C’est de Jean-Louis Tixier-Vignancour. Et c’est bien le moins de privilégier les siens par rapport aux « autres ».
...disons qu’il y a depuis très longtemps un intérêt bien compris a être unis.
Ah non, nous sommes unis, tout simplement parce qu’on ne conçoit pas qu’il puisse en être autrement. C’est une chose aussi naturelle que l’air qu’on respire. Et on constate la force de notre identité « transculturelle », lorsque 80 % des Suisses rejettent l’adhésion à l’Union européenne.
Parce qu’un Vaudois reste avant tout un Vaudois...
A la différence de ce qui s’observe en France, où l’on est Français et Alsacien ou Breton, en Suisse, on est Suisse parce que Vaudois, ou parce que Valaisan, ou parce que Neuchâtelois. C’est très différent.
...il existe aussi des tensions palpables entre germanophones et francophones.
L’expression « tensions palpables » est très excessive, puisqu’il n’existe aucun mouvement séparatiste, même pas un groupuscule sécessionniste folklorique. Il y a des divergences, mais là encore transculturelles. Il n’y a jamais un bloc latin contre un bloc germanique.
Le rôle du politique ne devrait pas être me semble-t-il d’exploiter les penchants de l’homme à l’égoïsme et à l’individualisme, mais au contraire de l’éduquer pour qu’il participe à la société.
C’est cela même que j’appelle « chasser le naturel ». Mais un Etat n’est pas une Loge maçonnique. C’est voué à l’échec, même au prix de millions de morts. L’histoire l’a amplement démontré.
Vos échanges mettent surtout en évidence l’origine linguistique de vos problèmes...
Ah, mais pour moi, l’origine est culturelle. Je pourrais parler de mentalités peu compatibles, si vous préférez.
Or aujourd’hui tout se passe, non seulement en Belgique mais aussi ailleurs en Europe, comme s’il y avait un détricotage des solidarités qui faisait que plus personne ne veut payer pour les autres, et cela, encouragé par l’exisrtence de partis nationalistes, populistes et xénophobes.
C’est qu’il s’agissait de solidarités artificielles, rêvées par des idéalistes, de l’intérieur d’une bulle d’illusions. D’illusions généreuses, mais d’illusions quand même.
Cela existe chez vous , mais aussi en Italie avec les tentatives de création de la Padanie, mais aussi en Suisse avec l’UDC, ou encore en Espagne avec la résurgence de partis phalangistes ou nostalgiques du franquisme.
Les mêmes idéalistes croyaient qu’on pouvait chasser le naturel sans qu’il revienne au galop. Nous n’assistons donc qu’à un retour des choses hautement prévisible.
Cette évolution me semble grave.
Les solidarités artificielles ne peuvent pas être éternelles : on n’est « naturellement solidaire » que de ceux qu’on reconnaît pour siens.
Vos échanges mettent surtout en évidence l’origine linguistique de vos problèmes...
Ah, mais pour moi, l’origine est culturelle. Je pourrais parler de mentalités peu compatibles, si vous préférez.
Or aujourd’hui tout se passe, non seulement en Belgique mais aussi ailleurs en Europe, comme s’il y avait un détricotage des solidarités qui faisait que plus personne ne veut payer pour les autres, et cela, encouragé par l’exisrtence de partis nationalistes, populistes et xénophobes.
C’est qu’il s’agissait de solidarités artificielles, rêvées par des idéalistes, de l’intérieur d’une bulle d’illusions. D’illusions généreuses, mais d’illusions quand même.
Cela existe chez vous , mais aussi en Italie avec les tentatives de création de la Padanie, mais aussi en Suisse avec l’UDC, ou encore en Espagne avec la résurgence de partis phalangistes ou nostalgiques du franquisme.
Les mêmes idéalistes croyaient qu’on pouvait chasser le naturel sans qu’il revienne au galop. Nous n’assistons donc qu’à un retour des choses hautement prévisible.
On aurait pu éviter tout ceci en légalisant le bilinguisme dans tout le royaume, au plus tard au début des années 50...
En tant que Suisse, j’ai une autre opinion sur la question. En 1912, Jules Destrée écrivait au roi Albert (mes excuses aux Belges, qui connaissent par coeur) :
« Sire (...) Vous régnez sur deux peuples. Il y a en Belgique, des Wallons et des Flamands ; il n’y a pas de Belges. »
Il n’y avait pas de Belges en 1912, il n’y en avait pas en 1950, il n’y en a pas aujourd’hui, il n’y en aura pas demain, rester ensemnble n’est donc qu’une paresseuse facilité.
Qu’a donc la Suisse, que ne possède pas la Belgique ?
Une identité nationale !
Une identité nationale qui, en l’occurrence, s’est façonnée au long des siècles, bien avant que le pays existât dans ses frontières actuelles.
Ce qui me permet d’affirmer que l’identité suisse n’est pas une conséquence de la création de l’Etat helvétique, mais l’une de ses causes fondamentales.
Voilà, à mon sens, pourquoi Flamands et Wallons divorceront inéluctablement. Comme ce sont des gens paisibles, ça se fera à la tchéco-slovaque, et non à la yougoslave.
...la place des femmes en politique, la diplomatie pacifique, le code éthique des entreprises et investissements à l’étranger, la lutte contre le mercenariat...
Ca, c’est bon pour faire bicher les intellectuels blancs, mais pour embobiner les frustrés, noirs, des townships, il faudra présenter une bien autre copie.