"Cette pluralité d’interprétations a été rendue possible à cause de
l’ambiguïté du mot « frère » (et « sœur ») en ancien hébreu. Cette
langue, comme aussi l’araméen, ne distingue pas entre frère et cousin.
Il n’y a qu’un mot pour les deux. En fait – et ce point n’a pas été
suffisamment pris en considération – le mot hébreu ah, dans son
sens premier, désigne tout proche parent mâle de même génération. Dans
la mesure où quelqu’un fait partie de ce groupe – que ce soit en tant
que frère à part entière, demi-frère, cousin, etc. – il est un ah.
À l’intérieur de ce groupe familial, aucune autre spécification ou
distinction n’est faite. Pour les anciens Hébreux, soit on est de ce
groupe, soit on n’en est pas. À propos de Matthieu 13,50, John P. Meier
affirme que les paroles de Jésus dans ce verset n’ont de force que si la
mère, les frères et les sœurs de Jésus dont il est ici question ont un
lien familial naturel étroit à Jésus [John P. MEIER, “The Brothers and
Sisters of Jesus in Ecumenical Perspective.” Catholic Biblical Quarterly
54 (1992) 1-28, p. 13]. Meier en déduit que les « frères et sœurs »
doivent être enfants de Marie. Pourtant, les paroles de Jésus conservent
toute leur force même si les « frères et sœurs » sont demi-frères et
demi-sœurs ou cousins et cousines vu que dans ce cas aussi ils font
toujours partie du premier cercle familial"
oui on aurait pu avoir une succession dynastique, familiale et temporelle,(succession selon l’Eglise de Jérusalem, avec à sa tête Jacques, « frère du Seigneur », église qui a été effacée par l’église romaine).
Sinon en grec il y a deux mots différents pour cousin et frère, la distinction est marquée, pas dans les langues sémitiques.
@Decouz On pourrait aussi dire dans un sens pro sioniste que les Nations n’ont pas respecté leur part, qu’elle ont persécuté les Juifs et qu’elle les ont menacé de destruction.
L’article suivant traite de l’exil et du retour en masse uniquement du point de vue de la théologie juive, il ne traite ni du sionisme chrétien, ni directement des problèmes liés à la présence arabe palestinienne et au statut de Jérusalem, mais des différents types de sionisme et des interprétations contraires dans la pensée juive.
Il n’y a pas d’unanimité sur la question, une des aspect tient à l’interprétation d’un passage du « Cantique des cantiques », "Je vous en conjure, ô filles de Jérusalem, par les biches et les
gazelles des champs n’éveillez pas, ne provoquez pas l’amour, avant
qu’il le veuille« , ce verset répété trois fois signifierait d’abord l’interdiction d’e »monter" collectivement en Israël sans la permission divine, qui ne serait donnée qu’à la fin des temps, donc de ne pas forcer les choses, par des moyens guerriers ou autres, deuxièmement l’interdiction de se rebeller contre les Nations, enfin les Nations ne devaient pas asservir à l’excès les Juifs.
Mais certains ont pensé qu’à partir du moment ou les nations modernes acceptaient ce retour, ces trois serments n’avaient plus de fondement, or ce ne sont pas toutes les nations qui ont accepté, puisqu’il la situation a été imposée aux Arabes en général, que le problème des Arabes palestiniens n’était pas résolu, ni celui du statut de Jérusalem et de son importance pour les autres religions, islam et diverses branches du christianisme.
Le thème de l’exil est une dimension importante de la théologie juive pour plusieurs raisons.
La diaspora existait avant l’époque chrétienne, sur tout le bassin méditerranéen, mais pas seulement.
Certains étaient restés à Babylone, d’autres étaient parti pour des raisons commerciales.
C’est un peuple qui a été marqué par la pérégrination : voyages d’Abraham, captivité en Egypte, déportation à Babylone Tant qu’il n’y avait pas de centre on ne pouvait parler d’exil, c’est le Temple (et la royauté) qui a fixé le lieu central, mais brièvement sur toute la durée de l’histoire.
Puis la révolte contre Rome, la destruction du temple, la constitution d’une théologie intégrant cette perte, dispersion où la synagogue a remplacé le Temple (mais ce mouvement existait déjà en germe avec les Pharisiens).
Il y eut constamment des mouvements entre différents lieux, d’autres exils comme l’expulsion d’Espagne. La constitution d’une culture originale en Europe centrale notamment avec le yiddish.
L’exil symbolise théologiquement l’éloignement de Dieu, l’homme est coupé de ses racines, la shekinah, la présence divine qui habitait le Temple avait disparu. Mais d’un autre coté cette shekinah a toujours été présente dans l’ésotérisme et dans une une sainteté typiquement juive. Dans le christianisme la présence divine est devenue intérieure, mais l’islam dit que Dieu est à la fois à l’extérieur et à l’intérieur.