C’est vrai il faut considérer l’histoire longue et les différentes cultures, Nasser en riant (au début du durcissement du aux Frères Musulmans) disait que sa fille voilée c’était une belle blague, impensable.
Mais ce qui est remarquable c’est la réaction des femmes italiennes racontée dans « Histoire du voile », de l’auteure Giuseppina Muzarelli, je ne sais pas si dans les autres pays chrétiens on a eu les mêmes réactions. Les femmes percevaient le voile comme une oppression venant de l’Eglise et du monde masculin (il n’y avait pas que le voile mais les autres articles vestimentaires et la coiffure. Elles sont procédé par la ruse, utilisant des voiles qui dévoilaient ou qui moulaient, enrichis de broderies etc, des coiffures sophistiquées.
Ensuite un autre facteur est intervenu, la montée en puissance des villes et de la bourgeoisie, déstabilisant les structures anciennes. Puis plus récemment l’Eglise a assoupli et presque aboli les règles qui subsistaient notamment à l’intérieur des églises.
C’est un peu comme ça : Il y a plus de mille ans, Han Qi — Chancelier de la Dynastie Song du Nord — a assisté à la destruction de sa coupe en jade blanc la plus précieuse lors d’un banquet. Sa réaction ?
Tradition catholique classique : analyse des pensées, peur du péché, logique de confession (traités comme ceux d’Alphonse de Ligori).
Judaïsme : organisation de la vie conjugale : équilibre des droits (notamment de la femme, intégration dans le quotidien (sources Talmud, Shuldan Aruch)
Islam : cadre moral + conseils pratique, reconnaissance explicite du plaisir, approche assez directe (sources hadiths, Al Ghazali).
On parle beaucoup du droit des femmes à refuser les rapports sexuels, du viol conjugal, mais il y a eu des traités volumineux et précis de théologiens qui légiféraient dans ce domaine, la femme avait l’obligation d’obéir à son mari et à ses désirs, sinon c’était une faute morale, le mari avait aussi des obligations mais pas autant. Bref il y avait un catalogue des fautes à l’usage des confesseurs (la confession était une obligation au moins annuelle).
Que ce soit dans le judaïsme très précis sur ce point et n’hésitant pas à mentionner les détails corporels, ou dans l’islam,la sexualité n’est pas vue négativement, même si le but principal est la procréation, le plaisir est une bonne chose, une bonne action en islam (avec sa femme),la vision de la sexualité était (parlons au passé, il y a eu des changements, contraints ou non ) bien moins névrotique.