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del Toro

del Toro

En campagne de soufflets gantés.


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  • Premier article le 11/01/2008
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Derniers commentaires



  • del Toro Kabyle d’Espagne 18 juin 2008 21:16

    @ Trope15,

    Merci encore de votre intérêt continu et surtout, merci de m’avoir révélé que vous n’aviez pas encore lu le livre : je comprends que dans ces conditions-là que mon article puissse vous sembler par endroit désinvolte en plus de se laisser aller à une rhétorique facile (je résume ici avec mes mots).

    Sachez aussi que, comme vous, j’ai souvent été en proie à un sentiment d’impuissance face aux divers domaines de connaissance qu’un individu curieux et sérieux peut prétendre approcher. Je me console avec cette simple et réconfortante parole de Bachelard qui se disait être un simple "éternel étudiant".

    J’aimerais revenir sur le "génies de langues" qui vous semble "épineux". Je crois avoir saisi votre point de vue qui je placerais sous le signe de l’attention aux théories (du langage) passées. Mais elle se range surtout dans le premier cadre d’activité, celui de la collecte et de la description (ex : histoire de la pensée linguistique, histoire des théorie du langage, etc.).

    Sur un plan épistémologique, certaines vues sont obligées d’être écartées, détruites ou éliminées pour que les obstacles (épistémologiques) soient levés et que la science se fasse (l’épistémologue, contrairement à l’historien dans sa pratique descriptive, peut s’autoriser - comme Bachelard - un langage presque "évolutionniste" sans partager pour autant une philosophie de l’histoire évolutionniste. C’est normal, ce sont les chercheurs qui font la science et ils ont intérêt à savoir où ils vont).

    Il suffit de prendre le cas d’Umberto Eco pour que mes propos cessent d’êtres vagues ou sibyllins : en lui, il y a le linguistique - qui doit renier ou éliminer un bon nombre de concepts, théories, outils, etc. pour être un linguiste contemporain - mais il y a aussi l’historien des théories du langage qui n’a pas à hurler, conspuer ou lyncher les théologiens, les alchimistes ou les philosophes quand ils essayaient de retrouver la "langue parfaite" ou la "langue du Paradis".

    En revanche, le linguiste qui est en lui n’a que faire du mythe de Babel ou encore du concept de "langue parfaite" pour faire oeuvre scientifique.

    En somme, tout ce qui est ancien peut intéresser l’historien (des sciences, du langage, des techniques) mais pas forcément le linguiste (dans notre cas) ou l’épistémologue. Et le "génie des langues" fait partie de ces prénotions (pour parler comme Durkheim) qu’il a fallu abandonner pour sortir des considérations métaphysiques, qu’elles soient généreuses (Encyclopédie de Diderot) ou spécieuses (Gouguenheim aurat pu faire mieux que de s’appuyer sur un auteur comme René Marchand ... comme si les compétences en islamologie ou en linguistique arabe étaient épuisées).



  • del Toro Kabyle d’Espagne 17 juin 2008 16:31

    ps : la réf de Bachelard se trouve sur ce site.



  • del Toro Kabyle d’Espagne 17 juin 2008 16:14

    @ Trope15

    Je pense que vous confondez deux activités : celle de l’historien qui se propose de faire l’histoire d’un objet donné (activité principalement descriptive qui doit éviter les anachronismes, les causalités purement narratives, les jugements de valeurs sur les époques et les personnes, etc.) et l’activité d’évaluation de l’épistémologue, activité critique et "discriminante".

    Votre reproche sur le mot de "régression" est receveable pour cette activité descriptive (histoire) et n’est pas toujours respectée ni même recommandée à l’heure des bilans historiographiques.

    Soutiendirez-vous les mêmes propos, alors qu’un François Bédarida s’exprime d’une telle manière que je la fais mienne ?

    Au risque de vous décevoir et de montrer la pertinence de la distinction de ces deux activités, je voudrais vous rappeler que régression, stagnation, recul, dépassement, progrès, progression, croissance, révolution, changement, bouleversement, etc. font intégralement partie des plus grands textes d’épistémologie contemporaine, de Bachelard à Passeron en passant par Kuhn et ou Ian Hacking.

    Même un désarçonnant historien-épistémologue comme Paul Veyne parle de "révolution" au sujet de Foucault, périmant durablement (mais pas irréverssiblement, d’où les régressions possibles) des manières de voir et faire.

    Puis-je terminer en vous citant, l’hilarant et pourtant si rigoureux Bachelard ?

    • En revenant sur un passé d’erreurs, on trouve la vérité en un véritable repentir intellectuel. En fait, on connaît contre une connaissance antérieure, en détruisant des connaissances mal faites, en surmontant ce qui dans l’esprit même fait obstacle à la spiritualisation.

     

    • Une connaissance acquise par un effort scientifique peut elle-même décliner.

     

    • Quand il se présente à la culture scientifique, l’esprit n’est jamais jeune. Il est même très vieux, car il a l’âge de ses préjugés. Accéder à la science, c’est, spirituellement rajeunir, c’est accepter une mutation brusque qui doit contredire un passé.

    Bachelard, comme vous le voyez, est sans doute très "normatif", si je dois me limiter à la présentation que vous m’en faites... C’est pour cela que le mot de "régression" me semble adéquat et à sa place dans une perspective critique et évaluative.

    Mais passons. Ces débats épistémologiques risquent d’être sans fin. Dites-moi plutôt, si vous le voulez bien, en quoi le livre de Gouguenheim est-il une avancée significative dans le domaine ?

     

     



  • del Toro Kabyle d’Espagne 17 juin 2008 01:24

    Bonsoir Trope15,

    "qui, et à quel titre, décrète cette progression ? "

    Grossièrement, deux choix s’offrent à vous :

    1- ou bien vous pensez que les idées se confronteront entre elles "tout seul", et que seules les meilleures prendront le devant de la scène (type Rational Action Theory, Politeness Theory, et autres irénismes communicationnels).

    2- ou bien vous concevez que la "vérité" est portée par des groupes concurrents et que tous n’utilisent pas les armes de la raison, telle que constituée dans un "champ" déterminé. L’autonomie d’un champ peut-être sapée par des stratégies externes (journalisme, essayisme, pouvoir administratif, argument d’autorité, etc.)

    C’est parce qu’il y a des forces qui ne sont pas de l’ordre de la force des idées que des coups médiatiques ou éditoriaux peuvent transformer d’authentiques efforts collectifs de rupture contre le sens commun (savant ou populaire) en "doxa" et "opinion dominante", dans un relativisme en communion discrète avec des épistémès encore politiquement agissantes.

    Et c’est pour cela que je parle de "régression", intertextualité à l’appui, sans quoi toutes les "thèses" se valent.



  • del Toro Kabyle d’Espagne 16 juin 2008 21:21

    Je vous remercie à mon tour de votre sympathique intérêt et de votre suivi, manifestement actif.

    Je suis heureux aussi d’avoir eu un fil plus que décent. Un vrai plaisir.

    Petit cadeau aux visiteurs et aux lecteurs : ce fabuleux blog qui recense les meilleurs périodiques en ligne (gratuits). Son nom est La Criée.

    Bien à vous tous,

    KdEsp

     

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