêtent en cours de route sans déboucher. Tout le monde n’a pas le courage et les ressources pour affronter les difficultés relatés dans Interdits d’enfants. Mais c’est aux couples infertiles de décider des choix qui concernent leur avenir, et pas aux personnes extérieures assises sur leurs convictions personnelles. Et je ne crois pas que cela fasse avancer le débat de qualifier l’adoption d’achat d’enfant.
Quant au cas que vous citez, il n’est franchement pas rare que des gamins de 17 ans en fassent voir de toutes les couleurs à leurs parents. Ce n’est pas l’exclusitivité de l’adoption.