Je viens de recevoir le même jour le bulletin trimestriel de la Région et du Département. Celui de la Commune et de la Communauté de communes ont déjà été distribués. Du papier glacé gaspillé pour diffuser l’autosatisfaction des élus.
En effet, il y a beaucoup de « verdissage » (ronds points fleuris, chemins forestiers...) et de bons sentiments gnan gnan (seniorisme, jeunisme, handicapisme, hip hopisme, naturopathisme, etc.). ça ne mange pas de pain, mais ça dépense du budget. Par contre les bas côtés des routes ne sont plus entretenus, on nous exhorte à la marche mais il faut marcher sur la chaussée et être frôlé par les camionnettes. Idem pour le vélo, les pistes cyclables dont se vantent les édiles sont des flèches vertes sur le bord de la chaussée existante -avec des voies étroites et des zig zags pour étrangler le trafic-, ou une bande cyclable sur le trottoir d’en face nécessitant de traverser deux fois la route sans priorité. La sécurité s’est dégradée par rapport aux voies larges préexistantes. Alors vrais écolos ou faux, c’est bonnet vert et vert bonnet !
Généralement, dans les grandes agglomérations, c’est le centre de la grande ville qui est interdit de circulation et où les commerces périclitent, les centres commerciaux sont plutôt dans les communes périphériques, là où la population également augmente.
Dans les viles moyennes, c’est du rebrassage dans la même municipalité, depuis le centre vers la périphérie -hormis les citées touristiques, avec un commerce spécifique-. On a aussi le cas des villes jadis traversées par une grande route et désormais contournée. On ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre, le petit commerce va structurellement continuer à décroitre (hormis l’alimentaire pour la clientèle de quartier), notamment pour l’habillement concurrencé aussi par l’achat en ligne.
Pour ce qui est de l’achat en ligne, le bilan carbone des livraisons doit commencer à peser (dommage que l’écotaxe ait été abandonnée). On a l’impression que ce qui est gagné d’un côté est reperdu de l’autre.
"Les intercommunalités dont les conseils ne sont pas élus au suffrage
universel direct ont récupéré depuis plusieurs années beaucoup de
compétences autrefois exercées par les communes"
Excellente remarque, et il y a des redondances, ainsi, téléphonez à la commune pour signaler des arbres qui menacent de tomber sur la route, mauvais tirage, c’est à l’intercommunalité que ça se traite. Mais pour une fondrière sur la chaussée, c’est le contraire. Ou vice versa, je ne sais plus.
A vrai dire, un pays rationnel aurait depuis longtemps effectué la fusion de ces deux niveaux, mais chacun se crispe à son micro-village gaulois comme si le sort du monde en dépendait. Et chaque micro-village de vouloir sa salle des fêtes, son stade, qui servent à 10%. En cas de fusion, chaque micro-village pourrait élire son conseiller municipal, on aurait alors une forme de commune confédérale ayant la « taille critique ».
« au risque de voir se dévitaliser le centre-ville par la fermeture de commerces de proximité… »
Il faut être cohérent : les municipalités organisent l’inaccessibilité des centres villes pour les voitures, les clients périurbains vont donc là où ils peuvent accéder et stationner : les centres commerciaux de périphérie.
Même les gares et les hôpitaux en centre ville deviennent inaccessibles, imaginez-vous prendre le bus bondé avec une grosse valise à roulette pour aller à la gare ? Ou prendre le vélo pour conduire votre vieille mère en fauteuil roulant pour une consultation au CHU ? (certes, ça fait la prospérité des taxis). Les hopitaux et cliniques, du reste, migrent aussi en périphérie (et rebétonnage), mais les périphs sont eux même saturés.