@Mélusine ou la Robe de Saphir. Le terme d’alliance est partagé par les trois religions, pour les Juifs entre Dieu et un peuple particulier, pour les Chrétiens entre Dieu et un Israël élargi au monde, pour les musulmans entre Dieu et la descendance d’Adam (donc avec chaque être individuel). Mais il y a un problème, car une entente contractuelle entre deux parties suppose qu’il y en a une troisième qui est le témoin et le juge en cas de conflit. On ne peut être juge et partie sans que la liberté de l’un soit compromise, l’alliance même suppose un accord libre. Dès lors qui va juger en cas de non observance, ou même de simple réclamation de l’une ou l’autre des parties ? Une vision possible du jugement serait un jugement de Salomon, c’est l’être lui-même qui confronté à ses actes comme devant un miroir se jugerait et non par un dieu étranger à lui.
Il y a la question de la terre de Palestine, et il y a la question de Jérusalem.
Le Vatican conserve la même position, qui est celle prévue à l’origine par l’ONU, la ville doit avoir un statut spécial et international permettant la cohabitation pacifique des trois religions.
Les critiques de l’islam disent que cette religion est un héritage des ébionites. Mais les ébionites n’étaient qu’une faction parmi bien d’autres, et les premiers chrétiens, ceux de Jérusalem, l’Eglise de Jacques, pratiquaient tous les rites de la Loi.
Mimouni souligne que l’idée d’un Christ divinisé s’est développé principalement dans la diaspora, et que les Judéo-Chrétiens voyaient Jésus plus comme un Prophète, donc comme le voient les musulmans, ce n’est qu’avec la disparition progressive de cette église et l’affirmation de l’Eglise romaine, de l’héritage impérial et aussi de l’oubli en grande partie de la simplicité sémite, que cet aspect a été en grande partie effacé, sans doute oui retrouvé par l’islam comme une branche authentique.
La perte de la bénédiction divine pour oubli de l’Alliance n’est pas une thèse inconnue par le judaïsme, bien au contraire, mais ensuite la théologie juive s’est concentrée sur la dispersion comme symbole de la séparation d’avec Dieu inhérente à la créature. Le Temple a été perdu, de même que le très bref royaume d’Israël, la Shekinah, la présence divine installée dans le Temple, devenait invisible ou cachée dans l’ésotérisme.
Pour l’exotérisme, la religion s’est reconstituée sur la base rabbinique, les synagogues et les pharisiens au temps du Christ étaient déjà une amorce d’indépendance par rapport au Temple.