Buddhi joue le rôle de l’Esprit dans l’islam, Schuon définit l’Esprit (analogue au Aql, au Qalam,à la Lumière divine, au coeur dans l’homme) comme : « la première réalité non manifestée dans la tendance divine à la manifestation (ce que nous nommons création, disons les phénomènes pour s’accorder à la présentation hindoue).
Guénon, sur la base des écritures hindoues écrit dans ’’L’homme et son devenir selon le Vedânta’’ que Buddhi est le principe immédiat de l’Existence universelle, jamais particularisé, mais procédant de Prakriti (qui est comme la Mère de toutes les créatures et créations, le ’’Père’’ étant Purusha), Buddhi est relié au mental (la réflexion ) et également aux autres fonctions humaines, notamment aux cinq sens par l’intermédiaire des tanmâtras qui en sont les principes subtils.
L’homme accompli (le yogi dans l’hindouisme) a une raison qui fonctionne parfaitement, directement liée à l’Intellect Supérieur, il peut donc s’exprimer d’une manière rationnelle, mais aussi de toute autre manière symbolique ou artistique.
D’autre part les sens étant »nettoyés" des passions mondaines sont aussi des modes d’accès direct à l’Intellect.
La raison peut donc être utilisée soit comme moyen d’expression des réalités supra individuelles, soit comme mode d’accès à ces réalités dans le cadre d’une voie spirituelle utilisant ce média.
"Les écrits traditionnels soufis parlent de la « voie du cœur ». Quelle est sa réalité selon vous ?
Ici, le cœur ne désigne pas seulement le cœur organique, mais avant tout
le centre subtil de l’être, celui qui a la faculté de recevoir la
Connaissance divine. Ceci est à rapprocher du hadith dans lequel Dieu
s’exprime en ces termes : « Ni Mon ciel, ni Ma terre ne peuvent Me
contenir, mais Je suis tout entier contenu dans le cœur de Mon
serviteur. ». Pour désigner ce processus d’accès à la Connaissance, les
soufis évoquent l’ouverture de l’« œil du cœur ». Il s’agit du
développement de l’intelligence du cœur, capable de discernement sous un
mode intuitif alors que le mental, le cœur et le domaine spirituel sont
généralement envisagés séparément."
Il ne faut pas trop se focaliser sur une localisation, même si le coeur corporel n’est pas une simple métaphore et peut donner lieu à des perceptions diverses, de type lumineux pas ex. Dans le taoïsme il y a différents centres subtils qui sont localisés dans le cerveau, il ne faut pas considérer le corps comme une chose séparée de d’esprit, c’est un tout, dans l’homme adamique le corps entier est lumineux et organe de connaissance.
@Decouz d’ailleurs même si on prend l’esprit dans le sens de l’intelligence ordinaire, il est aussi un intermédiaire entre les notions, il a « un pied » dans les notions déterminées et un aspect informel qui met ces notions en relation et les juge.
@Jean Keim oui on peut l’assimiler à l’esprit, l’Aql Coranique est aussi l’Esprit, qui est créé en islam selon l’opinion commune, mais qui est plutôt selon moi un intermédiaire entre le créé et le non créé. Même sil il est créé, il n’a pas de forme spécifique comme on peut en attribuer aux créatures ordinaires.
@Decouz "Il existe cependant un autre type de connaissance (en sanskrit jñāna,
qui correspond au grec gnôsis) relevant non plus de l’activité mentale
(manas), dont le siège est le cerveau, mais de l’intuition
intellectuelle, dont l’organe (buddhi, « l’intelligence »)
est situé dans le cœur. Lorsque, grâce à la direction spirituelle du
maître (guru) qui l’a initié, le sujet parvient à « voir » avec « l’œil
du cœur », la révélation qu’il obtient ainsi (et qui est souvent
comparée à une « illumination ») provoque une mutation de son être ;
l’équation entre l’« âme » (ātman) et l’absolu (brahman) est alors
« réalisée » (de virtuelle qu’elle était, elle devient réelle), et cette
réalisation constitue en elle-même le salut, toujours conçu comme une
délivrance (mokṣa) des liens de l’existence." https://www.universalis.fr/dictionnaire/buddhi/